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Chez Unilever - Un projet à l'ambition résolument mondiale

Le projet e-procurement d'Unilever est le plus ambitieux, le plus emblématique des nouvelles stratégies d'achat à l'échelle mondiale. Il vise à terme une intégration étroite avec les ERP.

C'est au milieu de l'année 2000 que le géant Unilever a levé le voile sur la colossale restructuration de ses achats autour du produit d'e-procurement d'Ariba. Projet mûri depuis 1998. Afin de mettre ses approvisionnements à l'heure de l'e-business, le groupe a aligné un budget à la démesure de ses ambitions : 210 millions d'euros, pour la première année ! Cette refonte en règle de la politique d'achat devrait porter ses fruits en 2003.

Ce projet a un architecte, Tim Cooper-Jones. Il n'est pas le premier venu. Homme d'Unilever depuis vingt-deux ans, ce directeur financier est aussi un notable de la grande distribution de biens alimentaires - il est trésorier de l'Institute for Grocery Distribution - habitué à orchestrer des actions au plan mondial.

Le projet d'Unilever tient en deux mots : simplifier et internationaliser. En cela, la politique marketing d'Unilever est exactement systémique de sa stratégie d'achat : d'un côté on cible le plus précisément les particularités d'un marché local. De l'autre, le groupe s'attache à désenclaver ses achats d'habitudes disparates au niveau de chaque pays, de chaque domaine de fourniture...

Le but ultime, c'est l'économie d'échelle, et Tim Cooper-Jones cite en tête de ses présentations publiques du projet, l'objectif du groupe de gagner 15 % de marge opérationnelle en 2004. Si la stratégie d'Unilever semble démesurée, on va voir que c'est la tactique des petits pas qu'adoptent les bottes de sept lieux du géant.

Ainsi, bien que l'Europe soit première au plan opérationnel, c'est pourtant aux États-Unis que s'est monté le projet pilote. Certainement en raison de la plus grande mobilité des pratiques technologiques outre-Atlantique. C'est également aux États-Unis qu'a été retenue la solution d'Ariba, privilégiée en raison de son ouverture aux diverses solutions d'ERP - objectif final du projet.

Cinq gammes de marchandises ont servi de galop d'essai à ce préprojet, dont des fournitures de bureau et des services de maintenance. Et ce n'est qu'après que deux cent cinquante utilisateurs aient étrenné le système que le choix d'Ariba a été confirmé pour l'achat massif de licences. C'est au cours de cette période qu'Unilever a mis à plat la possibilité de définir dans les détails une véritable méthodologique d'e-procurement.

Un million de distributeurs en Europe

Cette expérience a commencé à être déclinée à partir de 2001 sur les deux têtes de pont européennes de la firme : le Royaume-Uni (Londres) et l'Allemagne (Hambourg). Le premier choix limitant les ruptures linguistiques et culturelles ; le second introduisant la monnaie européenne dans la machine à acheter d'Unilever.

Et c'est en Allemagne que les problèmes d'interfaçage avec le système d'ERP SAP pouvaient le plus simplement se résoudre. " Après le pôle européen, des structures semblables vont se mettre en place aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Asie ", prévoit Tim Cooper-Jones.

Fort d'un million de distributeurs de glaces et crèmes glacées en Europe, c'est sur ce marché qu'Unilever a concentré ses premiers efforts. À ce jour, la vingtaine d'industriels concernés a mis ses catalogues en ligne.

Autre expérience probatoire, l'ensemble des articles pour point de consommation rapide de thé (Unilever possède Lipton). Cela va des chaises, tables et parasols aux divers articles promotionnels qui entourent la dégustation du breuvage. Ce sont des fournitures beaucoup moins techniques que les distributeurs de crèmes glacées, mais reposant sur une offre plus étoffée, trente fournisseurs, déjà tous en ligne à ce jour.

Un gain estimé à 3 %...

Comment passer d'un galop d'essai à une campagne mondiale ? En pérennisant les acquis des premières expériences grâce à un pôle d'excellence. C'est le but de l'European Ariba Academy, structure interne qui se définit comme un centre d'enseignement à distance à destination des acheteurs professionnels européens.

Trois niveaux de cours sont dispensés : à l'usage des coordinateurs d'achat, des acheteurs experts et enfin des utilisateurs lambda. Le cursus ne dure pas moins de cinq semaines. Le cheval de bataille du fournisseur d'Unilever, Ariba, est de lier plus étroitement le e-sourcing au e-procurement. C'est-à-dire la partie prospection, évaluation, qualification et contractualisation des fournisseurs, à l'achat effectif en ligne. Heureux choix, car c'est précisément l'e-sourcing, que Tim Cooper-Jones met au premier plan de ses priorités, dans le but de réduire au maximum les achats hors contrats avec des fournisseurs occasionnels.

Sa stratégie est très claire : " L'approche est multilocale avant d'être internationale. C'est au niveau strictement national que la partie sourcing doit s'effectuer. Une fois constitué ce panel européen des fournisseurs d'excellence, il devient la référence internationale des acheteurs. Sur les réservations de voyage, par exemple, Europe, États-Unis et Asie travaillent de pair.

" Quels sont les premiers bénéfices tangibles de l'e-procurement ? Quelques chiffres sont annoncés. Une réduction des coûts proprement transactionnels de 1,8 % et - beaucoup plus significatif - un gain estimé au moins à 3 % de toute la démarche e-sourcing.

Mais les gains les plus substantiels sont peut-être aussi les moins faciles à chiffrer. Ainsi, l'on évoque une spectaculaire réduction du support papier, avec tout ce que cela suppose de gain de temps et de réduction des erreurs.

Et demain ? Les achats sur le Net devraient s'étendre à d'autres postes budgétaires, comme les réservations de voyage et d'hôtel... Les fournitures et matériels de bureau vont suivre..., en tout, une vingtaine de catégories de produits. " L'évolution vers de nouvelles catégories de produits se fera selon la double appréciation des volumes de transaction et de la difficulté à standardiser les catalogues ", explique Tim Cooper-Jones. Ce qui devrait faire grimper en flèche le nombre de fournisseurs en ligne : ils seront quelques centaines à la fin de l'année. Et le nombre d'acheteurs : au moins mille cinq cents utilisateurs réguliers d'Ariba en 2002. Thierry Mahé.

LA SOLUTION
- Logiciels d'Ariba. Le serveur est aux États-Unis. Fin 2001, ils drainaient annuellement100 millions d'euros (moitié Europe, moitié États-Unis) via près de 400 acheteurs. Vingt d'entre eux ont passé des centaines d'ordres.
- Premières estimations de gains : une économie globale d'au moins 5 %.
- La pénétration des logiciels d'Ariba ne va cesser de croître pour impliquer bientôt 1 500 e-acheteurs. Mais le but avoué d'Unilever est aujourd'hui de lier étroitement l'e-procurement à l'ERP. La réflexion la plus avancée en matière d'ERP est menée en Allemagne avec SAP, eSAP, la filiale de l'éditeur allemand étant partenaire privilégié de ce nouveau projet.

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