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Comment se joue l'avenir du mobile

Ridha Loukil

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- L'entrée de Microsoft et d'Intel dans la téléphonie mobile change la donne. - Deux nouveaux fronts s'ouvrent à côté de la bataille des standards téléphoniques : les systèmes d'exploitation et les puces clés au coeur des terminaux.

Le téléphone mobile va-t-il devenir une simple "commodité" obtenue par assemblage d'éléments standards à l'image de ce qui se fait pour les micro-ordinateurs ? C'est possible. C'est en tout cas ce que craignent les acteurs établis, au premier rang desquels Nokia. Et c'est ce que souhaitent de nombreux autres acteurs qui se voient bien endosser le manteau d'Intel et de Microsoft de la téléphonie mobile. Naturellement, Intel et Microsfot sont de ceux-là. Mais ils ne sont pas les seuls. Car la bataille pour la téléphonie mobile se déroule simultanément sur trois fronts.

De l'issue de cette bataille, dépend le modèle industriel des dix à quinze ans à venir pour la téléphonie. Les répercussions seront considérables. Elles concernent le plus gros marché en volume que l'on puisse concevoir : il est estimé à l'horizon 2006 à 600 millions d'unités. Trois fois celui des PC !

Premier front : les standards de télécommunication. Après une relative accalmie due à la maturité du marché de la téléphonie mobile, la bataille reprend de plus belle, exacerbée par le passage à la troisième génération qui redistribue les cartes. Elle touche même la France où l'américain Qualcomm pourrait faire son entrée par la petite porte, celle des radiocommunications professionnelles, sorte de talkie-walkie évolué comme ceux utilisés par les pompiers, les gendarmes et autres agents de sécurité.

Deuxième front : le logiciel. C'est ici que l'on retrouve Microsoft. Il voudrait imposer son système d'exploitation Smartphone dans le segment haut de gamme de téléphones "intelligents", qui combinent les fonctions de portable et celles de PC de poche. La tâche est rude. Car tout le monde craint la firme de Bill Gates. Personne ne souhaite la voir siphonner toute la valeur ajoutée logicielle des portables, comme elle l'a fait pour les PC.

Le troisième front est celui des circuits intégrés. Ici, c'est Intel qui veut profiter de son expérience dans les microprocesseurs pour tailler des croupières à Texas Instruments en proposant des puces électroniques plus intégrées et plus puissantes. Mais, pour cela, il doit convaincre les fabricants de terminaux de renoncer à une partie de leur savoir-faire.

Les cartes sont distribuées. Une formidable partie commence et rien n'est gagné d'avance. Petit tour des forces en présence.

Sur le front des standards

La guerre est relancée « Le GSM est une technologie française dépassée. » Cette déclaration d'un membre du Congrès américain, sur fond de crise internationale, relance la guerre des standards dans le téléphone mobile. Entendez : dans le cadre de la reconstruction de l'Irak, il faudra privilégier le CDMA de l'américain Qualcomm.

La bataille des standards ne date pas d'hier. Elle a commencé avec l'avènement au début des années 1990 du téléphone mobile numérique en remplacement de la première génération analogique. Le standard GSM, élaboré au sein de l'Institut européen des normes de télécommunications (Etsi), s'est imposé auprès de 550 opérateurs dans 193 pays, représentant aujourd'hui un parc de plus d'1 milliard des 1,2 milliard d'abonnés sur la planète. Il a largement gagné face à son quasi unique concurrent, le CDMA, technologie propriétaire de l'américain Qualcomm qui, lui, n'a rencontré qu'un piètre succès avec à peine 20 % du marché mondial.

Cette bataille s'est déroulée sur tous les continents. Si le CDMA, qui a pris la première place aux États-Unis, s'est imposé en Corée du Sud, le GSM, lui, s'est installé presque partout ailleurs, et même jusqu'en Chine, de loin le plus gros marché mondial pour les mobiles.

La Chine ouvre son marché

Victoire totale pour le GSM qui détient aujourd'hui 72 % du marché mondial du téléphone mobile numérique ? Ceux qui l'ont cru en sont pour leurs frais. Car, en effet, ne s'avouant pas vaincu, Qualcomm revient en force. Tout d'abord en Chine, où, grâce au fort soutien de l'administration américaine, il réussit un gros coup. En contrepartie de son entrée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la Chine a été contrainte, en signe de gage, d'ouvrir son marché au CDMA. L'ouverture est toutefois symbolique, puisque cette technologie compte à peine 5 millions d'utilisateurs sur un total de 200 millions d'abonnés.

