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Calcul quantique : Les grands industriels font leurs gammes dans la programmation

Kevin Poireault

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Calcul quantique : Les grands industriels font leurs gammes dans la programmation

La Quantum learning machine d'Atos est utilisée par plusieurs grands industriels pour développer et tester leurs programmes quantiques. Elle peut simuler jusqu'à 40 qubits.

© Atos

Attirés par la puissance promise par le calcul quantique, de grands industriels comme Total, EDF, Airbus et Lockheed Martin fourbissent leurs algorithmes pour en tirer profit. Et les testent sur toutes les machines disponibles.

La course au quantique se joue aussi du côté des utilisateurs. Face à l’accélération des développements de puces quantiques, certains industriels se plongent dans la programmation quantique. Et pour cause : avec le ralentissement de la loi de Moore, s’emparer de la puissance de calcul promise par les machines quantiques devient un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises gourmandes en calcul intensif.

Les premières à s’y intéresser, comme Lockheed Martin, se sont tournées dès le début des années 2010 vers D-Wave. Malgré les controverses sur la nature quantique de son processeur, le pionnier canadien a séduit de nombreux industriels, qui ont multiplié les preuves de concept. « Après avoir utilisé notre machine pour tester l’optimisation de ses véhicules [ses 10 000 taxis qui circulent à Pékin, ndlr], Volkswagen cherche maintenant à optimiser la programmation de la peinture de ses véhicules », affirme Alan Baratz, le PDG de D-Wave. Les résultats sont au rendez-vous, assure-t-il : « Le constructeur est parvenu à réduire de 80 % ses déchets et envisage une mise en production. » Si le processeur analogique du canadien est particulièrement adapté aux problèmes d’optimisation, il est plus limité que les calculateurs quantiques numériques, à portes universelles, développés par les autres acteurs du hardware quantique. À commencer par IBM, dont les calculateurs quantiques supraconducteurs sont explorés par Daimler, JPMorgan Chase, Barclays ou Samsung. S’y est ajouté plus récemment Honeywell, qui a rallié Merck et DHL à sa puce à ions piégés.

Des applications pour les matériaux, les véhicules électriques…

En France, les premiers utilisateurs du calcul quantique sont sans conteste EDF, Total et Airbus, qui se sont chacun dotés d’une force opérationnelle dédiée. Chez EDF, tout a commencé fin 2018, quand une équipe d’une dizaine de personnes s’est constituée autour de Stéphane Tanguy, le responsable de la R & D. « Avec l’objectif d’acquérir une expertise en interne d’ici à quatre ans », précise Marc Porcheron, qui copilote le projet. Début 2020, l’équipe a recruté trois doctorants, pour trois ans. L’un travaille sur « l’amélioration de la simulation physique des matériaux pour étudier leur vieillissement », les deux autres sur des problèmes d’optimisation combinatoire, difficiles à résoudre sur des ordinateurs classiques, comme les études probabilistes de sûreté des centrales nucléaires ou, dans la gestion de l’énergie,[…]

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