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Chez STMicroelectronics, l'écologie paye

Ridha Loukil

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Chez STMicroelectronics, l'écologie paye

Des arbres pour absorber les émissions de CO2 - Pour compenser ses propres émissions de CO2, STMicroelectronics plante des arbres. Objectif : devenir en 2010 neutre en matière d'émissions de gaz à effet de serre.

© D.R.

- Le fabricant de semi-conducteurs a su faire du respect de l'environnement un levier de compétitivité. À la clé, des gains financiers substantiels.

Coûteux, le respect de l'environnement ? Allons donc ! Chez STMicroelectronics, l'inverse a été démontré. Pour ce fabricant de semi-conducteurs, l'engagement en faveur de l'environnement rapporte gros. Georges Auguste, directeur de la qualité totale pour le groupe, estime que les gains réalisés jusqu'à présent grâce à cette démarche se chiffrent à plus d'un milliard de dollars ! « L'écologie est une chance pour doper notre performance économique. Nous sommes persuadés que le développement durable crée à long terme de la valeur pour nos clients, nos salariés et nos actionnaires. »

Lancé en 1995, le programme écologique de STMicroelectronics s'inscrit dans la politique de qualité totale menée par le groupe depuis 1990. Dès le début, son chef d'orchestre, Georges Auguste, se donne dix objectifs de résultat, formalisés par la publication d'un Décalogue de l'environnement. Sorte d'engagement vert en dix commandements, ce document est révisé en 2000 pour y inclure des objectifs en matière de sécurité et de santé.

Les économies générées par la réduction des consommations d'énergie, d'eau et de produits chimiques dépassent toutes les espérances. Entre 1994 et 1996, la baisse de la consommation par unité de production atteint 47 % pour l'énergie et 69 % pour l'eau. Soit une diminution moyenne de respectivement 5,3 % et 9 % par an, supérieure à l'objectif de 5 % fixé dans le fameux Décalogue. En 2006, cette action se traduit par une économie de 129 millions de dollars en énergie, 26 millions en eau et 82 millions en produits chimiques. Soit un total de 237 millions de dollars que la société aurait déboursé en plus en 2006 si la situation était restée la même qu'en 1994.

Le plus étonnant, c'est que ces gains ne découlent pas d'un effort titanesque. « Ils résultent, en grande partie, d'une multitude d'actions simples relevant souvent du bon sens, comme détecter et éliminer les fuites de fluides, régler au plus juste la température du chauffage et des fours, éviter de faire tourner les machines lorsqu'elles ne sont pas utilisées... », explique Georges Auguste. Pour le reste, ils proviennent de petits investissements comme le remplacement des pompes à eau par des pompes plus efficaces, la mise à niveau des condensateurs, l'installation de régulateurs de puissance ou encore la mise en place de systèmes de chauffage d'eau solaire. Autant de dépenses rentabilisées entre six mois et trois ans et demi.

Des économies tous azimuts

L'effort se porte sur tous les sites mondiaux. À l'usine de Shenzhen, en Chine, remplacer des sécheurs mécaniques par des sécheurs à absorption a généré une économie d'électricité de 149 000 dollars par an. Cet investissement de 175 000 dollars est amorti en quatorze mois. À l'usine d'assemblage d'Ain Sebaa, au Maroc, l'air comprimé représente 30 % de la consommation d'électricité. L'identification et l'élimination des fuites se traduisent par une baisse des besoins de production d'air comprimé de 1 500 m3/h. L'ancien compresseur de 3 600 m3/h a laissé la place à une machine plus petite de 2 100 m3/h. L'économie d'énergie s'élève à 130 000 dollars par an. Dans les usines de Rousset (Bouches-du-Rhône), Catane (Italie) et Ang Mo Kio (Singapour), les échangeurs thermiques bénéficient d'un système de décrassage en continu à l'aide de petites balles en caoutchouc introduites dans les tubes. Grâce à cette astuce, l'échange thermique s'améliore, générant ainsi une économie d'énergie de 6 à 15 GWh par an selon le site, soit la valeur de 500 000 à 1 million de dollars par an.

Après s'être penché sur les utilités, qui représentent 65 % de la consommation d'énergie, STMicroelectronics prévoit de traquer maintenant les économies dans le process en travaillant avec les fournisseurs d'équipements de production. Pour l'eau, le gisement d'économie est estimé à 30 % de la consommation actuelle.