La victoire du CDMA

En réalité, c'est la troisième génération (3G) qui donne l'occasion à l'américain de rebondir. Trois des cinq normes radio retenues en mars 1999 par l'Union internationale de télécommunications s'appuient peu ou prou sur la technologie CDMA de Qualcomm : CDMA 2000 (évolution du CDMA One de Qualcomm), W-CDMA (promu à l'origine par NTT DoCoMo, Nokia et Ericsson) et TD-SCDMA (soutenu à l'origine par Siemens et les Chinois).

Pour Qualcomm, la victoire est inespérée. La société a profité de cette reconnaissance pour se métamorphoser alors en devenant un fournisseur de technologies. Elle a cédé son activité terminaux au japonais Kyocera et son activité infrastructures à Ericsson, pour se concentrer sur la recherche et développement, la cession de licences et la fourniture de jeux de puces et de logiciels.

Le mobile 3G entérine les rapports de force dans la génération actuelle. Les réseaux GSM ont vocation à évoluer vers le W-CDMA et les réseaux CDMA One vers le CDMA 2000. En Europe, le système UMTS combine le W-CDMA en priorité et le TD-SCDMA en complément, selon les bandes de fréquence disponibles. Au Japon, deux opérateurs, NTT DoCoMo et J-Phone, ont choisi le W-CDMA, tandis que KDDI a opté pour le CDMA 2000. Les trois services 3G sont déjà opérationnels. En Corée du Sud, trois opérateurs, SK Telecom, KTF et LG Telecom, commercialisent le CDMA 2000 alors que deux, KT Icom et SK IMT, devraient ouvrir cette année un service W-CDMA.

33 millions de terminaux

Dans une certaine mesure, la partie est déjà jouée. Mais la guerre ne s'arrête pas pour autant. Elle se déplace en Chine où cinq licences 3G vont être accordées cette année. Si la migration est relativement tracée pour les trois réseaux existants de China Mobile (réseau GSM) et China Unicom (un réseau GSM et un réseau CDMA One), les options restent ouvertes pour les deux futurs entrants CNC et China Telecom. Et, pour ajouter à l'incertitude, les autorités de Pékin envisagent le développement de... leur propre standard, le TD-SCDMA (voir Industrie et Technologies n° 845, p. 35).

Pour Qualcomm, peu importe la norme retenue pour la 3G. Qu'il s'agisse du CDMA 2000, du W-CDMA ou du TD-SCDMA, il est gagnant. Il revendique les mêmes droits de propriété industrielle et touche les mêmes royalties. Cette neutralité affichée ne l'empêche pas de défendre encore sa technologie, comme le montre l'affaire de Dolphin Telecom en France ou la critique du GSM par certains membres du Congrès.

L'américain ne cache pas sa satisfaction. Avec l'irruption de la 3G, il prend sa revanche sur les européens. Plus de cinquante équipementiers télécoms, constructeurs de terminaux et fabricants de puces, dont Alcatel, Nokia et Siemens, ont acquis une licence de sa technologie CDMA. Aujourd'hui, on dénombre près de quarante services 3G opérationnels dans une vingtaine de pays, tous en CDMA 2000, à l'exception de quatre en W-CDMA : deux au Japon (NTT DoCoMo et J-Phone), un en Grande-Bretagne (Hutchison 3G) et un en Italie (Hutchison 3G).

Qualcomm revendique un parc de 33 millions de terminaux CDMA 2000 en circulation, contre seulement 400 000 pour le W-CDMA.

Mais, attention : cette question est sujette à polémique. La plupart des services CDMA 2000 ouverts aujourd'hui utilisent la version 1x, considérée en Europe comme de la 2,5 G (l'équivalent du GPRS). Selon le français Wavecom, il faudra passer aux versions 1x EV-DO et 1x EV-DV, comparables en performance au W-CDMA, pour parler de véritable 3G. Seuls trois opérateurs (SK Telecom et KTF en Corée du Sud, et Monet Mobile aux États-Unis) ont déployé de telles versions.

