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Conclusion et nouveaux produits

Deux industriels français témoignent. Charles Foundyller conclue. Quelques éditeurs présentent leurs nouveaux produits
Que pensent les utilisateurs

La simultanéité des sessions ne nous a malheureusement pas permis d'assister à beaucoup de présentations faites par les utilisateurs. Notons toutefois celles faites par deux industriels français.

Ainsi Pierre-Louis Vergnaud est venu expliquer comment Legrand assure sa migration d'Euclid 3 vers Catia V4, en convertissant la majorité de ses modèles, car ses produits ont des durées de vie de 10 à 15 ans. Son choix s'est porté sur l'outil XDB2CAT de TTF qui lui permet de traduire les modèles et de récupérer des arbres de constructions complets réutilisables. 

Céline Bonnamour, responsable informatique de la division thermique moteur de Valeo, est, quant à elle, venue expliquer les problèmes d'interopérabilité que son groupe rencontre entre les différentes applications utilisées. 

Trac Tang, responsable des systèmes d'information pour la création des produits du groupe Volkswagen, est venu présenter la stratégie de ce constructeur en la matière. "Dès 1995, nous avons retenu Catia et Pro/Engineer comme plates-formes pour la conception des caisses et des éléments mécaniques de nos véhicules. En 1997, nous avons opté pour l'ERP de SAP et décidé de gérer nos nomenclatures avec. En 1998, nous avons pris le virage vers le véhicule virtuel. Enfin, nous avons décidé en 2001 d'adopter e2e, une plate-forme de travail collaboratif permettant de travailler avec des outils hétérogènes. 

Nous travaillons actuellement avec le groupe DaimlerChrysler, afin de standardiser cette plate-forme pour l'utiliser en commun. Nous estimons qu'il n'y a pas de fournisseur capable d'offrir l'intégralité des outils nécessaires à notre approche et que l'hétérogénéité est un bon facteur d'émulation. Par contre, afin de ne pas être submerger par les problèmes d'interopérabilité le nombre de fournisseurs majeurs ne doit pas être supérieur à trois. D'ailleurs le mieux est de ne pas traduire, mais d'utiliser les données natives le plus souvent possible". 

De son côté Joachim Wiesmüller, responsable de l'informatique technique du groupe BMW, résume les besoins de son groupe de la manière suivante : "Nous devons apporter suffisamment de flexibilité à notre outil de production pour être capables d'adapter rapidement nos capacités, tout en fabricant plus de lignes de produits en plus de versions.

 Nous devons fabriquer le plus rapidement possible le véhicule dans la configuration exacte choisie par le client, en retardant au maximum sa différentiation. Nous devons intégrer le plus tôt possible la conception du véhicule et de son processus de fabrication en partageant les mêmes objets entre les différents outils afin d'optimiser la maturité des deux simultanément. 

C'est ce que nous sommes en train de faire en généralisant l'emploi de la maquette numérique à la fois pour les véhicules et les moyens de production. Nous pensons nous aussi qu'il faut de 2 à 3 fournisseurs pour avoir une chaîne de développement performante sans être submergés par les problèmes d'interopérabilité." 

En guise de conclusion 

Charles Foundyller a essayé de tirer les grandes lignes de ce sommet en synthétisant les interventions des éditeurs et des utilisateurs. "Force est de constater qu'il n'y a cette année que peu d'annonces de nouveaux produits et que les visions des éditeurs restent similaires à celles de l'an passé. Il faut que les éditeurs trouvent de nouvelles philosophies pour leurs produits en pensant autrement le développement et la réalisation des produits, afin d'utiliser au mieux les nouvelles technologies informatiques. Il faut redonner de l'inspiration au PLM". 

Par contre, les deux analystes insistent sur la prise en compte des personnels qui devront utiliser ces produits. "Le déploiement du PLM dans les entreprises rencontre une certaine inertie, car il remet en cause les habitudes de travail et le statuts des utilisateurs. Pour rencontrer le succès, une technologie doit faciliter la vie des utilisateurs et non pas les contraindre". 

Vers la conception convergente

Bruce Jenkins s'est montré encore plus précis. "Nous sommes au moment où la modélisation géométrique va devoir s'effacer devant la saisie des intentions de conception et la gestion des connaissances. C'est déjà le cas dans l'industrie automobile qui essaye de passer à des niveaux d'abstraction supérieur dans ses phases de développement. Certains éditeurs commencent d'ailleurs à évoquer la conception convergente. 

