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Ces étudiants qui s'offrent deux titres d'ingénieurs

FLORENCE MARTINACHE redaction@industrie-technologies.com

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Compléter un diplôme d'ingénieur français par un second, étranger, est une pratique connue. Obtenir deux titres d'ingénieurs en France l'est moins. Pourtant autant d'étudiants font le choix du double diplôme franco-français que de l'international. Une stratégie qui se révèle autant un atout à l'embauche qu'un moyen de donner une nouvelle orientation à son projet professionnel.

Math sup, math spé, les concours puis trois ans d'école, le tout à quarante heures de cours hebdomadaires. Le chemin est éprouvant avant l'obtention d'un diplôme d'ingénieur. Malgré tout, 7,1 % des ingénieurs de l'Hexagone décident d'en avoir deux, dans deux écoles françaises différentes, d'après les résultats de l'étude annuelle du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF) publiée en juin 2010. Une situation moins connue et pourtant plus répandue que le double diplôme obtenu à l'étranger (6,6 %). Plusieurs voies existent pour la conquête d'un tel sésame. Les plus faciles à emprunter sont celles offertes par les accords entre établissements diplômant. Les écoles du pôle ParisTech, par exemple, ont des partenariats de ce type, notamment entre elles. Ainsi, Arts et métiers ParisTech donne à ses étudiants la possibilité d'acquérir des double diplômes avec Supélec, l'École navale, l'Institut national des sciences et techniques du nucléaire (INSTN), l'ESTP (travaux publics) ; des accords avec AgroParisTech et l'IFP School sont en phase de signature. Le nombre de places par école varie de cinq à quinze par an. C'est peu relativement aux 1 050 étudiants que comprend chaque promotion.

Pour valoriser sa candidature à l'embauche

Une sélection s'impose : un jury examine les dossiers déposés. Il regarde la motivation de l'étudiant, mais surtout son classement dans la promotion. AgroParisTech, au contraire, s'intéresse davantage à la motivation et à la cohérence du projet professionnel de l'étudiant qu'à ses résultats.

Pouvoir inscrire deux titres d'ingénieur sur le CV est attrayant : « Ça m'a aidé à valoriser ma candidature à l'embauche, à la fois pour la double expertise et pour la capacité d'adaptation que cela démontre », explique Benoît Liégey, titulaire d'un double diplôme Chimie ParisTech-AgroParisTech. Le revers de la médaille est l'allongement de la scolarité. « L'idée est séduisante mais pas forcément facile à mettre en oeuvre », analyse Anne Rameau, directrice des études du cursus agronome à AgroParisTech. Opter pour le double diplôme ajoute au minimum un an au cursus, mais le jeu peut en valoir la chandelle. L'expertise qu'apporte une année supplémentaire à l'ESTP permet à la plupart des étudiants concernés d'être recrutés directement au forum organisé chaque année par les Arts et Métiers, lieu de rencontres entre étudiants et industriels.

Le plus souvent, le double diplôme d'ingénieur est ainsi l'occasion d'acquérir des compétences dans un domaine particulier. En l'absence d'accords préétablis entre établissements, une initiative personnelle de l'étudiant suffit. Des diplômes de spécialisation reconnus par la Commission des titres d'ingénieur existent pour répondre à ses attentes. « Peu d'établissements peuvent délivrer ce titre. Le plus reconnu est sans doute celui de l'IFP School », précise Jacques Gelas, délégué aux affaires internationales de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (Cdefi).

Cette école, dont les domaines d'excellence sont l'énergie et la motorisation, recrute 350 ingénieurs diplômés en provenance d'une cinquantaine d'autres écoles françaises par an. La formation qu'elle assure dure 16 mois. « On fait la médiation entre les candidats et les entreprises, on sait quels sont les profils recherchés et on favorise la rencontre », explique Jean-Luc Karnik, directeur de l'IFP School. Là aussi, la stratégie s'avère payante puisque 99 % des étudiants sont placés dès l'obtention du diplôme.

Le cas de l'X

X-Ponts, X-Mines... qu'est-ce que ça veut dire au juste ? À l'École polytechnique, les étudiants ont la possibilité de faire leur quatrième année dans l'une des 16 écoles partenaires de l'établissement, dites « d'application ». Parmi elles, Mines ParisTech, Ponts et Chaussée, Centrale Paris, l'Ensta ou encore l'IFP School. La durée de cette spécialisation est en général de 18 mois. Environ 150 étudiants (sur chaque promotion de 500) empruntent cette voie. L'échange n'est pas réciproque : Polytechnique ouvre uniquement ses portes à un ou deux étudiants des Arts et métiers en fin de cursus chaque année.

DOUBLE DIPLÔME

26 % des ingénieurs français possèdent un diplôme en complément de leur cursus d'ingénieur.

« On n'est pas coincé dans son école »

HÉLÈNE SCHERNBERG ACTUAIRE DANS UN CABINET DE CONSEIL

Entrée à AgroParisTech en 2006, j'ai enchaîné avec deux années à l'Ensae, à partir de 2008. Je m'y suis spécialisée en actuariat, les mathématiques des assurances. Depuis six mois, je travaille dans un cabinet de conseil. Une mauvaise orientation au départ est à l'origine de ce revirement. Ce n'est qu'une fois en prépa bio que je me suis rendu compte que je préférais les maths, et de loin. Les partenariats entre écoles débouchant sur un double diplôme autorisent ces erreurs de jeunesse et offrent l'opportunité de redresser la barre. Dans le monde de l'assurance mon passage par l'agro intrigue. Lors de mes entretiens d'embauche, les personnes que je rencontrais cherchaient toujours à comprendre. Toutes ont commenté l'originalité de ce parcours qui avait suscité leur intérêt.

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