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Comment Renault va déployer la RFID active pour suivre 500 000 emballages dans 8 usines européennes

Kevin Poireault
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Comment Renault va déployer la RFID active pour suivre 500 000 emballages dans 8 usines européennes

© Renault

Renault était présent au salon IoT World Paris, qui s’est tenu les 23 et 24 septembre, pour raconter, aux côtés de l’intégrateur IER et du fabricant de technologies RFID ELA Innovation, la mise en place d’un système d’asset tracking (suivi des actifs) dédié à ses emballages, dont la phase pilote vient de se terminer.

Arrêter les inventaires réalisés manuellement, réduire de 5 à 20% ses emballages et de 80% la logistique d’urgence liée aux accidents d’emballages. Voici l’ambition sur deux ans du groupe Renault pour ses 129 sites de production, notamment. Pour ce faire, le constructeur veut déployer un système d’asset tracking (suivi d’actifs), c’est-à-dire numériser l’inventaire de ses emballages et contrôler leur géolocalisation en temps réel.

« Nos emballages sont très spécifiques, réutilisables pendant 10 à 15 ans et très coûteux », insiste Tiphaine Wolffhugel, cheffe-adjointe du projet Packaging Tracking, lors d’un retour d’expérience présenté au salon IoT World Paris, ce mercredi 23 septembre.

Après avoir passé en revue les solutions existantes, les équipes du projet Packaging Tracking, lancé en 2017, ont  fait appel à ELA Innovation, fabricant français de tags et balises Radio Frequency Identification (RFID) et à l’intégrateur IER, filiale du groupe Bolloré, à l’issue d’un appel d’offres engagé en juillet 2018.

RFID passive pour l’identification des emballages

Les trois partenaires ont choisi la technologie RFID, constituée de tags équipés d’une puce électronique portant les données d’identification qui communique avec une antenne par ondes radio. Celle-ci transmet ensuite les données à un lecteur, lui-même relié au système d’information de l’entreprise.

Pour l’identification des emballages, Renault et IER ont fait le choix de tags passifs, qui ne contiennent pas de source d’alimentation embarquée. « Ces derniers sont adaptés à tout type de support (bois, métal, plastique, verre…) et sont très peu chers – 40 centimes pièce, moins encore si on les commande en gros », détaille Laurent Dupuis, chef de projet chez IER, assis aux côté de Tiphaine Wolffhugel. Ce faisant, Renault se conforme à la demande de l’association Gallia, regroupant des constructeurs français, en faveur de l’adoption massive de ces tags RFID passifs sur les emballages.

RFID active pour la géolocalisation en temps réel

Pour la géolocalisation, en revanche, le constructeur et l’intégrateur ont choisi d’installer sur des chariots-élévateurs la technologie RFID active de ELA Innovation. « Ce qui a déterminé notre choix est l’absence d'infrastructure nécessaire, assure Laurent Dupuis. Les tags ELA sont parfaitement autonomes, or nous savions que nous allions devoir tracer les emballages sur des dizaines de milliers de m², pour des coûts de câblages faramineux. »

Ce dispositif est constitué d’un boitier, installé sur un chariot-élévateur, d’une autonomie de plus de cinq ans et étanche à l’eau. Il permet la localisation en temps réel du chariot, la détection automatique des palettes à proximité, la lecture des tags RFID passifs sur les emballages et, enfin, l’association des tags RFID passifs avec les données de localisations et la remontée de ces informations sur le wifi de l’usine.



Côté technologie, « le boitier est équipé d’un activateur de tag et d’un lecteur, détaille Pierre Bonzom, PDG de ELA Innovation. Quand le chariot passe devant un tag, le lecteur le détecte, par infrarouge, et lit les informations correspondantes. Quand il passe à côté d’une balise, installée sur un point de passage prédéfini par Renault, l’activateur de tag émet via une antenne, en basses fréquences (125 KHz), et la balise lui répond en hautes fréquences, ce qui sera lu par le lecteur dans le boitier ». C’est ce qui permet de géolocaliser le chariot et, partant, les différents emballages qu’il transporte.

Tracer plus de 500 000 emballages dans 8 usines Renault en Europe d’ici deux ans

La basse fréquence permet la « réactivité du tag », assure le chef d’entreprise. La sensibilité du capteur peut être réglée, avec une limite à 7 mètres. « Les balises ne sont activées que lorsqu’un chariot passe à proximité, elles repartent en mode sommeil juste après, précise Laurent Dupuis. Ce qui permet une consommation très faible. »

Le projet pilote a commencé en janvier 2019 sur l’usine Renault de Maubeuge, où l’on fabrique les Kangoo, avec une poignée de boitiers déployés pour une zone de couverture de 2 000 m² et environ 3 000 emballages taggués. Les opérateurs peuvent visualiser les données (gestion des stocks, entrées et sorties des emballages et analyse des durées de rétention) via une application mobile développée en interne par Renault. « Cela s’est très bien passé, nous avons réussi à avoir des échanges quotidiens entre nos équipes opérationnelles, IER et ELA, s’enthousiasme Tiphaine Wolffhugel. Ainsi, nous avons pu faire des modifications, comme réduire les antennes RFID ou affiner le filtrage spatial des balises pour une meilleure précision dans la détection. »



Renault débute maintenant la phase de déploiement, à partir de la fin 2020. « L’objectif est d’avoir, d’ici deux ans, 160 chariots-élévateurs équipés de la technologie ELA, 5 600 balises de localisations déployées et de tracer plus de 500 000 emballages, le tout dans huit usines européennes du groupe, soit 80 000 m² d’usines connectées », conclut Tiphaine Wolffhugel.

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