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Cap sur les télés ultra plates

Ridha Loukil

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La télévision s'offre une nouvelle cure de minceur avec le passage à des écrans plats encore plus plats. Ces postes ultraminces arrivent déjà sur le marché.

Après avoir troqué les vieux écrans à tube cathodique contre des écrans plats, la télévision poursuit sa quête de minceur avec le passage à des écrans ultraplats. Les premiers postes de ce type arrivent au Japon. Le 32 pouces d'Hitachi affiche une épaisseur de 35 mm, deux à trois fois moins que les produits traditionnels. Sony va plus loin avec un 11 pouces épais de seulement 3 mm !

Cette nouvelle cure de minceur vise à améliorer l'esthétique, favoriser l'intégration dans des environnements exigus, et surtout étendre aux très grandes tailles la possibilité d'accrocher le téléviseur au mur comme un tableau.

Deux nouvelles technologies d'affichage sont en lice : celle des écrans électroluminescents organiques (Oled pour Organic Light Emitting Diode) et celle des écrans à effet de champ (FED pour Field Emission Display). Elles ont, en commun, d'émettre leur propre lumière - caractéristique qui explique en grande partie leur extraordinaire minceur - contrairement aux écrans LCD qui, eux, nécessitent un système de rétroéclairage. Toutes les deux améliorent également la qualité d'affichage tout en réduisant la consommation d'énergie de plus de 40 % par rapport à la technologie LCD.

Déjà de nombreux prototypes

Considérés comme les successeurs des écrans LCD actuels, les écrans Oled constituent la technologie la plus mature. Le premier produit est lancé en 1999 par Pioneer en noir et blanc sur ses autoradios. Malgré des développements intenses avec des prototypes atteignant 40 pouces chez Samsung ou Seiko Epson, cette technologie se cantonnait jusqu'ici à des afficheurs de petite taille équipant téléphones mobiles, baladeurs ou PC de poche. Sony la fait entrer dans la télévision avec un 11 pouces de 3 mm d'épaisseur. Un produit anecdotique par sa taille et son prix (environ 1 300 euros). Le développement du matériau organique électroluminescent a été mené avec le pétrolier japonais Idemitsu. L'écran est produit sur les lignes de fabrication de petits afficheurs LCD de ST-LCD, une société commune avec Toyota Industries. Un prototype de 27 pouces de diagonale et 9 mm d'épaisseur existe chez Sony. Sa commercialisation pourrait intervenir en 2009.

Sony n'est pas seul à miser sur la technologie Oled. Toshiba, qui dispose d'un prototype de 21 pouces, est également sur les rangs avec l'objectif de commercialiser en 2009 un téléviseur de 32 pouces. Panasonic compte en faire de même. Les deux groupes développent ensemble cette technologie au sein de TMD Technology, leur société commune dans les petits écrans LCD. Samsung prévoit un poste de 42 pouces en 2010.

La durée de vie est déterminante

Mais, outre son coût, la technologie Oled demeure handicapée par une durée de vie limitée jusqu'ici entre 10 000 et 15 000 heures. Une faiblesse qui explique son cantonnement à des produits à cycle de vie court comme les terminaux portables. Sony semble surmonter le problème en obtenant 30 000 heures, le minimum réclamé par la télévision. Ce résultat reste tout de même deux à trois fois inférieur au chiffre affiché aujourd'hui par les écrans LCD ou plasma. Mais la recherche progresse très vite, puisque Seiko Epson annonce avoir atteint 50 000 heures.

La technologie FED ne connaît pas ce problème. Le prototype de 19,2 pouces présenté par Field Emission Technologies, une société issue de Sony, promet une durée de vie de 100 000 heures. Ce téléviseur à micropointes, une variante développée aussi par Futaba au Japon, affiche une épaisseur de seulement 9 mm. Des produits de 24 et 26 pouces sont prévus d'ici à 2009 avec la même épaisseur. Le marché visé est, dans un premier temps, celui des moniteurs professionnels pour des applications pointues, comme le médical, la simulation ou les arts graphiques, restées fidèles au tube cathodique. Field Emission Technologies affirme éviter le marquage et les pixels morts en associant à chaque micropixel 10 000 micropointes.

La variante SED, développée par Canon, a fait couler beaucoup d'encre. Elle devait être industrialisée avec Toshiba pour des écrans de 50 pouces et plus. Mais, devant les problèmes de coût et de propriété intellectuelle, le projet semble aujourd'hui enterré.

Reste la prometteuse variante aux nanotubes. Elle est en développement au Leti, le laboratoire d'électronique du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ainsi que chez Mitsubishi, Motorola ou l'américain Applied Nanotech. Ce dernier dispose du plus grand écran de ce type, un prototype de 25 pouces.

Les technologies d'affichage établies n'ont toutefois pas dit leur dernier mot. Pour Sharp, le meilleur candidat à la succession des écrans LCD actuels reste... la technologie LCD. Il le démontre avec un téléviseur prototype de 52 pouces de diagonale et 20 mm d'épaisseur. Un point de vue partagé par Hitachi qui a présenté un prototype LCD de 32 pouces aussi fin. Ces deux produits sont attendus sur le marché pour le printemps 2009. Hitachi ouvre déjà le bal avec un 32 pouces intermédiaire de 35 mm d'épaisseur. Son offre s'étendra en 2008 à des postes de 37 et 42 pouces aussi plats. JVC compte lui emboîter le pas avec un 42 pouces épais de 37 mm. LG.Philips LCD a sorti un module LCD mince (panneau LCD avec son système de rétroéclairage) de 42 pouces. Avec une épaisseur de 19,8 mm, il est 40 % plus fin et 10 % plus léger qu'un module LCD traditionnel de même taille. Intégré dans un téléviseur, il fournit un poste de moins de 4 cm d'épaisseur. LG, Philips et Toshiba, trois des principaux clients de la société, devraient en bénéficier. Enfin, AU Optronics, le premier fabricant taïwanais d'écrans LCD, s'inscrit dans ce mouvement avec des modules de 32, 37 et 42 pouces de 20 mm d'épaisseur, au lieu de 32,5 mm jusqu'ici. Leur commercialisation est prévue en 2008.

La palme pour un écran de 1 mm d'épaisseur

Pas d'innovation technologique majeure derrière cette cure de minceur des LCD. Elle est simplement obtenue en optimisant l'encombrant système de rétroéclairage traditionnel. Sharp et Hitachi vont plus loin en reportant aussi l'électronique, habituellement placée derrière le panneau, vers le socle de l'écran. En passant au rétroéclairage à diodes électroluminescentes, Sharp, pour qui la technologie LCD n'a aujourd'hui atteint que 60 % de son potentiel, bat Sony avec son prototype de 12,1 pouces, dont l'épaisseur mesure seulement 2,88 mm.

Le plasma, 20 ans plus jeune que la technologie LCD, offre un potentiel de progrès encore plus grand. Le prototype de 43 pouces dévoilé au Japon par Shinoda Plasma, une société issue des laboratoires de recherche de Fujitsu, le démontre. Il détient la palme de la minceur avec une épaisseur de 1 mm et affiche un poids plume de 800 g. Flexible, il se découpe à façon pour réaliser, par assemblage, des panneaux géants atteignant 2 x 3 m. La commercialisation devrait débuter en 2008.

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