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CES 2016 : un aéronef personnel sans chauffeur... Vraiment ?

CES 2016 : un aéronef personnel sans chauffeur... Vraiment ?

© Ehang

A l’occasion du CES de Las Vegas, une entreprise chinoise a levé le voile sur le Ehang 184, un drone à taille humaine, capable de transporter un passager sur de moyennes distances de manière totalement autonome. Objectif de l’entreprise ? Déployer une flotte de véhicules aériens sans chauffeur. Séduisant, le projet soulève toutefois une batterie de questions concernant sa faisabilité. 

L’année 2015 a particulièrement été marquée par les avancées en matière de véhicules autonomes terrestres. 2016 sera-t-elle l’année de l’essor des véhicules sans chauffeur… aériens ? C’est en tout cas la conviction de l’entreprise chinoise EHang, spécialisée dans la fabrication de drones. A l’occasion du CES 2016 de Las Vegas, le salon incontournable de l’électronique grand public, l’entreprise basée à Guangzhou a dévoilé un quadricoptère électrique autonome : le Ehang 184. Sa spécificité ? Il est assez grand pour accueillir un passager à bord. L’entreprise chinoise, qui s’est notamment fait connaître grâce au Ghost Drone, le présente comme le premier véhicule personnel aérien autonome.

Le Ehang 184, qui pèse environ 200 kg, est dédié aux vols de moyenne distance. Il serait, en effet, capable de voler 23 minutes. Le passager, lui, n’a pas besoin de prendre les commandes et doit uniquement entrer son adresse de destination. D’après le constructeur, le drone est capable de décoller automatiquement, de voler en évitant seul les obstacles et d’atterrir. En cas de problème, un expert pourrait reprendre les commandes à distance.

L’entreprise prévoit de commercialiser les premières unités dès cette année en Chine dans une fourchette de prix comprise entre 200 000 et 300 000 dollars. Outre la Chine, Ehang table sur un déploiement aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande et dans quelques pays européens. Interviewé par le Financial Times, Shang Hsiao, cofondateur de la start-up, a confié qu’il souhaitait, à terme, déployer une flotte de drones autonomes de manière à ce que les particuliers puissent réserver un Ehang 184 à la demande, comme le permet aujourd’hui l’application Uber avec les VTC. Objectif : résoudre les problèmes de congestion des grandes mégalopoles.

Réalité ou science-fiction ?

Séduisant, le projet soulève toutefois une batterie de questions concernant sa faisabilité. D’abord, aucune démonstration n’a été réalisée au CES, l’engin n’ayant pas encore été approuvé par l’Agence fédérale de l’aviation (FAA). La firme assure que des essais concluants ont déjà été effectués en Chine, mais dans la vidéo de démonstration (voir ci-dessous), le drone effectue des vols sans passager à bord. La société chinoise devra donc surmonter de nombreux écueils en termes de régulation mais également au niveau technologique : Comment est-il possible de reprendre les commandes de l’engin à distance ? Qu’en est-il des risques de piratage ? Comment l’engin communique-t-il avec les autres appareils aériens ? A quelle altitude est-il capable de voler ?

 

Sanjiv Singh, professeur à l’Institut de robotique de l’université Carnegie-Mellon (Pittsburg) planche sur un projet similaire en partenariat avec l’US Navy via sa start-up Near Earth Autonomy. Interrogé par le magazine The Verge, il émet également une série de doutes. Sur un appareil aussi léger, un simple changement de température de l'air pourrait directement affecter la stabilité du vol. Par ailleurs, même si le drone est doté des dernières technologies en matière de vision par ordinateur et de navigation autonome pour éviter de petits obstacles comme des lignes électriques, difficile de croire qu’il pourra, dans des délais aussi brefs, suivre un trajet de manière totalement autonome. « Avec les aéroports, vous avez des itinéraires qui ont été fixés, ce qui permet d’être sûr que les couloirs aériens et les zones de décollage et d’atterrissage sont disponibles », explique-t-il. Pour que ces nouveaux engins puissent circuler librement, des dispositifs et infrastructures similaires devront être déployés. Plutôt qu’un produit, mieux vaut donc considérer le Ehang 184 comme un "concept drone", qui préfigure ce à quoi pourrait ressembler le futur du transport dans un avenir plus ou moins lointain... 

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