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Interview

Christian Estrosi : « Une prime à la casse pour les robots »

Christian Estrosi : « Une prime à la casse pour les robots »
Le Ministre de l’Industrie est venu inaugurer le salon Industrie 2010 qui se tient jusqu’au 26 mars à Villepinte. Industrie & Technologies a pu le rencontrer pour évoquer avec lui l’avenir des usines françaises. Il promet près d'un milliard d'euros de soutiens ciblés pour aider les industriels à relever la tête.

Très à l’aise dans son rôle de VRP, Christian Estrosi, le Ministre de l’Industrie, a profité de la tribune que lui offrait le salon Industrie 2010 pour revenir sur quelques-unes des 23 mesures issues des Etats Généraux de l'Industrie. Il a rappelé qu’il établirait avant l’été la Conférence Nationale de l’Industrie, un lieu de débat permanent pour prolonger les réflexions des Etats Généraux. Christian Estrosi a également mis à nouveau en garde les grands donneurs d’ordres qui méprisent les sous-traitants. Il a affirmé que des règles seront imposées, via un médiateur de la sous-traitance « mis en place d’ici quelques jours », pour marginaliser les grands groupes qui ne joueront pas le jeu honnête d’une relation client fournisseur avec les PME. « Le patriotisme industriel doit exister ! », a fini par lancer le ministre. Explications par le ministre lui-même en trois questions.


Vous faites appel au patriotisme industriel des grands groupes, vous prônez un retour en grâce de l’industrie… n’est-ce pas un peu utopique après des années de dénigrement systématique ?

Cela implique une remise en cause fondamentale. Nous devons rompre avec une pratique mise en place il y a 30 ans qui consistait à ne surtout pas avoir de politique industrielle pour la France. Tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont misé sur les services et sur la finance et ont fini par décourager l’industrie. Heureusement des industriels et des PME ont continué à y croire. Depuis l’an 2000, la France a perdu un demi-million d’emplois dans l’industrie. La part de la valeur ajoutée de l'industrie française représente 15 % de celle de la zone Euro, alors qu'elle est à 23 % italienne et à 30 % allemande. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas su ou pas voulu faire les réformes structurelles que l’Allemagne a su faire.


Aujourd’hui, a-t-on la capacité à se remettre en cause ?

Il est temps d’arrêter d’avoir honte de notre industrie. C’est pour cela que nous avons fait les Etats généraux de l’industrie. Les 23 propositions qui en sont issues représentent la première véritable stratégie industrielle depuis 30 ans. En deux ans le Général de Gaulle et Pompidou ont mis en place la filière électronucléaire, l’Airbus, l’aérospatial, le TGV… il y a plus de 40 ans et on en bénéficie encore. Nous voulons que la France redevienne un grand état industriel. Pour cela, nous allons relancer l’innovation en faisant travailler ensemble les PME, les partenaires sociaux et tous les acteurs industriels.


Mais pour innover il faut de l’argent, beaucoup d’argent, où l’industrie trouvera-t-elle les financements nécessaires ?

Depuis le premier janvier, la taxe professionnelle est supprimée ce qui représente un allègement de 12 milliards d’euros des dépenses pour les entreprises. Nous étions le seul pays d’Europe à sanctionner les investissements par des impôts. C’est fini. Ensuite, grâce à la taxe carbone que nous souhaitons mettre en place aux frontières européennes, la production nationale ne sera plus désavantagée par rapport à celle réalisée dans les pays à bas coûts. Le projet de loi de finances rectificative prévoit 500 millions d’euros de prime à la casse pour les entreprises, afin qu’elles renouvellent leur parc de machines et de robots, souvent vieux de plus de 20 ans. Une aide qui permettra un retour sur investissement en trois ou quatre ans, une baisse de leur facture énergétique et une augmentation de leur compétitivité. Enfin, nous allons accompagner la relocalisation. De plus en plus d’entreprises se rendent comptent que la délocalisation est une erreur, que la main d’œuvre est moins bonne à l’étranger, que les outils de production sont moins performants, que la relation avec la clientèle en pâtit. Elles hésitent tout de même à revenir car un retour est synonyme d’investissement. L’Etat a donc choisi de débloquer 300 millions d’euros de primes à la relocalisation pour les aider à franchir le pas.

Propos recueillis par Charles Foucault

 

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