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Comment Thales veut rendre les trains grandes lignes autonomes dès 2025

Alexandre Couto

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Comment Thales veut rendre les trains grandes lignes autonomes dès 2025

© Teradata

Le secteur ferroviaire innove dans le numérique et envisage de plus en plus le train autonome. Selon Thales, qui a organisé le 22 mars une rencontre avec la presse sur ce sujet, cette technologie pourrait sortir de R&D dès 2025.

 

Signalisation numérique, capteurs 5G embarqués, positionnement satellitaire… Pas de doute, le monde du rail a bel et bien entamé depuis quelques années sa transition numérique. Et cette tendance devrait s’accélérer, notamment sur le volet du train autonome, avec l’arrivée à maturité de la technologie et l’adoption prochaine de nouveaux standards européens.

A l’occasion d’une conférence de presse organisée le 22 mars, Thales a présenté ses dernières innovations dans le domaine ferroviaire. Selon le spécialiste des hautes technologies, les premiers trains autonomes grandes lignes pourraient rouler dès 2025.

« Nous croyons fortement au développement du train autonome pour répondre aux enjeux futurs du ferroviaire », explique Amaury Jourdan, directeur technique de Thales Ground transportation Systems « Ils vont permettre aux opérateurs d’augmenter le nombre de trains par heure sur les grandes lignes et de rentabiliser les opérations sur les petites lignes ».

Placer les capteurs dans les cabines pour faciliter la migration

Pour accélérer leur déploiement, Thales travaille sur des systèmes pour faciliter la migration de cette technologie vers des trains déjà en circulation. « Notre concept est de rendre autonome un train en y intégrant des capteurs dans la cabine. Nous ne sommes ainsi pas contraints de déployer des instruments sur la voie ou sur les essieux du train. », explique Amaury Jourdan. « Cette dernière option obligerait  à effectuer une opération de maintenance particulièrement lourde sur le train et à le sortir de son système d’exploitation ».

L’ingénieriste a ainsi choisi d’équiper les trains avec trois types de capteurs : une centrale inertielle, des radars – notamment de collision et de mesure de la vitesse au sol – et des caméras. Les informations collectées par ces équipements sont transmises au centre d’opération grâce à un système à Ultra Large Bande (Ultra Wide Band, UWB) qui permet des communications aussi rapides que le Wi-Fi. Ce dispositif est en test depuis quelques années dans le métro de New-York. Thales envisage également d’utiliser la 5G.

« Grâce à ces capteurs, nous savons positionner le train de manière très précise – à moins d'un mètre près – avec un très haut niveau de garantie de l’information, pointe Amaury Jourdan. Les progrès sont rapides sur ces technologies car elles bénéficient des avancées dans le domaine de la voiture autonome, dans un environnement moins ouvert. » Ces travaux sont déjà bien avancés en ce qui concerne les métros avec un premier déploiement commercial dès l’année prochaine.

Une IA pour analyser les dangers potentiels

Les trains « grandes lignes » bénéficierons des mêmes équipements et s’appuieront également sur deux briques technologiques supplémentaires : une intelligence artificielle (IA) et le positionnement par satellite des trains.

La première va s’appuyer sur un algorithme entrainé à identifier certains obstacles sur ou à proximité de la voie ferrée. « Le réseau grande lignes est un environnement beaucoup plus ouvert que le métro, explique Amaury Jourdan. Le niveau de sécurité est renforcé. »

L’IA est capable d’évaluer le danger en fonction de la nature de l’obstacle, de la distance et de la vitesse du train. Elle pourra être soit embarquée dans le train, soit opérée à distance depuis le centre le commande. « Mais pour cela il faut s’assurer que la qualité de la communication entre le train et le centre est optimale à tout moment », précise Amaury Jourdan.

Des nouveaux standards à l’horizon 2025

Le positionnement par satellite, quant à lui, devrait faire partie des prochains standards ERTMS (European Trafic Management System). Selon Amaury Jourdan,  l’évolution de ces standards est essentielle pour voir émerger le futur train autonome sur grandes lignes. L’ERTMS standardise en effet la plupart des communications entre les trains et les postes de contrôle.

« Thales et des opérateurs comme la SNCF poussent à faire rentrer ces innovations dans ces standards : notre sentiment est que cela devrait aboutir en 2025, juge le directeur technique. La facilité de migration de la technologie devrait permettre aux petites lignes d’en bénéficier rapidement pour leur permettre de réduire de 30 % leur coûts de fonctionnement. »

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