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Captage de CO2 : « un déploiement autour de 2020 »

Thomas Blosseville

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Captage de CO2 : « un déploiement autour de 2020 »

Gilles Munier, directeur général de Geogreen : Sans stockage efficace, le captage du CO2 sera inutile…

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Gilles Munier est directeur général de Geogreen, l’ingénieriste spécialisé dans le captage-stockage de CO2. Supposés atténuer les émissions des centrales thermiques, ces procédés restent balbutiants. Gilles Munier fixe la feuille de route avant un vrai déploiement industriel.

Comment garantir le bénéfice environnemental du captage/stockage de CO2 ?

Gilles Munier :
Il faut comptabiliser le CO2 capté sur les centrales, mais aussi les émissions dues à la consommation d’énergie pour capter, transporter et injecter le CO2. Sur la chaîne complète, on parlera d’un bon bilan si 80 % du CO2 est piégé. Sans pilote à l’échelle semi-industrielle, difficile pour l’instant de tirer des conclusions. Il faut absolument des projets de l’ordre de 500 000 tonnes de CO2 capté par an. L’Europe devrait en lancer une dizaine d’ici à 2015 ou 2020. Les premiers d’ici un an.


Quand peut-on espérer les premiers retours d’expérience ?

GM :
Les dates de mise sur le marché seront échelonnées suivant la maturité des technologies. Les premiers procédés, à base de solvant amine, devraient voir le jour vers 2015. On imagine un vrai déploiement industriel autour de 2020. Les procédés de deuxième génération devraient alors être plus efficaces. Les technologies cryogénique ou à membrane par exemple. Mais pour passer au stade industriel, le modèle économique doit aussi être bouclé. L’enjeu n’est pas seulement technologique. Il est réglementaire. Une législation est nécessaire pour accroître la pression sur les émissions de CO2.


Sans stockage, le captage du CO2 sera inutile…

GM : L’injection de gaz dans des roches se pratique déjà couramment dans les industries pétrolière et gazière. Les technologies sont matures. Pour le stockage de CO2, la principale inconnue reste la gestion à long terme. Après injection, le principe est de ne jamais oublier le site ! On pourra toujours forer des puits pour surveiller les couches surplombant le réservoir, bénéficier d’images satellitaires… Mais il faut aussi réaliser des essais pour calibrer les outils de simulation. L’autre axe de travail porte sur la connaissance des aquifères profonds.


A quoi ressemble un réservoir de stockage idéal ?

GM : La roche doit avoir une bonne porosité. L’eau présente doit être impropre à la consommation, parce qu’elle est salée par exemple. Le réservoir doit être surmonté d’une couverture rocheuse imperméable, sans faille, ni risque sismique. A long terme, l’idée est d’avoir un piégeage permanent du CO2 par des transformations chimiques.

Propos recueillis par Thomas Blosseville
 

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