Sur le front des émissions de gaz à effet de serre, Georges Auguste reconnaît un retard sur les objectifs. Elles ont baissé de 61 % par unité de production entre 1994 et 2006, mais elles ont continué à augmenter en valeur absolue. Ici, l'année 2006 marque un tournant : pour la première fois, les émissions se réduisent de 9,2 % à 1 927 kilotonnes de CO2. Elles sont dues pour 50 % à l'énergie consommée, à 40 % aux composés perfluorés (PFC) utilisés dans le process et à 10 % aux transports. L'amélioration obtenue résulte de la baisse de la consommation d'énergie, au recours à des énergies renouvelables, à la substitution aux PFC de gaz alternatifs et à l'installation de filtres de dépollution.

Environ 17 % de la consommation d'énergie provient aujourd'hui de sources non émettrices de CO2, dont une ferme éolienne de 10 MW à Opoul, près de Perpignan (Pyrénées-Orientales), des installations photovoltaïques de 145 kW à Phoenix (Arizona, États-Unis), Grenoble (Isère) et Genève (Suisse), et une centrale de cogénération de 50 MW à Catane, en Sicile. STMicroelectronics vise la neutralité en 2010 en compensant ses émissions par la séquestration d'une quantité équivalente de CO2 grâce à un ambitieux programme de reboisement.

Développer l'utilisation des produits verts

Près de 10 millions d'arbres ont été plantés sur 9 000 hectares en Australie, au Texas et au Maroc. Avantage : les résultats s'amplifient à mesure que les arbres grandissent ! Ainsi, la quantité de CO2 séquestré devrait passer de 81 000 kilotonnes en 2006 à 180 000 kilotonnes en 2007.

Autre axe fort : le développement de produits verts. Alors que la directive européenne RoHS limite à 1 000 ppm l'emploi de plomb, mercure, chrome hexavalent et retardateurs de flamme, et à 100 ppm celui du cadmium, STMicroelectronics s'impose un plafond de 5 ppm. Sauf pour l'emballage où le taux atteint les 100 ppm.

La société développe aussi des puces électroniques destinées à optimiser la consommation d'énergie dans des applications comme les téléviseurs, l'électroménager, les moteurs, les chargeurs de batteries ou l'éclairage. Ainsi, elle a introduit récemment des circuits de commande de diodes électroluminescentes à mise en repos automatique, susceptibles de générer jusqu'à 80 % d'économie d'énergie dans les applications d'éclairage, de signalisation et de transport par rapport aux solutions existantes. À fin 2006, STMicroelectronics avait livré 250 millions de circuits de gestion d'énergie qui génèrent une économie de 1 220 GWh d'électricité par an. -

L'ENTREPRISE

- Premier fabricant européen et cinquième mondial de semi-conducteurs - 50 000 personnes dans le monde - Près de 10 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2006 - 16 unités de R&D, 39 centres de conception et 17 sites de production dans le monde

LES DIX COMMANDEMENTS VERTS

1. Appliquer partout les réglementations du pays le plus sévère et se conformer aux protocoles internationaux au moins un an avant leur mise en application officielle. 2. Réduire d'au moins 5 %* par an les consommations d'énergie, d'eau et de produits chimiques. 3. Diminuer d'au moins 5 %* par an les émissions de CO2 liées au poste énergétique et de 10 % les émissions de composés perfluorés entre 1995 et 2008. 4. Réduire d'au moins 10 %* par an les émissions de composés organiques volatils, 5 %* par an les émissions acides, 5 %* par an les rejets dans l'eau de composés à base de phosphore et d'azote, et de 10 %* par an les rejets de métaux lourds. 5. Gérer les risques liés aux produits chimiques et éliminer les substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. 6. Réduire la production de déchets d'au moins 5 %* par an et en réutiliser ou en recycler au moins 95 %. 7. Favoriser le développement de produits améliorant l'efficacité énergétique des applications. 8. Promouvoir l'écologie auprès des employés, clients et fournisseurs. 9. Réduire d'au moins 10 % par an les accidents de travail et les maladies professionnelles. 10. Suivre les actions d'amélioration en réalisant périodiquement des audits et des comparaisons avec d'autres entreprises. (*) par unité de production

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