Nous suivre Industrie Techno

Centrale Nantes s’immerge dans la réalité virtuelle

Jean-François Preveraud
Centrale Nantes s’immerge dans la réalité virtuelle

La salle de réalité virtuelle de l'Ecole Centrale de Nantes.

© DR

L’école d’ingénieurs s’équipe d’une salle immersive dotée d’outils de revue de projets en réalité virtuelle. Elle servira à la fois à la formation des élèves des écoles d’ingénieurs et des universités de la région, ainsi qu’à des collaborations avec des industriels locaux.

L'École Centrale de Nantes et l’AIP-Primeca (Ateliers Inter-établissements de Productique - Pôles de Ressources Informatiques pour la MECAnique) ont présenté jeudi dernier, 10 décembre, une salle immersive et sa plate-forme de revue de projet en réalité virtuelle implantées sur le campus de l’école d’ingénieurs.

« Les élèves-ingénieurs, les professeurs et les chercheurs, de même que les industriels peuvent désormais partager de nouvelles connaissances grâce à cette salle immersive », estime Emilie Poirson, maître de conférences à l'École Centrale de Nantes, et porteuse du projet. « Ils peuvent aussi initier de nouveaux projets communs avec la technologie 3D et les tester dans des conditions qui reproduisent parfaitement l'environnement réel », note quant à lui Damien Chablat, chargé de recherche à l’Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes (IRCCyN) et contribuant aux enseignements de réalité virtuelle de l'École Centrale de Nantes.

En plus de L’Ecole Centrale de Nantes qui héberge l'infrastructure, les autres institutions affiliées au réseau AIP-Primeca Pays de La Loire profitent de cette innovation pédagogique : Arts et Métiers ParisTech Angers et l'Université de Nantes, en particulier l'IUT de Nantes.

Des équipements de pointe sont utilisables dans cette salle immersive, destinée à tester dans des conditions réelles, par exemple, des produits et procédés pour l’industrie automobiles ou bien encore des projets de fin d'étude appliqués à la maintenance aéronautique.

Les utilisateurs auront ainsi à leur disposition :
 

  • de la vision stéréoscopique en 3D avec rétro- projection sur écran de 3 mètres de diagonale ;
  • un bras haptique 6 D qui reproduit exactement le mouvement de l’avant bras humain et son interaction avec l’environnement virtuel, grâce à des retours d'efforts (seulement 15 exemplaires de ce type existent en France dans les plus grands groupes industriels) ;
  • un scanner numérique 3D avec lequel on numérise une pièce en 3D, non seulement sa géométrie, mais également sa couleur, sa texture (grain, forme...).

 

Des apports pour l'enseignement et la recherche

Les avantages de tels équipement pour l'enseignement sont nombreux. Selon Fabrice Brau, assistant ingénieur au Département Ingénierie des Produits et Systèmes Industriels (IPSI) de l'École Centrale de Nantes et à l’IRCCyN : « l’aménagement d'un espace immersif visuel, haptique (toucher, préhension) et sonore facilite la présentation des maquettes 3D et l'évaluation d'usage des prototypes virtuels. Les environnements immersifs intègrent de nouveaux concepts d'interaction entre l'utilisateur et le produit que les élèves-ingénieurs, les étudiants en Masters et les doctorants acquièrent au cours de leur formation ou de leurs recherches et qu'ils valoriseront ensuite dans le milieu industriel ».

L'apport d'une salle immersive profite également à la recherche. Les problématiques scientifiques traitées sont variées : robotique ; traitement et synthèse d'images et du son ; modélisation physique ; ergonomie… Il est possible de répondre à toutes sortes de problématiques industrielles particulières où la réalité virtuelle est bien adaptée : simulateur de conduite ; aménagements virtuels d'environnements intérieurs…

Un premier investissement de 300 000 €

Dans sa première phase qui vient d’être présentée, cette infrastructure a bénéficié d'un financement à hauteur de 300 000 € réparti entre l'École Centrale de Nantes, AIP- Primeca et Nantes Métropole.

La seconde phase de ce projet, qui va débuter prochainement, portera sur l’intégration de systèmes de capture de mouvements (suivi des mains, de la tête ou du corps entier). Ces systèmes s’imposent pour manipuler des objets dans le monde virtuel. Ils apportent également des possibilités de synchronisation entre la position du corps et les points de vue projetés sur l’écran stéréoscopique rétro-projeté. Ces nouvelles possibilités devraient donner des ouvertures encore plus importantes en termes d’interaction homme/monde virtuel, exploitables pour la formation, la recherche et les acteurs du monde socio-économique.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.ec-nantes.fr

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

[Innover contre le virus] Le supercalcul à l’assaut du Covid-19

[Innover contre le virus] Le supercalcul à l’assaut du Covid-19

Pendant l'été, Industrie & Technologies revient sur plusieurs mois de mobilisation des industriels et des chercheurs pour faire[…]

Hydrogène vert, souveraineté du cloud et Lab Robotique, le best of de la semaine

Hydrogène vert, souveraineté du cloud et Lab Robotique, le best of de la semaine

« Que Bpifrance choisisse AWS quand le président de la République réclame la souveraineté numérique, ce n'est pas acceptable ! », assène Frans Imbert Vier (Ubcom)

« Que Bpifrance choisisse AWS quand le président de la République réclame la souveraineté numérique, ce n'est pas acceptable ! », assène Frans Imbert Vier (Ubcom)

Michel Morvan, président de Cosmo Tech : l'amoureux de la complexité

Interview

Michel Morvan, président de Cosmo Tech : l'amoureux de la complexité

Plus d'articles