Nous suivre Industrie Techno

Centre de Robotique de Mines ParisTech : du laboratoire aux start-up

Juliette Raynal
Centre de Robotique de Mines ParisTech : du laboratoire aux start-up

Ce prototype de système mobile de cartographie est équipé de capteurs de perception 3D (Lidar, caméra), et de localisation (une centrale inertielle extrêmement précise, un GPS et un odomètre). Les travaux autour de ce projet ont donné naissance à la start-up Terra3D.

© Juliette Raynal pour Industrie & Technologies

Situé à deux pas du jardin du Luxembourg, le Centre de robotique de Mines ParisTech (Caor) met l'accent sur le transfert de technologies. Plusieurs logiciels développés au sein du laboratoire sont aujourd'hui exploités par des entreprises, mais le Caor est aussi une fabrique à start-up. Environ une jeune pousse naît chaque année des recherches menées au sein du centre.

« La marque du laboratoire c’est : prendre un problème pratique, abstraire ce problème et le restreindre pour développer des modèles mathématiques robustes, puis revenir à la pratique et valoriser ces travaux », expose Arnaud de la Fortelle, directeur du Centre de robotique de Mines ParisTech (Caor).

Une marque en trois étapes

Fondé en 2005, ce laboratoire compte une cinquantaine de collaborateurs, dont vingt permanents. Ses travaux s’articulent autour de six thématiques : les théories du contrôle, la réalité virtuelle et les interactions homme machine, la logistique urbaine, la modélisation en 3D de l’environnement, la robotique mobile et enfin la perception et l’apprentissage automatique.

« Le laboratoire a trois missions : l’enseignement, la publication académique et l’innovation, c’est-à-dire les transferts de nos travaux » résume Arnaud de la Fortelle. Respectant la « marque » du laboratoire, la recherche académique est donc systématiquement intégrée dans un démonstrateur, puis transférée vers l’industrie, notamment dans les start-up.

Une start-up créée chaque année

C’est le cas, par exemple, de la start-up EOS Innovation. Récemment rachetée par Parrot, la jeune pousse s’est spécialisée dans les robots de surveillance. Son modèle phare E-vigilante, fonctionne avec la technologie CoreSlam, initialement développée pour le projet Corebot, un petit robot mobile capable de reconnaître son environnement et d’y évoluer grâce à des algorithmes Slam qui offrent une localisation et une cartographie simultanées.

Mais le transfert au centre de robotique ne se limite pas à la vente de licences. Le laboratoire est lui-même une mine de start-up. « Grosso modo, le laboratoire c’est une création de start-up par an », estime son directeur. Parmi elles, Yogoko. Fondée en juin 2014 par Thierry Ernst et Emmanuel Thierry. La jeune pousse conçoit et déploie des solutions de communications innovantes. Sa technologie repose sur des protocoles standard pour connecter les véhicules à d’autres véhicules, mais aussi au cloud et aux infrastructures.

Une techno pour se débarrasser des feux rouges

Autre exemple, avec la start-up Terra3D, issues de travaux menés autour du projet L3D2, un prototype de système mobile de cartographie. Encore stationné dans la cour du laboratoire, le véhicule est équipé de capteurs de perception 3D (lidar, caméra), et de localisation (une centrale inertielle extrêmement précise, un GPS et un odomètre). « Un véhicule comme celui-ci permet de cartographier environ 180 km par jour, contre 100 mètres par jour pour un géomètre », assure Arnaud de la Fortelle. Lancée il y a un an, la spin-off du laboratoire emploie actuellement quatre chercheurs de l’école. Deux applications sont développées en priorité : les enquêtes de stationnement et l’aide à la visualisation pour chasse-neige.

Actuellement, le directeur du centre de robotique concentre ses travaux sur les problématiques de coopération des véhicules autonomes. Ses équipes ont développé un modèle mathématique qui repose sur une classe d’homotopie. « A terme, l’idée est de pouvoir se débarrasser des feux tricolores et d’obtenir une circulation fluide. Cette théorie peut également intéresser les entrepôts, les mines ou les usines, pour éviter toute collision et accroitre les rendements », estime Arnaud de la Fortelle. Prochaines étapes ? Tester ce modèle mathématique sur un démonstrateur et parvenir à transférer les résultats vers le monde industriel, chez une start-up... ou pourquoi pas dans un grand groupe !

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

A Lyon, Stanley Robotics déploie ses robots voituriers sur le parking de l'aéroport

A Lyon, Stanley Robotics déploie ses robots voituriers sur le parking de l'aéroport

Pour répondre au besoin croissant de places de parking, Aéroports de Lyon et Vinci Airports ont déployé jeudi 14 mars[…]

Mobilité hydrogène, mini-usine médicale, composites thermoplastiques… les innovations qui (re)donnent le sourire

Mobilité hydrogène, mini-usine médicale, composites thermoplastiques… les innovations qui (re)donnent le sourire

[Vidéo] Un préhenseur en origami fait le vide pour saisir des objets

[Vidéo] Un préhenseur en origami fait le vide pour saisir des objets

Crew Dragon, satellites OneWeb, robot fourmi… les meilleures innovations de la semaine

Crew Dragon, satellites OneWeb, robot fourmi… les meilleures innovations de la semaine

Plus d'articles