Sur le front du logiciel Linux entre en lice

Tant que le portable restait un simple téléphone, la question du logiciel ne se posait guère. Les systèmes d'exploitation propriétaires faisaient l'affaire. Tout change avec l'enrichissement du terminal par des fonctions de divertissement (jeux, sonneries, radio, musique...), de communication de données (messagerie, e-mail, Internet...), de multimédia (photo, vidéo, visiophonie...) ou de gestion de l'information personnelle (agenda, annuaire, bloc-notes...). À l'extrême, le portable apparaît désormais plus proche d'un PC de poche que d'un téléphone.

Face à cette évolution, les fabricants de terminaux se trouvent de plus en plus bridés par les limites de leurs systèmes d'exploitation propriétaires. En plus du design et des fonctionnalités, ils devront en effet se différencier par les applications (jeux, sonneries, fonds d'écran...) susceptibles de tourner sur leurs produits. Pour cela, l'histoire du PC leur a appris qu'ils ont besoin de rassembler autour de leur plate-forme la communauté de développeurs la plus large, ce qui passe par l'adoption d'un système d'exploitation très largement diffusé.

L'évolution n'a pas échappé à Microsoft. Le portable devient un débouché de masse inespéré pour... Windows, autrement dit pour son logiciel Smartphone, la version de la vache à lait de Microsoft destinée aux mobiles. Un formidable marché ! Bien plus vaste que celui du PC et... en forte croissance.

Toutefois, Microsoft n'est pas seul à le convoiter. Il se heurte à de nombreux concurrents dont le plus sérieux reste Symbian. Créée en 1998 par Nokia, Ericsson, Motorola, Matsushita et Psion, rejoints plus tard par Siemens, SonyEricsson et Samsung, cette société développe un système d'exploitation mobile sur la base du logiciel Epoc au coeur des anciens PC de poche Psion. Aujourd'hui, il équipe treize téléphones différents en provenance de Nokia, de SonyEricsson et de Fujitsu. Symbian s'attend à la vente, d'ici à la fin de l'année, de 2 millions de portables avec son logiciel. En 2004, il devrait équiper vingt-deux terminaux différents sur le marché, en provenance de huit fabricants, dont Panasonic, Siemens, Sendo et Samsung.

Trois classes de portables se dessinent

Autre rival de Microsoft : Palm OS, le système d'exploitation au coeur des fameux assistants personnels Palm Pilot. Un accord existe avec Alcatel. Mais il ne s'est jamais concrétisé. Jusqu'à présent, seuls deux téléphones en sont équipés : l'un chez Samsung, l'autre chez Kyocera. Selon l'Idate, ce logiciel devrait rester marginal pour la simple raison que la société Palm ne semble pas chercher particulièrement à l'imposer dans les mobiles.

En revanche, Linux et le logiciel libre bénéficient d'un fort potentiel. Motorola a ouvert le bal en lançant en février dernier l'A760, le premier combiné utilisant Java et Linux. Selon MontaVista, la start-up californienne qui fournit la plate-forme Linux à Motorola, une dizaine de téléphones similaires sont en projet dans le monde, dont un chez NEC au Japon. En Asie, l'intérêt pour Linux est particulièrement fort. En témoigne l'entrée des géants japonais Matsushita, Sony, Toshiba et Yamaha dans le capital de MontaVista.

Selon Jaluna, la société française qui fournit des logiciels libres pour les télécoms, trois classes de portables se dessinent. Le premier segment comprend les produits d'entrée de gamme qui servent d'abord à téléphoner. Ils se contentent de systèmes d'exploitation temps réel compacts comme Epsilon, Nucleus, Micro-eTRON ou VxWorks.

Le deuxième segment rassemble des produits de moyenne gamme, avec notamment des possibilités de messagerie, de navigation Internet ou de téléchargement d'applications sur le réseau. Il nécessite la combinaison de Java avec, soit un système temps réel évolué comme OSE Wireless, soit un système Linux à fonctions limitées.

La dernière classe réunit les téléphones dits "intelligents", parce qu'ils combinent les fonctions de portable et de PC de poche. Ici, le fabricant a le choix entre Symbian, Smartphone, Palm OS et Linux.

Microsoft vise le tiers de ce segment haut de gamme estimé à l'horizon 2007 entre 200 et 300 millions de portables. Un pari difficile à tenir. Les fabricants de terminaux se méfient plus que tout de la firme de Bill Gates. Soucieux de garder la maîtrise de toute la chaîne de valeur, ils n'ont aucune envie de tomber dans le même sort que les constructeurs de PC, réduits à des tâches d'assemblage.

