Nous suivre Industrie Techno

C919 roll-out : ‘‘l’A320 chinois’’ fait son apparition

Guillaume Lecompte-Boinet
C919 roll-out : ‘‘l’A320 chinois’’ fait son apparition

Le C919 lors du Roll-Out à Shanghai

© Comac

Le C919 développé par l’entreprise d’Etat chinoise Comac a effectué sa première sortie le 2 novembre près de l’aéroport de Pudong, à Shanghai. Ce nouvel appareil présente quelques innovations technologiques, au travers de ses moteurs Leap, de ses commandes de vol et de son avionique.

Celui qu’on présente comme le futur concurrent de l’A320 d’Airbus et du 737 de Boeing, le C919 développé par l’entreprise d’Etat chinoise Comac, va pouvoir entamer sa campagne d’essais en vol. En effet, le premier exemplaire de cet avion monocouloir de 150-180 places a fait son ‘‘roll-out’’ de l’usine flambante neuve située près des pistes de l’aéroport international de Shanghai. La Chine a fait de cet avion son porte étendard pour entrer dans le sérail des quelques pays capables de développer et d’industrialiser un avion de ligne moderne.

La principale innovation apportée par le C919 réside dans ses moteurs Leap 1-C fabriqués par CFMI (la joint venture à 50-50 de Safran-GE), qui consommeront 15 % de moins que les CFM56 actuels, équipant les A320 et les B737. Le Leap intègre les dernières innovations technologiques de Safran et GE, avec notamment un fan et un carter en composite tissé 3D en RTM (Resin Transfer Molding), un procédé qui est utilisé pour la première fois dans l’aviation commerciale, et qui permet de réduire la masse de chaque réacteur de 250 kilos, donc les émissions globales de l’appareil. Par ailleurs, le Leap bénéficie de nouveaux matériaux comme le composite à matrice céramique (CMC) pour certaines parties chaudes du moteur, la turbine haute pression. Plus léger, le CMC encaisse des températures plus élevées de plusieurs centaines de degrés par rapport aux alliages métalliques alu-nickel utilisés jusqu’à présent, ce qui permet aussi de réduire les émissions de CO2. De même, le Leap utilise du titane-aluminide dans la turbine basse pression, un matériau deux fois plus léger. Sans oublier une chambre de combustion utilisant le principe de la combustion ‘‘pauvre’’ permettant de rejeter 60 % d’oxydes d’azote (NOx) en moins par rapport au CFM56 actuel.

Avionique numérique

Le C919 apporte aussi quelques avancées dans l’avionique de cockpit, fournie par Smiths, une filiale de GE, et qui est modulaire. Les quatre grands écrans – au lieu de six dans un A320 – peuvent traiter plusieurs fonctions à la fois. Les pilotes peuvent ainsi passer d’une fonction à une autre de façon très simple. Par ailleurs, l’avion chinois est doté de commandes de vol électriques dernière génération fournies par Honeywell qui devraient offrir plus de souplesse aux pilotes, et plus de confort aux passagers pour traverser les turbulences.

Concernant les matériaux composites, les dirigeants de Comac sont restés très discrets sur leur part exacte. Elle avoisinerait 15 % de la structure, et serait logée principalement dans la dérive arrière et certaines parties mobiles des ailes. En revanche, les ingénieurs ont renoncé à développer une voilure tout composite comme c’était prévu à l’origine.

Il faut dire que le projet C919 a pris plus de trois ans de retard, la Comac ayant mis du temps à se roder dans la maîtrise du logiciel Catia qui a servi à concevoir la maquette numérique de l’avion. Le C919, qui a déjà été vendu à un peu plus de 500 exemplaires, devrait effectuer son premier vol courant 2016, et vise une certification vers 2018. Mais de l’avis des partenaires industriels du programme, la mise en service n’interviendra pas avant 2019, voire 2020. Il sera alors en concurrence frontale avec l’A320neo, une version remotorisée avec justement le Leap et qui a déjà été vendu à plus de 4 300 exemplaires.

Guillaume Lecompte-Boinet

Pour en savoir plus : http://english.comac.cc/

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Flying Whales : un dirigeable pour transporter les charges lourdes

Flying Whales : un dirigeable pour transporter les charges lourdes

Le ballon dirigeable LCA60T de Flying Whales a terminé fin janvier 2019 sa première campagne d’essais dans la soufflerie lilloise[…]

19/02/2019 | TransportONERA
Bateau météo, supercalculateur, fibre optique spatiale… les innovations qui (re)donnent le sourire

Bateau météo, supercalculateur, fibre optique spatiale… les innovations qui (re)donnent le sourire

IMT Mines Alès veut accélérer l'innovation à Toulouse et ailleurs

IMT Mines Alès veut accélérer l'innovation à Toulouse et ailleurs

Cybersécurité, laboratoire de robotique, éolienne… les meilleures innovations de la semaine

Cybersécurité, laboratoire de robotique, éolienne… les meilleures innovations de la semaine

Plus d'articles