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Brevets, la mine d'or du CNRS

Thibaut De Jaegher

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Brevets, la mine d'or du CNRS

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L’agence de recherche française est l’un des tous premiers détenteurs de brevets en France. Il met à disposition des entreprises et des entrepreneurs une mine riche de plus de 40 000 technologies.

Les chiffres sont énormes. 40 000 brevets en portefeuille, répartis dans 3 600 familles de brevets, avec un rythme de dépôts de 300 demandes par an... Le CNRS est loin, très loin de laisser dormir ses bonnes idées au fond de ses laboratoires. Piloté par le dynamique Marc Ledoux, la direction de la politique industrielle, génère ainsi chaque année 60 millions d'euros de revenus en licence. « Et j'ai deux block-busters en devenir dans mon portefeuille », sourit ce chercheur reconnu, spécialiste de la chimie.

Pas de voiture électrique sans le CNRS ! 80 % des brevets mondiaux autour du Lithium sont détenus par le CNRS, selon Marc Ledoux. Avec l'engouement actuel autour des batteries à base de ce métal, cette propriété industrielle vaut potentiellement de l'or... Elle a pourtant failli disparaître, il y a dix ans, lorsque l'engouement pour les voitures écologiques n'était pas aussi fort qu’aujourd’hui…
Alors qu'il n'était que 4 % des chercheurs à déclarer un brevet en 2000, ils sont désormais 12,7 %. « Un changement radical des mentalités s'est opéré, confie Marc Ledoux. Désormais dans l'évaluation du travail du chercheur, un brevet vaut autant, voire plus, qu'une publication ».
 
Le CNRS, qui n'hésite pas à défendre à la barre du tribunal sa propriété industrielle, utiliser aussi cette matière pour entreprendre... avec l'aide de managers aguerris. Selon son propre pointage, l''agence française est l'origine de la création de 450 entreprises depuis 1999, dont 83 % exerce toujours leur activité. « Nous en trouvons tous les jours de nouvelles, car aucune base n'existait jusqu'à notre travail de collecte », confie Marc Ledoux.
 
Reste que si les chiffres s'améliorent, le CNRS est encore inaccessible aux PME. Trop gros, trop confus pour être clairement perçu par ces petites entités. Mais là-aussi, Marc Ledoux a une réponse. Il a entamé une tournée en région pour présenter son portefeuille de compétences à ces futurs partenaires. Il a d'ailleurs développé une banque pour répondre rapidement aux demandes qui lui parviennent. Aujourd'hui, les laboratoires du CNRS signent en moyenne, chaque année, 2 contrats avec un grand groupe par an pour un seul avec une PME. Bien mais peut mieux faire.
 
Thibaut De Jaegher
 

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