Nous suivre Industrie Techno

Comprendre la stratégie d’Open Innovation d’EDF en cinq chiffres

Juliette Raynal

Sujets relatifs :

, ,
Comprendre la stratégie d’Open Innovation d’EDF en cinq chiffres

Un parc éolien offshore déployé par EDF EN dans le nord de l'Angleterre.

© Compte Instagram EDF

EDF a initié, il y a quatre ans, une politique d'Open Innovation. Pour détecter et intégrer de nouvelles solutions, l'énergéticien a mis au point une cellule de veille technologique, multiplie les petites participations dans des fonds de capital risque et a également investi plus de 30 millions d'euros dans le fonds Electranova.

A l’occasion d’un petit-déjeuner conférence, organisé début avril par le cabinet de conseil Bloomoon, sur les missions et les enjeux du directeur innovation, Bernard Declerck, délégué innovation au sein de la recherche et développement d’EDF, a présenté la stratégie d’Open Innovation de l’énergéticien. Découvrez-la en cinq chiffres.

Plus de 300 start-up intégrées dans la base de données chaque année

Au sein de la R&D d’EDF, une équipe d’une dizaine de personnes réalise une veille technologique pour identifier des solutions innovantes développées par des start-up à travers le monde qui pourraient être adoptées par les différentes entités métiers du groupe. « Entre 300 et 400 start-up sont entrées dans nos systèmes d’information chaque année », explique Bernard Declerck, tout en précisant que ces chiffres devaient être pris avec des pincettes puisque la durée de vie des start-up est bien souvent limitée et que ces dernières ont une forte tendance à pivoter. Le délégué innovation a également tenu à souligner que la mission de cette équipe allait au-delà d’une simple veille technologique. « Il y a un véritable travail d’entremise entre les start-up et les entités métiers », explique-t-il.

40 démonstrations réalisées en 2015

D’ailleurs, l’un des indicateurs de performance sur lequel Bernard Declerck est évalué correspond au nombre de démonstrations que ses équipes parviennent à réaliser. Pour les effectuer, elles doivent convaincre les équipes métiers de la pertinence d’une solution issue d’une start-up, afin d’organiser une réunion pour présenter l’innovation en question. En 2015, 40 démonstrations ont ainsi été organisées, contre 30 en 2014 et 20 en 2013. « L’objectif n’est pas d’aller au-delà de ce nombre », précise cependant Bernard Declerk.

Un taux de transformation inférieur à 10 %

En effet, encore très peu de démonstrations évoluent en partenariats réels. Bernard Declerck estime ainsi que le taux de transformation est inférieur à 10 %. Pourquoi un taux si faible ? « Jusqu’à présent, nous nous sommes focalisés sur le transfert et non sur le suivi et l’accompagnement des projets » répond le délégué innovation, qui évoque plusieurs obstacles à la conclusion de partenariats, comme la complexité de répondre à un appel d’offres pour une start-up ou encore des temps de vie différents entre une jeune entreprise et un grand groupe.

Dix investissements dans des start-up

EDF a investi dans dix jeunes pousses à travers le fonds de capital risque Electranova, géré par Idinvest et dans lequel l’énergéticien est le seul investisseur industriel. Parmi ces investissements, on retrouve notamment la start-up norvégienne Seatower, qui a mis au point une solution de fondations gravitaires pour l’éolien off-shore. Celle-ci est actuellement en test à Fécamp. Le portfolio comprend également la start-up américaine First Fuel, qui a développé une plate-forme logicielle qui permet d’analyser les consommations énergétiques des bâtiments et de proposer des solutions d’efficacité énergétique. L’entreprise francilienne Leosphere, spécialisée dans l’observation atmosphérique par Lidar, a, elle aussi, bénéficié de la manne du fonds Electranova, qui devrait réaliser cinq opérations supplémentaires dans les deux années à venir. Outre Electranova, EDF est également présent de manière minoritaire dans d’autres fonds de capital risque. « L’objectif ici est d’accéder au deal flow (la liste des start-up qui viennent frapper à la porte, ndlr) de ces fonds. C’est un moyen pour nous d’obtenir de la matière première », explique Bernard Declerck.

4 ans

EDF a débuté sa politique d’Open Innovation il y a quatre ans. Outre des indicateurs quantitatifs, cette stratégie a permis de faire évoluer la culture interne de l’entreprise. « Désormais, les entités métiers viennent nous voir pour nous demander si nous n’avons pas repéré une solution innovante dans tel ou tel domaine. Ce n’était pas du tout le cas il y a quatre ans, où nous proposions des solutions sans forcément avoir récupéré, en amont, l’expression spécifique d’un besoin. Les entités métiers se sont habituées à travailler avec des start-up », raconte Bernard Declerck. Son prochain défi ? Accélérer l'innovation en interne à partir des travaux réalisés par les équipes R&D en développant des méthodes de travail agiles, comme le Design thinking et les Hackathons

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Energy Observer met les voiles vers le nord de l'Europe

Energy Observer met les voiles vers le nord de l'Europe

Le 18 avril, le bateau Energy Observer s’est équipé d’ailes Oceanwings pour aller plus vite et produire de[…]

[Reportage] Dernière ligne droite avant l'arrivée du réacteur d'Iter

[Reportage] Dernière ligne droite avant l'arrivée du réacteur d'Iter

Navette autonome, laser ultra-puissant, vie des batteries… les meilleures innovations de la semaine

Navette autonome, laser ultra-puissant, vie des batteries… les meilleures innovations de la semaine

Longévité des batteries, Microsoft IA, laser ultra-puissant… les innovations qui (re)donnent le sourire

Longévité des batteries, Microsoft IA, laser ultra-puissant… les innovations qui (re)donnent le sourire

Plus d'articles