La résistance la plus vive vient de Nokia qui a décidé de licencier son logiciel Series 60, un système complet comprenant Symbian, un noyau temps réel, une machine virtuelle Java et l'interface avec l'utilisateur. Tour à tour, il a rallié sous sa bannière Siemens, Matsushita, Samsung et Sendo. Avec le constructeur finlandais, ce groupe détient plus de 60 % du marché. Sans compter SonyEricsson qui a décidé de faire de Symbian la seule plate-forme pour ses futurs produits.

Faute de rallier des fabricants de téléphones, Microsoft cherche à entrer par le biais des opérateurs en leur proposant des produits à faible coût fabriqués en Asie. Une démarche qui porte ses fruits avec le lancement, fin 2002 par Orange, du SPV produit par le taïwanais HTC. Le coup va être réédité l'été prochain avec T-Mobile, la filiale de téléphonie mobile de Deutsche Telekom, puis peut-être avec le britannique Vodafone.

Microsoft risque de se cantonner à des opérations anecdotiques utilisées par les opérateurs pour inciter les grandes marques à faire baisser le coût de leurs terminaux. À moins qu'il ne s'engage directement dans la commercialisation de portables comme il l'a fait pour les consoles de jeux vidéo.

Sur le front des puces électroniques Un outsider : Intel

Là où il y a Microsoft, il y a Intel. Rien d'étonnant donc à ce que le roi des microprocesseurs fasse son entrée sur ce marché. Après trois années de développement acharné, il vient de lancer un premier produit pour téléphones GSM/GPRS, le standard dominant dans le monde. Cette solution, connue sous le nom de code Manitoba (nom commercial PXA800F), réunit sur une seule puce trois composants auparavant séparés, à savoir la mémoire flash, le processeur de bande de base et le contrôleur d'application. Cible : les terminaux de moyenne gamme mettant en oeuvre un système d'exploitation temps réel et une machine virtuelle Java.

Intel, qui n'a pas pour habitude de jouer les seconds couteaux, a lourdement investi pour s'imposer : rachat de la société DSP Communication (1,6 milliard de dollars), acquisition d'une licence StrongARM (le processeur d'application le plus répandu dans les terminaux de poche), mise au point avec Analog Devices de l'architecture de traitement numérique du signal MSA, des centaines d'ingénieurs mobilisés dans ce développement. L'inventeur du Pentium ne dévoile pas ses ambitions. Mais on sait qu'il a dans sa ligne de mire Texas Instruments, qui revendique aujourd'hui 60 % du marché des processeurs de bande de base, l'un des composants électroniques clés du portable aux côtés du composant radio, de celui de traitement analogique et du processeur d'application. Là aussi, les perspectives de marché sont alléchantes.

Nokia détient 37 % du marché mondial

Selon Motorola, les puces électroniques comptent en moyenne pour 35 dollars dans le portable d'aujourd'hui. Une valeur qui devrait tripler dans la prochaine génération de mobiles. Compte tenu des volumes en jeu, le marché potentiel, qui frôle aujourd'hui les 15 milliards de dollars, pourrait tourner autour de 25 milliards à l'horizon 2006.

Comme Microsoft, Intel n'est pas en terrain conquis. Il doit composer avec des acteurs établis qui ont réagi en brandissant l'arme des plates-formes. Autrement dit, des solutions complètes réunissant l'ensemble des composants et logiciels de base nécessaires à un radiotéléphone. Il suffit alors, pour fabriquer un portable, d'ajouter le système d'exploitation et le logiciel d'application. Promu par Motorola, Texas Instruments et autres Infineon, ce concept est également proposé par Intel en complétant son processeur PXA800F par le composant de radio de RF MicroDevives et le composant analogique d'Analog Devices.

Intel devra aussi compter avec Qualcomm, qui affiche de fortes ambitions dans les mobiles 3G. Cantonné jusqu'alors aux téléphones CDMA One et CDMA 2000, dont il livre les puces à tous les fabricants dans le monde (à l'exception de Nokia qui conçoit ses propres circuits), Qualcomm étend maintenant son champ d'action au standard W-CDMA. Ses clients actuels pour le CDMA One ont de grandes chances de le devenir aussi pour le W-CDMA. C'est ainsi qu'il a déjà rallié LG, Samsung et Sanyo.

