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Comment l'usine Roquette va se chauffer à la géothermie

Hugo Leroux
Comment l'usine Roquette va se chauffer à la géothermie

L'eau chauffée sur le site d'Ecogi (ci-dessus) sera acheminée jusqu'à l'usine de roquette, distante de 15km

© DR

Pour son site industriel de Beinheim (Bas Rhin), Roquette envisage de miser sur la chaleur d'une eau puisée à 2 500 mètres de profondeur.

Etre le premier site industriel à s’alimenter directement en chaleur d’origine géothermique. L'ambition de l'amidonnerie de Roquette Frères à Beinheim (Bas-Rhin), devrait valoir à l'usine une première mondiale. Cette chaleur sera fournie par la future centrale de Rittershoffen, distante de 15 km, dont le premier forage a été inauguré le 30 octobre. Elle devrait entrer en service en 2015. Son exploitation sera assurée par la société Ecogi, qui rassemble Roquette, Electricité de Strasbourg (filiale d'EDF), et la Caisse des Dépôts. Le projet, de 45 M€, est subventionné à hauteur de 25 M€ par le fonds chaleur de l’Ademe.

L’eau puisée à 2 500 mètres de profondeur, réchauffera un circuit secondaire. Celui-ci acheminera de l’eau chauffée à 170°C jusqu’au site industriel. Roquette produira ainsi 24 MW thermiques de vapeur pour son procédé, soit 25 % de ses besoins. Pour diversifier son mix énergétique, le site de Beinheim a déjà inauguré une centrale à biomasse de 43 MW thermiques en décembre 2011. La géothermie portera à 75 % son approvisionnement en chaleur renouvelable.

« Il faudra revaloriser au maximum la chaleur renouvelable pour respecter les objectifs fixés avec l’Ademe », explique le directeur de l’usine, Clément Robert. Un vrai challenge d’organisation sur les 10 à 15 points de consommation du site : « on ne pilote pas ces énergies comme le gaz : il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton off pour stopper la production ». Conséquence : la vapeur issue de la biomasse et de la géothermie alimentera en priorité les besoins incompressibles du procédé. Les chaudières à gaz assureront les pics de consommation liés aux fluctuations de production.

Roquette et Ecogi ont posé plusieurs jalons avant l’exploitation en 2015. Les forages des puits d’arrivée et de réinjection des eaux devront par exemple confirmer le potentiel du gisement, en terme de débit (230 M3/h) et de température disponibles (200°C). « Le projet à 80 % chance de réussite », estime Clément Robert. Optimiste, l’industriel s’appuie sur le retour d’expérience de la centrale pilote de Soultz, exploitée depuis 2008 par Electricité de Strasbourg. « Cette expérience a montré le potentiel de la région. Sans elle, nous n’y serions jamais allés ».

Hugo Leroux
 

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