Nous suivre Industrie Techno

[CES Las Vegas] Derrière les innovations phares de Legrand, le succès d'une stratégie d'ouverture dans les objets connectés

MANUEL MORAGUES
Soyez le premier à réagir

Soyez le premier à réagir

[CES Las Vegas] Derrière les innovations phares de Legrand, le succès d'une stratégie d'ouverture dans les objets connectés

Grâce à son interopérabilité, ce tableau électrique peut par exemple être utilisé par un fournisseur d'énergie pour ses services d'optimisation.

© Legrand

Présent au Consumer Eletronics Show 2020 qui démarre le 7 janvier Las Vegas, Legrand mettra en avant deux produits primés. Un tableau électrique connecté et une serrure intelligente qui illustrent la stratégie d'ouverture qui a fait le succès de son programme Eliot dans les objets connectés.

Le Consumer Eletronics Show 2020 de Las Vegas ouvrira ses portes au public demain, mardi 7 janvier. Dans cette grande messe de la high-tech, le vénérable limougeaud Legrand se sent comme à la maison. Et pour cause : « la smart home et les objets connectés connexes sont pratiquement devenus un salon dans le salon», constate Jérôme Boissou, responsable d'Eliot, le programme du groupe pour les objets connectés.

Le stand de Legrand met en avant deux produits phares ayant décroché trois prix ou « CES Awards » : un tableau de distribution électrique connecté, « Drivia with Netatmo » et une serrure dite intelligente, « Smart door lock», commercialisée sous la marque Netatmo, nom de la start-up rachetée par le groupe en 2018.

Le tableau apporte des fonctions de pilotage devenues classiques pour l'éclairage et les volets roulants à des charges de forte puissance. Contacteur, délesteur, télérupteur, compteur, etc. sont actionnables par smartphone pour les véhicules électriques, les ballons d'eau chaude et les pompes de piscine par exemple. La serrure ajoute la possibilité d'une ouverture via bluetooth par un smartphone autorisé à l'usage d'une clé, similaire à l'objet traditionnel et qu'il faut introduire et tourner dans la serrure, mais fonctionnant par transmission NFC (Near Field Communication) et pouvant être révoquée en cas de perte.

Le succès du programme Eliot

Ces deux nouveaux produits s'ajoutent à au portfeuille du programme Eliot, qui connaît un succès spectaculaire selon Jérome Boissou. Lancé en 2015, ce programme visait à faire passer, à l'horizon 2020, de 20 à 40 le nombre de familles de produits connectés et à réaliser une croissance à deux chiffres des ventes d'objets connectés. « Nous avons atteint cet objectif bien en avance, dès fin 2018. La croissance moyenne sur 2015-2018 s'est établie à 28% par an et nous avons réalisé en 2018 635 millions d'euros de chiffres d'affaires dans les objets connectés. »

Et le responsable d'Eliot d'ajouter : « Nous avons nous-mêmes été surpris par cette dynamique et nous voulons l'amplifier : notre objectif est désormais de réaliser 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires dans les objets connectés d'ici à 2020. »

Participer à l'expérience de bout en bout sans l'opérer

Ce succès, c'est celui d'une stratégie d'innovation pionnière, analyse Jérôme Boissou. « Legrand a vite compris qu'il ne fallait pas se cantonner à la smart home.» Après avoir déterminé 4 grands thèmes, sécurité, confort-bien être, santé et d'assistance à l'autonomie, le groupe a dressé un constat clair : « Les utilisateurs ont des besoins dans ces domaines qui ne slimitent pas à leur domicile. Ils attendent des solutions qui les accompagnent tout au long de leur journée. » En face, les industriels doivent donc sortir de leurs silos. Un défi.

« C'est la première innovation : comment travailler avec de nombreux autres acteurs pour participer à l'expérience de bout en bout qu'attend le client ? » La réponse de Legrand est claire : « A nous d'apporter le produit qui va apporter le bon service, la bonne donnée, au bon moment. Charge à un tiers – Gafa, enseigne de bricolage ou autre – d'opérer l'expérience de bout en bout ».

L'impératif de l'interopérabilité

Pour modeste que ce positionnement puisse apparaître, il demande un changement en profondeur pour le limougeaud. « C'est innovant car cela nous impose d'être ouvert et interopérable, agnostique en matière de technologie. C'est complexe et c'est une mutation pour Legrand. » Le programme « Works with Legrand » est un ingrédient clé de cette transformation : « Il ne s'agit pas d'agréger des acteurs autour de nous mais de se rendre utilisable par d'autres en étant compatibles. Nous fournissons par exemple des API que plus de 1000 développeurs ont téléchargées.»

Cette posture se retrouve dans les deux produits phares de Legrand au CES. Non seulement le tableau de distribution Drivia bénéficie des mêmes fonctions de pilotage aisé, via l'app sur smartphone Home+control du groupe, que les autres produits connectés Legrand, mais il est en outre « compatible avec Alexa, Siri, Google Home, Somfy et potentiellement avec toute application développée par des opérateurs immobiliers, télécoms ou d'énergie ». Illustration de ce positionnement : « Engie va par exemple pouvoir utiliser le tableau pour récupérer, après accord du client, des données de consommation et les utiliser dans son service de conseil en énergie. Nous, nous ne cherchons pas à le faire.»

Au-delà de la seule connectivité

De la même manière, la serrure « Smart Door Lock » a beau ne pas être connectée au WiFi pour éviter tout risque de piratage à distance, « elle est néanmoins interopérable : agir sur la serrure génère une information transmise à notre app qui va pouvoir la transmettre à l'app Apple Home – car elle est compatible avec l'Apple Home kit –, pour déclencher par exemple un scénario d'allumage de la lumière de l'entrée et de désactivation de l'alarme suite au déverrouillage. L'interopérabilité, ce n'est pas que la connexion au réseau.» Pour Legrand, c'est en tout cas la clé du succès dans les objets connectés.


 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Tribune] Le jumeau numérique est au cœur de l’usine 4.0

[Tribune] Le jumeau numérique est au cœur de l’usine 4.0

Grâce à des capteurs posés sur les machines physiques et à des outils de lachine learning et d’IA, les industriels[…]

[Dossier IA] l'outil derrière le buzz de l'intelligence artificielle

[Dossier IA] l'outil derrière le buzz de l'intelligence artificielle

Snake, le ransomware qui attaque l'usine

Snake, le ransomware qui attaque l'usine

#BuildforCOVID19 : l’OMS lance un hackathon express en ligne pour lutter contre la pandémie

#BuildforCOVID19 : l’OMS lance un hackathon express en ligne pour lutter contre la pandémie

Plus d'articles