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Comment Transavia va réduire sa consommation de carburant en optimisant l’altitude de ses avions

Emilie Dedieu
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Comment Transavia va réduire sa consommation de carburant en optimisant l’altitude de ses avions

Depuis les premiers vols expérimentaux en mai 2015 avec OptiClimb, une autre solution de la suite OptiFlight, Transavia et Safety Line collaborent à la mise en place de services permettant de réduire les émissions carbones.

© Transavia

Le nouveau dispositif de la start-up Safety Line devrait permettre d’économiser 25 kg de carburant toutes les dix minutes pour les vols moyen-courriers, lorsque ceux-ci appliquent les changements de niveaux de vol conseillé par OptiLevel. Le produit est actuellement en phase de test avec la compagnie Transavia, partenaire d’innovation du projet.

Économiser du carburant en optimisant les plans de vol verticaux des avions, c’est ce que propose le nouveau dispositif de la start-up Safety Line, OptiLevel. Transavia, compagnie low cost du Groupe Air France KLM, devient le client de lancement du produit, qui pourrait permettre d’économiser jusqu’à 1 % du carburant de croisière des vols moyen-courriers. 

Une optimisation verticale du plan de vol

Outil de décision pour les pilotes, OptiLevel indique l’altitude à laquelle il est le plus économique de voler, en intégrant les données météo et les statistiques de l’appareil. Ainsi il aide le pilote à savoir quand demander un changement de niveau de vol.

« Plus un avion vole haut, moins il consomme de carburant. Il y a donc, en fonction du poids de l’appareil, des niveaux optimums », explique Pierre Jouniaux, fondateur de Safety Line. Ces niveaux optimums sont indiqués au pilote par son Flight Management System et intégré au plan de vol. 

Problème : les changements de niveau de vol ne sont prévus qu’entre des waypoints parfois très éloignés, et les niveaux optimums ne sont calculés qu’à partir des caractéristiques de l’avion. Or, ce n’est pas la seule chose qui rentre en jeu : la vitesse des vents et la température doivent être prises en compte. « La solution la plus économique est celle qui fait un compromis entre le niveau optimum et les vents », soutient Pierre Jouniaux. 

Un système mis en place avant le décollage

« C’est un dispositif simple à mettre en œuvre », assure-t-il. Les calculs sont faits au sol, avec le plan de vol de dernières minutes et les données météo mises à jour. L’algorithme d’OptiLevel s’appuie également sur l’exploitation des données contenues dans les boites noires des avions. Le résultat est envoyé sous forme de tableau directement sur la tablette des pilotes, avant le décollage. 

Cela donne la possibilité aux pilotes de demander aux services de contrôle, lorsque c’est avantageux, un changement de niveau de vol en dehors des waypoints. « Dans la grande majorité des cas, ce sera accordé, pronostique Pierre Jouniaux. Le ciel est relativement grand. »  

Cette aide à la décision répond à un réel besoin des pilotes. « J’ai été moi-même pilote de ligne, et il y a de nombreux moments où l’on hésite à demander un changement, parce qu’on ne sait pas si ça sera avantageux », atteste-t-il. C’est également une demande de Transavia, considéré comme un partenaire d’innovation d’OptiLevel, et avec qui les tests à grande échelle sont en cours. 

Une économie estimée à 25 kg de carburant toutes les dix minutes 

Avec le réseau d’avions de Transavia comme « laboratoire volant », OptiLevel est actuellement mis à l’épreuve sur des lignes de moyen-courrier. Les résultats préliminaires enthousiasment : « se placer sur le meilleur niveau de vol permettrait d’économiser 25 kg de carburant toutes les dix minutes. » Ce qui représenterait, à la fin du vol, 1 % du carburant de croisière. 

De plus, le dispositif permet, par là même, de réduire les émissions de CO2. « On estime que pour chaque kilogramme de kérosène consommé, on émet 3,15 kg de CO2 », déclare Pierre Jouniaux. Des économies importantes donc, à plus d’un titre. « On parle d’avion à hydrogène, et c’est très bien. Mais, il y a des choses qu’on peut faire tout de suite », exhorte-t-il. 

Des tests sont en cours pour adapter le dispositif pour les long-courriers, sur lesquels une réduction trois fois plus importante est avancée. 

 

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