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Compacter plus pour gagner plus

A. O.
Compacter plus pour gagner plus

Le passage dans les machines de Mil-Tek réduit le volume des caisses en polystyrène d'un facteur 25.

© D.R.

L'entreprise spécialisée dans la transformation du saumon ne détruit plus ses caisses en polystyrène. Elle fait maintenant de l'argent avec.

Dans l'usine Marine Harvest de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine), on découpe et on transforme du poisson frais. Il en arrive sur le site des tonnes chaque année, bien protégées dans des caisses en polystyrène expansé. Mais si les jolies barquettes blanches sont bien pratiques pour amener le frais dans les usines, elles deviennent vite encombrantes une fois leur mission accomplie : les normes en matière d'hygiène imposent qu'elles ne soient pas réutilisées, et elles finissent vite par représenter de gros volumes.

Une densité adaptée à la revente

Il y a à peine deux ans, l'usine de Châteaugiron, comme beaucoup d'industries agroalimentaires, se contentait de compacter ses caisses pour en réduire l'encombrement... puis de détruire les pains obtenus. « Nous diminuions le volume des caisses par huit pour les stocker et les transporter plus facilement », se souvient Serge Deschamps. Mais ensuite, impossible de les revendre. Même après compactage, leur densité était beaucoup trop faible pour qu'elles soient rachetées, surtout à l'international. Pourtant, ces déchets valorisés auraient pu, en Europe ou en Asie, intéresser des plasturgistes capables de recycler le polystyrène. Mais à une condition : être conditionnés de manière à rendre le transport rentable.

En 2006, Serge Deschamps, las de gaspiller de l'argent en détruisant ses caisses à poissons, a pris les choses en main. « Ne sachant pas comment pourrait se revendre le polystyrène dans les années qui suivaient, j'ai souhaité trouver la solution la moins risquée au long terme », explique-t-il. Il a contacté la toute jeune société GDA Environnement, qui s'est chargée de faire l'état des lieux des déchets produits par l'usine et lui a conseillé les équipements précis répondant à ses attentes.

Pour traiter les quelque 160 tonnes de caisses que son usine récupère par an, il a donc opté pour deux broyeurs-compacteurs de polystyrène expansé du fabricant Mil-Tek. Grâce à un plan de financement sur cinq ans, il évite les lourdes charges d'investissement qui freinent souvent les acheteurs d'usine.

Ces machines, très simples d'utilisation, ont été conçues spécialement pour réduire le volume des barquettes contenant des produits frais, poissons ou fruits par exemple. Les caisses sont introduites manuellement dans le broyeur-compacteur, même humides ou souillées. Leur encombrement limité leur permet d'être s'installées près des postes de travail. Avec elles, la densité du polystyrène passe de 10 à 30 kg/m3 à 250 à 300 kg/m3. « Avec ces machines, nous réduisons le volume des caisses d'un facteur 25, soit quatre fois mieux que ce que faisait notre ancien compacteur, et le mode opératoire est très simple », témoigne Serge Deschamps. En sortie, on retrouve des pains de section carrée (20 cm x 20 cm) longs d'au moins 1 mètre. Leur forme et leur densité permettent de les installer sur des palettes et de les revendre à très bon prix. « Les sociétés comme GDA Environnement, qui se chargent de négocier leur revente à l'international, les rachètent environ 250 euros la tonne. »

Un bilan clairement positif

Autant dire que l'opération est plus que réussie pour Serge Deschamps. Il préfère rester discret sur ses gains effectifs, mais précise que « le cours du polystyrène a bondi en deux ans », et que « grâce à ces broyeurs-compacteurs, le bilan sur la gestion de ces déchets est clairement positif ». La tendance a de grandes chances de se confirmer, car tout porte à croire que les cours des plastiques recyclables ne chuteront pas dans les années qui viennent.

Pas de doute, les choix de Serge Deschamps ont porté leurs fruits. Et, qui sait, la pro-chaine étape dans sa politique de gestion des déchets sera peut-être, comme cette autre industrie du poisson cliente de GDA Environnement, de s'équiper de convoyeurs aériens pour amener les caisses directement dans le broyeur.

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01/09/2008 | Environnement
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