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« Comprendre l’oxy-combustion pour mieux l’industrialiser »

Ludovic Fery
 « Comprendre l’oxy-combustion pour mieux l’industrialiser »

Olivier Delabroy dirige la R&D d'Air Liquide.

© Thomas Gogny

Air Liquide, le CNRS et l’Ecole Centrale de Paris ont inauguré le mardi 2 octobre 2012 une chaire industrielle sur l’oxy-combustion, une voie d’avenir pour la valorisation du CO2. Olivier Delabroy, directeur R&D d’Air Liquide, nous éclaire sur ses ambitions.

A quoi va servir la plate-forme mise en place à l’Ecole Centrale dans le cadre de la nouvelle chaire industrielle sur l’oxy-combustion ?

L’objectif est de disposer d’un pilote multi-fonctionnel sur l’oxy-combustion. Au niveau des différentes options paramétrables, et en particulier le couplage entre les propriétés des flammes et le transfert thermique, il s’agira d’une plate-forme unique au monde. Sa finalité est de mieux comprendre la réaction d’oxy-combustion, afin de nous aider à industrialiser la technique. La plate-forme sera aussi un point d’ancrage pour les collaborations avec les grands laboratoires qui étudient la combustion en France et dans le monde.

Quels sont les moyens investis par Air Liquide sur cette plate-forme ?

Air Liquide finance l’équivalent de quatre thèses sur les six prévues sur la durée totale de la chaire, qui est de six ans. Nous participons également au financement de la chaire pour un montant équivalent à celui de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Quelle est aujourd’hui la réalité industrielle de l’oxy-combustion ?

L’oxy-combustion existe depuis longtemps dans l’industrie du verre et de la métallurgie, à qui nous vendons brûleurs et oxygène. Le procédé permet, en remplacement de la combustion à l’air, d’obtenir un meilleur rendement tout en polluant moins. Nous cherchons aujourd’hui à faire émerger de nouvelles filières : le captage et le stockage de CO2 (CSC), et la gazéification de la biomasse en vue de produire des biocarburants de deuxième génération.

Le captage et stockage du CO2 est encore à un stade très expérimental, et sa faisabilité technique contestée, en particulier au niveau du stockage. Faut-il vraiment le considérer comme un marché d’avenir ?

Il est vrai que les efforts sur le CSC semblent ralentir en ce moment. Mais nous pensons que le marché va finir par exister, peut-être à l’horizon 2020, ou 2030. Notre responsabilité est d’apporter les premières briques technologiques au niveau du captage pour que cela se réalise. Nous ne participons pas directement aux recherches sur le stockage géologique, mais nous y sommes associés via la chaire « captage, transport et stockage du CO2 » du Havre. Outre les considérations techniques, il faut aussi travailler sur l’acceptabilité sociétale du CSC, dont le succès dépendra beaucoup.

Propos recueillis par Ludovic Fery  

 

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