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Comment Airbus a utilisé Palantir pour assurer la montée en cadence de l’A350

Comment Airbus a utilisé Palantir pour assurer la montée en cadence de l’A350

A350 en cours de production chez Airbus, à Toulouse.

© Kevin Poireault

Airbus et l'entreprise américaine de big data Palantir ont présenté, le 11 mai, à Toulouse, les fruits de leur collaboration pour atteindre les objectifs de montée en cadence de l'A350. Et confirmé les ambitions de leur plate-forme Skywise.

L'idylle entre Airbus et Palantir se poursuit. L'avionneur européen et l'éditeur californien de logiciels de big data ont présenté, le 11 mai, à Toulouse, les résultats de leur partenariat. Et affiché les ambitions de Skywise, leur plate-forme de mutualisation des données de production et d’exploitation des avions : séduire les acteurs de l'aéronautique, compagnies aériennes en tête.

Depuis son lancement en 2017, lors du salon du Bourget, Skywise a engrangé 7 pétaoctets de données. En 2016, Airbus a fait appel à Palantir, surtout connu jusqu'alors pour sa proximité avec les agences de renseignement (CIA, NSA, DGSI), pour l’aider à accélérer la production de l’A350.

L'avionneur voulait exploiter toutes les données possibles pour augmenter la cadence de production de ses A350 (10 appareils par mois depuis fin 2018). Ce qui impose de récupérer toutes les données en interne comme en externe, avec une chaîne d'approvisionnement toujours complexe. « Les tronçons nous viennent de Saint-Nazaire, de Nantes, de Hambourg. Les voilures sont fabriquées en Angleterre puis amenées à Brême, avant d’arriver ici. Les panneaux de carénage viennent d’Espagne », énumère Jean-François Mathieu, programme manager.

Collecter, extraire, structurer toutes les données

Accéder à des données exploitables est d'autant plus complexe que chaque équipe procède différemment pour les échanger. Ainsi, quand l’un informe son collègue de l’arrivée d’un tronçon par e-mail, l’autre répertorie les alertes de non-qualité sur un tableau Excel, tandis qu'un troisième indique l’état d’avancement de l’avion à son supérieur dans un fichier PDF.

La mission de Palantir fut donc de créer un outil capable de récupérer toutes ces données hétérogènes et de les structurer afin que chaque acteur de la chaîne y ait accès en temps réel et puisse prévoir les problèmes qui pourraient se poser et retarder in fine la livraison de l'avion. « Dans notre secteur, le manque d’anticipation coûte des milliards », rappelle Marc Fontaine, le directeur de la transformation numérique d'Airbus.

C’est ainsi qu’est né Tandem, une plate-forme collaborative fondée sur le logiciel Foundry, développé par Palantir, qui collecte, extrait et centralise l’ensemble des informations nécessaires à la production, y compris celles en provenance des fournisseurs. Installée sur les tablettes des ingénieurs et des compagnons travaillant sur l’A350, Tandem leur présente, sous forme de tableaux paramétrables, toutes les données d’assemblage, d’exploitation et de sécurité.

« Des économies de plusieurs centaines de millions d’euros »

Pendant plusieurs mois, 30 développeurs de Palantir ont accompagné les opérateurs d’Airbus afin qu'ils prennent en main ce nouvel outil, raconte Bianca Rahill-Marier, responsable produit chez Palantir et l’une des premières à avoir travaillé sur le projet. L’expérience a porté ses fruits. « Si un avion passait 25 jours sur un poste auparavant, aujourd’hui il n’y passe que 10 jours », s’enthousiasme encore Bianca Rahill-Marier. « Nous avons pu réduire de 33% les événements de non-qualité pour l’A350, ce qui représente des économies de plusieurs centaines de millions d’euros », revendique de son côté Marc Fontaine, dans un discours bien rodé. « Sans Palantir, Airbus n’aurait pas tenu ses objectifs de montée en cadence de production de l’A350 », assure Fabrice Brégier, patron de la branche française de l’entreprise de big data et ancien numéro deux d’Airbus.

Aujourd’hui, les deux entreprises travaillent sur Skywise, une plate-forme de mutualisation de données destinée à la gestion des flottes aériennes. Alors qu'elle compte déjà 14 000 utilisateurs et 70 compagnies aériennes, et gère les données de plus de 6 000 avions, Airbus voudrait vendre cet outil aux autres acteurs de l’aéronautique : les aéroports, les entreprises de maintenance, les entreprises de leasing, et même les autorités publiques. « On est en train de transformer radicalement l’industrie la plus complexe », conclut Marc Fontaine.

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