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Comment le Syndicat des énergies renouvelables veut accélérer le développement des EnR en France

Comment le Syndicat des énergies renouvelables veut accélérer le développement des EnR en France

© Centrale Nantes

En attendant la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a tenu une conférence de presse le 15 octobre pour présenter son plan afin d’accélérer leur développement en France. Trois grandes priorités sont mises en avant : accélérer dans la chaleur renouvelable, accompagner l'essor des filières électriques et consolider l'éolien en mer.

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) n’a pas attendu la publication de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour faire son point de rentrée. Alors que la révision de la feuille de route du gouvernement en matière d’énergie est prévue à l’automne, le SER a tenu une conférence de presse le 15 octobre pour appeler à accélérer le développement des énergies renouvelables en France. « Il y a une vraie dynamique dans notre secteur, a précisé Jean-Louis Bal, président du SER. Nos entreprises embauchent et des verrous ont été levés, notamment sur l'éolien en mer. Mais cette dynamique doit être amplifiée pour tenir les objectifs. Notamment ceux de 2028 annoncés dans la première version de la PPE et attendus dans sa révision. »

Pour le syndicat, les trois grandes priorités sont d’accélérer sur la chaleur renouvelable, d’accompagner la montée en puissance des filières électriques renouvelables et d’obtenir l'adoption d’une PPE favorable à l’éolien en mer et qui redonne des perspectives à certaines « filières oubliées ». Par exemple la géothermie destinée à la production d'électricité, la cogénération bois et l'hydrolien.

La chaleur : enjeu majeur

« La chaleur est importante, rappelle Jean-Louis Bal. Sa consommation représente la moitié de l'énergie consommée en France et c'est également la contribution la plus grande aux émissions de gaz à effet de serre. » Or, elle reste aujourd'hui majoritairement produite à partir d'énergie fossiles, indique le panorama 2019 de la chaleur renouvelable et de récupération, tout juste publié. Pour accélérer le développement de la chaleur renouvelable, le SER propose un plan basé sur trois piliers : une refonte « adaptée et efficace » du crédit impôt à la transition énergétique (CITE) qui va évoluer au 1er janvier 2020, la poursuite de la mobilisation du fond chaleur de l’Ademe et la reprise à la hausse de la taxe sur le CO2, et enfin la mise en place de groupes de travail ministériels sur le bois-énergie et la géothermie.

Le photovoltaïque : bien mais peut mieux faire

Un coup d’accélérateur doit être donné sur le photovoltaïque, selon le SER : « Nous sommes relativement optimistes, mais le rythme de raccordement est encore insuffisant », indique M. Bal en rappelant que la puissance raccordée piétine à moins de 1 GW/an, qu’elle devrait atteindre 2 GW/an en 2021 alors qu’il faudrait installer 4 GW/an pour atteindre les objectifs 2028 de la PPE – telle qu’elle existe aujourd’hui. Pour y parvenir, deux pistes sont avancées. D’abord faciliter l’accès au foncier. Ensuite rendre accessible à des grosses installations (jusqu'à 500 kW) les tarifs d’achat en guichet ouvert qui sont aujourd'hui réservés à des installations inférieures à 100 kW. Au-delà, le soutien passe par des appels d’offres.

Eolien en mer : combler le trou d'air

Concernant l’éolien en mer, le SER rappelle le besoin d’avoir un rythme d'installation de 1 GW/an en continu dès aujourd’hui : « Pour des questions de développement industriel, il faut absolument tenir ce rythme », martèle Jean-Louis Bal. Aucun projet n’est pour l’instant identifié pour les années 2021 et 2022. Or, une usine de pâles est déjà construite à Cherbourg et une autre le sera au Havre. « Pour la rentabilité de ces usines, il faut de la continuité et on ne peut pas se permettre des trous d’air », ajoute-t-il.

Pour l’éolien terrestre, le parc français à la fin du mois de juin s’établissait à 15 661 MW. « Nous sommes sur une bonne dynamique, estime Jean-Louis Bal. Nous ne sommes pas très loin des 2 GW/an qu'imposent les objectifs 2028 du projet de PPE tel qu'il est aujourd'hui. » 

Le SER attends également un accroissement de l'ambition relative au bio-méthane. Alors qu’environ 1 TWh est injecté dans le réseau de gaz aujourd’hui, il faudrait atteindre 39 à 42 TWh d’ici 2030 pour satisfaire l'objectif de 10% de gaz renouvelable.

Coup de projecteur sur les "filières oubliées"

Enfin, le SER aimerait que la PPE « redonne des perspectives aux filières oubliées ». C’est-à-dire l’hydrolien - pointé du doigt pour son manque de rentabilité - ou la cogénération bois - jugée trop chère. Mais aussi la géothermie électrique : « Aucune perspective ne lui est donnée et c’est une lacune très forte, juge M. Bal. La filière a de réelles perspectives de baisse des coûts. » D’autant que, rappelle-t-il, un projet de démonstration (Eugeli) étudie la possibilité d’extraire du lithium de l’eau géothermale dans ce type de puits en Alsace. « Dix doublets géothermiques pourraient satisfaire les besoins du marché français et 6 % du marché mondial actuel de lithium, poursuit-il. C'est loin d'être négligeable. » De quoi changer l’équation économique.

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