En Europe, c'est autre chose. Qualcomm, qui a récemment établi sur le Vieux Continent une force de 150 personnes, sait qu'il n'a aucune chance de fournir Nokia. Mais il espère séduire des équipementiers plus petits, comme Alcatel, Sagem ou Sendo, qui, sous l'effet de la crise, n'ont plus les moyens de développer vite leurs propres solutions.

L'enjeu de cette bataille est colossal. Il vise à créer un nouveau modèle pour l'industrie des portables. Jusqu'à présent, les grands constructeurs de mobiles GSM développaient leurs propres puces sous forme d'Asic, dont ils confiaient l'implémentation à des fabricants de semi-conducteurs comme Texas Instruments, Motorola ou IBM. Intel et Qualcomm leur proposent maintenant d'utiliser des solutions standards et de se concentrer sur ce qui fait la différence : le design, les applications et les périphériques. À la clé, une réduction de cycle de développement entre six et neuf mois, au lieu d'un an et demi dans la démarche traditionnelle. Cette option est écartée par Nokia, qui détient 37 % du marché mondial des portables. Pour l'industriel finlandais, le téléphone mobile ne peut être comparé au PC. Les composants clés constituent avec le logiciel le coeur technologique du mobile. La maîtrise de leur conception est un savoir-faire essentiel.

Intel, Qualcomm et les plates-formes risquent donc de se cantonner en Asie, et tout particulièrement en Chine où les fabricants de terminaux ne maîtrisent pas encore la technologie du radiotéléphone.

Plus d'un téléphone sur deux

est actuellement équipé des puces de Texas Instruments.

LES TROIS BATAILLES ESSENTIELLES

STANDARD - La technologie : l'interface radio entre le terminal et le réseau. - Les protagonistes : la bataille fait rage entre le standard européen GSM (et ses évolutions) et le standard CDMA de Qualcomm (et ses évolutions). - L'enjeu : s'imposer en dehors de l'Europe et plus particulièrement en Chine, le plus gros marché mondial pour les mobiles.

LOGICIEL La technologie : le système d'exploitation qui anime le mobile. - Les protagonistes : Symbian, Palm, Microsoft et Linux. - L'enjeu : remplacer les systèmes d'exploitation propriétaires dans les téléphones mobiles haut de gamme et s'imposer comme "le" standard.

PUCES ÉLECTRONIQUES - La technologie : composant radio, puce analogique, processeur de bande de base et processeur d'application. - Les protagonistes : Texas Instruments, Analog Devices, Intel, Qualcomm, Motorola... et la plupart des équipementiers télécoms. - L'enjeu : faire passer les équipementiers de composants spécifiques à des puces standards.

QUALCOMM POURRAIT OUVRIR UNE BRÈCHE EN FRANCE

Exclu jusqu'à présent du téléphone mobile en Europe, l'américain Qualcomm pourrait, d'une façon inattendue, imposer sa technologie dans les radiocommunications professionnelles en France... par le truchement de Dolphin Telecom. Cet opérateur détient une licence de service numérique au standard européen Tetra, destiné à des applications de sécurité ou de coordination opérationnelle. Mais, tombé en faillite, il est repris par le britannique Inquam, qui se trouve être une filiale de... Qualcomm. Depuis, il cherche à modifier sa licence afin d'utiliser la technologie CDMA de Qualcomm. Motifs invoqués: terminaux moins chers et débits plus élevés, adaptés à la fourniture de services de données. Le gouvernement a refusé cette demande. Mais, face à la menace du chantage à l'emploi de Dophin Telecom (250 personnes), il a accepté de réexaminer la question.

DUR, DUR POUR MICROSOFT

Le téléphone "intelligent" Z100 du britannique Sendo devait servir de vitrine pour Microsoft. C'était le projet le plus avancé utilisant le logiciel Smartphone de l'éditeur de Redmont. Mais il a échoué. Se sentant trahi par Microsoft, qui a fait développer et fabriquer par le taïwanais HTC le téléphone SPV d'Orange en tout point similaire au sien, Sendo a changé son fusil d'épaule et reporté son choix sur Symbian. Bref, après deux ans d'offensive, Microsoft n'a réussi à convaincre aucun fabricant de mobiles d'utiliser son logiciel. Mitsubishi, qui a un accord de licence avec Microsoft, joue l'attentisme et Samsung ne conserve Smartphone que comme une option parmi d'autres.

Symbian part favori

Ce système d'exploitation a déjà conquis treize téléphones mobiles, contre deux pour celui de Palm et un seul pour Microsoft et Linux.

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