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Comment Guala Seal a réinventé le bouchon

Stéphanie Cohen

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- Des matériaux aux procédés en passant par les outils de mesure, l'italien Guala Seal a pensé la conception de son bouchon de A à Z.

Pour le vin, on ne ménage pas ses efforts. Cinq années de recherche et développement. Et 4 millions d'euros. Il n'en aura pas fallu moins à l'italien Guala Seal pour mettre au point un bouchon qui offre une perméabilité garantie et une tenue dans le temps. L'enjeu était de taille : « Il ne s'agissait pas de concevoir un énième bouchon mais de mettre au point "la" solution technologique qui supprimerait définitivement les disparités observées dans un même lot de production », explique Richard Jaloustre, directeur commercial adjoint de Guala Seal.

En effet, les producteurs de vin sont unanimes : les divergences entre les bouchons de liège, même lorsqu'ils sont de qualité supérieure, ne permettent pas de garantir le vieillissement uniforme d'un vin au sein d'un même lot. Quant aux bouchons synthétiques, ils sont plus homogènes mais présentent l'inconvénient de s'allonger au cours du temps, devenant ainsi perméables à plus ou moins long terme.

25 millions de pièces produites par an

Comment mettre au point le bouchon ultime ? Les efforts se sont, tout d'abord, concentrés sur la redéfinition du produit. « Pour garantir les propriétés recherchées, il était nécessaire d'associer différentes pièces, explique Felix Fragola, le directeur des ventes. Il a donc fallu choisir des matériaux compatibles chimiquement. » Pour éviter l'allongement au cours du temps, Guala Seal a conçu et breveté un châssis rigide. Cette structure maintient la longueur du bouchon même s'il est soumis à une forte compression radiale. « Une demi-douzaine de configurations et une vingtaine de matériaux ont été testés », souligne Felix Fragola. Sur ce châssis vient s'emboîter un bouclier, le seul élément qui sera en contact direct avec le vin. Une pièce totalement inerte chimiquement. Enfin, le corps du bouchon est constitué d'un copolymère surmoulé sur l'ensemble châssis-bouclier.

Cette dernière partie, qui doit être souple et homogène, est essentielle puisqu'elle assure l'adhérence avec l'intérieur du goulot. Pour la produire, Guala Seal a opté pour une technique brevetée par le Massachusetts Institute of Technology de Boston et pour laquelle il bénéficie d'une licence exclusive. Au lieu d'une expansion chimique avec du CO2, cette technique applique de l'azote à l'état supercritique comme solvant. « Ce mode d'expansion permet une plus grande uniformité des produits et une qualité de production supérieure », souligne Felix Fragola.

Une unité de production industrielle permet aujourd'hui de produire 25 millions de pièces par an. Mais ce n'est pas tout de produire, encore faut-il tester les performances du produit. Là encore Guala Seal a su innover. Deux méthodes de tests ont été développées pour l'occasion.

La première sert à suivre l'évolution de la force exercée par le bouchon sur la paroi en verre. « Nous avons travaillé avec un expert des matériaux aéronautiques. Un alliage équipé de capteurs a été développé pour mesurer les microdéformations provoquées par le bouchon », explique Felix Fragola. Ensuite, pour évaluer, mois après mois, la perméabilité du bouchon, un système a été développé avec l'École polytechnique de Turin. « La perméabilité mesurée correspond à celle des meilleurs bouchons en liège. Cette valeur est constante d'un bouchon à l'autre et garantie pour plusieurs années », précise-t-il.

De nombreux tests sont en cours en Italie, en Espagne et en France, notamment en Bourgogne.

EN BREF

La démarche - Une reconception complète du produit Les résultats - Perméabilité de moins de 0,012 cm3 d'oxygène par 24 heures - Performances constantes d'un bouchon à un autre - Tenue dans le temps garantie - Prix équivalent au liège de qualité supérieure (30 à 35 centimes d'euros)

UNE STRUCTURE EN TROIS PARTIES

- L'élément clé du bouchon Guala Seal Elite est un châssis en polypropylène haute rigidité (1) qui empêche l'allongement au cours du temps. À cette structure est assemblé un bouclier (2), seul élément en contact avec le vin. Le polypropylène qui le compose a été choisi pour son inertie chimique et sa flexibilité. Enfin, le corps du bouchon (3), en SEBS (styrène-éthylène-butadiène-styrène) expansé, s'adapte à la forme du goulot.

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