Notons aussi que l'interopérabilité reste un problème énorme et toujours d'actualité pour les utilisateurs. Il ne pourra d'ailleurs que se renforcer car, si l'interopérabilité concerne aujourd'hui des applications similaires, il faudra bientôt développer l'interopérabilité entre des catégories d'applications différentes, voire entre des métiers différents". 

Enfin, Monica Schnitger estime que : "il y a un fort décalage entre la vison du PLM proposée par les fournisseurs et ce que les utilisateurs sont prêts à mettre en place actuellement. Cela est d'autant plus vrai que les plus gros fournisseurs restants n'ont pas encore élagué et unifié leur offre, après les récentes fusions/acquisitions. Cela nuit à la clarté de leur message". 

Au fil des stands, nouveaux produits 

Un certain nombre des sociétés présentes lors de cet événement ont profité de l'occasion pour présenter quelques nouveaux produits. 

Alibre présente la version 4 de son logiciel de conception collaborative Alibre Design. Celle-ci apporte un grand saut de performances (2000 % selon l'éditeur) en terme de visualisation des grands assemblages. Cette version supporte maintenant directement les fichiers CAO et bureautique de multiples éditeurs, avec notamment une vérification et une réparation des modèles CAO en format STEP. 

Web4, filiale du groupe Netguru, est issue d'Allegria Software, société reprise par Netguru en 2000. Elle propose avec eReview un outil de visualisation et d'annotation collaboratif fonctionnant à travers le Web grâce à des clients légers. Le nombre d'utilisateurs connectés sur la même session est illimité. Parmi les autres fonctionnalités intéressantes de cet outil, notons la possibilité d'enregistrer la séance de travail collaboratif. 

SmarTeam annonce la disponibilité de la version 1 de l'adaptateur SmartGateway pour la plate-forme mySAP.com. Celui-ci a été certifié par l'éditeur de PGI. 

Vistagy, qui avait présenté l'an dernier Encapta, un logiciel permettant d'emmagasiner le savoir-faire non géométrique des concepteurs de pièces en matériaux composites, élargit le spectre de cette application à la conception généraliste. La version 2 permet par exemple d'exprimer des méthodologies de conception de détails, des instructions d'assemblage, des estimations de coûts ou des natures de matériaux. 

L'éditeur finlandais Lumeo Software présentait Lumeo Motion, un outil original assurant le couplage entre un système de contrôle-commande de mécanisme et la représentation de ce dernier sous forme de maquette numérique.

Il devient ainsi possible de valider le fonctionnement du système de commande et de vérifier le comportement dynamique du mécanisme, car le logiciel en assure la simulation conjointe du fonctionnement mécanique et hydraulique. Tous les phénomènes oscillatoires touchant le mécanisme peuvent ainsi être cernés. Notons toute fois que la partie mécanique du système modélisé est pour le moment considérée comme rigide et indéformable.

Ce logiciel a été développé en collaboration avec la division gros équipements du groupe John Deere, notamment pour des matériels forestiers. Seules des interfaces avec Pro/Engineer et Inventor sont pour le moment disponibles, alors qu'il est possible de travailler avec plus d'une demi-douzaine de bus de terrain pour la partie commande. Enfin, Lumeo Motion est accessible sur le portail Engineering.com du groupe Rand Worldwide

Approche similaire et sponsor identique pour le norvégien Fedem, qui en plus couple l'analyse du comportement structurel par la méthode des éléments finis. Il est ainsi possible d'évaluer les contraintes, les déformations et la fatigue des pièces du mécanisme. "Toutefois, malgré la performance de nos outils, nous devons admettre qu'il reste encore beaucoup de travail à faire pour que les mentalités des concepteurs changent, afin que le test virtuel remplace le test réel en phase de validation", estime. Geir Moholdt, le responsable marketing de la société. 

Avec l'annonce de Caelum XXen l'éditeur japonais Toyota Caelum propose une évolution intéressante de son logiciel. Celui-ci adopte une certaine forme d'intelligence de la matière. Par exemple lorsque l'on déplace un trou vers l'extérieur d'une pièce le logiciel garde automatiquement de la matière autour de ce trou et en assure la liaison avec le corps de la pièce. Cette nouvelle mouture a aussi été conçue pour travailler en mode collaboratif en réseau. Trois niveaux de fonctionnalités seront proposés d'ici 2004, Mini, Midi et Maxi. Reste maintenant à savoir quel sera le futur de ce logiciel après l'adoption de Catia par le groupe Toyota ?

JFP

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