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Calcul : Comsol l’éditeur qui fait une croissance double de celle du marché

Jean-François Preveraud
Calcul : Comsol l’éditeur qui fait une croissance double de celle du marché

Simulation des contraintes thermiques sur une aube de stator de réacteur à l'aide de Comsol Multiphysics.

© DR

Lors de leur récente conférence utilisateurs, j’ai rencontré Svante Littmarck et Farhad Saeidi, les deux fondateurs de Comsol, l’éditeur d’outils de calcul qui monte.

S’il est bien un éditeur qui est discret dans le domaine du calcul et de la simulation, c’est Comsol. C’est pourquoi j’ai tenu à rencontrer ses dirigeants lors de sa récente conférence des utilisateurs européens, qui a été marquée par l’annonce de la version 4.1 de la suite Comsol Multiphysics.

Comsol a été créé en juillet 1986 à Stockholm, en Suède, par Svante Littmarck, qui est toujours à la tête du groupe et PDG de la filiale américaine, et par Farhad Saeidi qui est PDG de l’entité suédoise. Chacun possédant encore 45 % des parts de la société, les 10 % restant étant entre les mains d’une quarantaine de managers de la société. Depuis la société a ouvert des filiales en Allemagne, au Danemark, aux Etats-Unis, en Finlande, en France, en Inde, en Italie, en Norvège, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Les dirigeants de Comsol estiment leur base installée aux alentours de 15 000 licences pour environ 50 000 utilisateurs. La société, qui emploie 200 personnes à travers le monde, dont 15 en France, réalise une chiffre d’affaires de l’ordre de 30 millions d’Euros en croissance de 25 % en 2010, avec un bénéfice de l’ordre de 9 M€. La vente directe de licences représente environ 90 % des revenus.

Rester fidèles à nos racines

Une croissance que les dirigeants de Comsol entendent maintenir de manière organique : « Même si c’est plus lent qu’une croissance par acquisitions, c’est beaucoup plus sûr. De même nous n’avons pas l’intention de changer de métier en nous lançant, par exemple comme certains de nos concurrents, dans les services d’ingénierie autour de nos produits. Nous ne voulons pas être concurrents de nos clients. Et de plus c’est beaucoup moins rentable que le métier d’éditeur car il faut beaucoup de personnel ».

L’Europe représente environ 53 % des revenus, l’Amérique du Nord 39 % et l’Asie 8 %. « Mais c’est cette partie du monde qui a actuellement le plus forte croissance, notamment en Chine et en Inde où le nombre d’ingénieurs qui arrivent sur le marché chaque année est colossal. Nous pensons que cette partie du monde va très rapidement représenter 15 à 20 % de nos revenus, peut-être même dès cette année ».

En termes d’utilisation du logiciel qui fait la part belle au multi-physique, c’est l’analyse structurelle qui reste en tête du palmarès. « C’est facile à comprendre. Il y a beaucoup plus d’ingénieurs mécaniciens que d’aérodynamiciens ou de thermiciens. Il est donc normal que l’analyse structurelle représente la plus grosse part, mais de plus en plus souvent elle est couplée à l’analyse d’autres phénomènes physiques intervenant simultanément dans les projets de nos clients. C’est ce qui explique le succès grandissant des solutions multi-physique telle que la notre », explique Svante Littmarck.

Cloud Computing et GreenTech

Concernant la disponibilité en ligne de l’offre Comsol, la réponse est claire : « Nous voudrions pouvoir proposer nos outils en ligne, mais ils sont beaucoup trop volumineux du fait notamment de nos bibliothèques de modèles. Mais nous travaillons sur le sujet et restons très attentifs aux évolutions dans ce domaine, notamment autour du Cloud Computing ».

Autre sujet d’actualité, les GreenTech qui sont très motrices chez nombre d’éditeurs. « Effectivement les industriels sont très attentifs à la réduction de la consommation énergétique de leurs produits, mais cela demande beaucoup de calcul, ce qui est bon pour nous. Par contre, les modèles mathématiques sur lesquels ils peuvent s’appuyer restent souvent à affiner, voire encore à inventer, ce qui va augmenter le temps nécessaire à leur démocratisation ».

« Par contre, toujours dans ce domaine des technologies vertes, nous proposons déjà des modèles et des outils de calcul autour des batteries et des piles à combustibles, qui rencontrent un grand succès, notamment dans les grands comptes ».

L’ogre PLM

L’absorption d’un certain nombre d’éditeurs de calcul par les géants du PLM ne fait pas peur à Svante Littmarck : « Notre plus gros concurrent reste Ansys qui est très présent sur le marché, tandis que l’on voit moins Abaqus depuis qu’il est dans le giron de Dassault Systèmes. Les éditeurs du PLM ne sont pas sur le même rythme que les éditeurs du calcul. C’est ce qu’ils ont un peu de mal à intégrer ».

Enfin, si l’on interroge Svante Littmarck sur les points faibles de son offre, la réponse est claire : « Nous devons encore progresser dans le domaine des interfaces avec les outils de CAO et, tout comme nos concurrents, être capables de mieux intégrer le parallel computing. Nous y travaillons ».

Comsol a aussi une stratégie marketing originale qui passe par l’envoi massif de CD de démonstration. Comsol entend ainsi établir 150 000 nouveaux contacts commerciaux en 2011. Un objectif qui, bien qu’élevé, semble atteignable, puisque 110 000 contacts ont ainsi été établis en 2010. Reste à savoir combien pourront être convertis en clients. « Tous … avec le temps », conclut en riant Svante Littmarck.

De quoi maintenir une croissance qui est le double de celle du marché.

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.comsol.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 29 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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