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Branchez vos produits sur internet : "embarquer internet, c'est simple!"

Des solutions plus ou moins intégrées apparaissent sur le marché. Dans la plupart des cas, la technique la plus simple revient à ajouter au produit une puce et des logiciels de communication Internet.

Le réfrigérateur Screenfridge d'eHome et le compteur électrique IEC de Metertech intègrent, chacun à sa façon, Internet. Dans un cas, c'est un véritable PC qui a été enfoui dans le produit, avec un grand écran LCD en couleurs et un navigateur Web. L'appareil ménager offre ainsi l'ensemble des fonctions d'un micro-ordinateur multimédia. Mais son prix aura augmenté de plusieurs centaines de dollars. Dans l'autre cas, Internet reste invisible et se réduit à une puce électronique de moins de vingt dollars.

Entre ces deux extrêmes, la société eDevice, spécialisée dans l'Internet embarqué, préconise une solution intermédiaire basée sur la technologie Wap (Wireless Application Protocol) celle-là même qui sévit au coeur des téléphones mobiles. Un petit afficheur à cristaux liquides, un micronavigateur Wap comme celui proposé par Phone.com, Nokia, Ericsson ou Sybase, et le tour est joué.

Le micronavigateur recueille l'information sur le Web et la présente dans un format adapté à l'écran. " C'est une alternative simple et bon marché pour qu'un produit donne accès à des services Internet ", estime Marc Berribi, PDG d'eDevice. Les applications Internet sont en effet pensées, dans la plupart des cas, pour être accessibles par un ordinateur doté d'un logiciel de navigation standard.

Dès lors que l'on souhaite adresser des plates-formes d'ergonomies différentes (PDA, terminaux mobiles, téléphones, etc.), les services et les contenus Internet doivent pouvoir faire abstraction de certaines contraintes (type d'écran, de clavier, etc.).

Ainsi, l'environnement de développement Movie d'Ubicco autorise-t-il le déploiement de solutions Internet sans avoir à se préoccuper des capacités propres à chaque interface. Pour la grande majorité des produits, un Internet léger et invisible suffit. Dans ce cas, l'intégration se résume à la réunion de quatre briques : une interface de connexion physique aux réseaux de transmission, les protocoles de communication de l'Internet (téléchargement de données, messagerie électronique, contrôle à distance, serveur web), la ou les fonctions de communication utilisées et l'application propre au produit. La mise en oeuvre diffère selon le niveau d'intégration souhaité.

A l'aide d'un serveur configuré HTML ou XML

L'intérêt de connecter un équipement à Internet est de pouvoir l'interroger ou le reconfigurer à distance en profitant d'un réseau étendu et de protocoles de transmission standard. " Pour récupérer des informations situées sur un équipement via Internet, un serveur Web doit être embarqué à cet équipement.

Lorsqu'un poste client (extérieur) fait une requête au serveur via Internet, ce dernier les recherche et les lui envoie ", indique Patrick Chatelet, vice-président d'Alstom Technology. Dans les cas les plus simples, le serveur Web ne dispose que de pages HTML préconfigurées. Il se contente alors de mettre à jour les données dans ces pages figées.

" Si l'on souhaite accéder à d'autres types d'informations et pouvoir consulter des pages personnalisées, il est nécessaire d'ajouter de manière simple des contenus applicatifs. De plus, le protocole HTML n'autorise pas l'exploitation des informations qu'il véhicule ", explique Alain Ducos, responsable des grands comptes chez Emation. Qui ajoute : " Pour pouvoir traiter les données elles doivent être transmises au format XML. Qu'elles soient envoyées en XML ou en HTML, les données sont les mêmes mais elles sont servies à des cibles distinctes par des protocoles distincts. " Ainsi, les informations concernant la consommation d'un groupe électrogène, destinées à un système chargé de la facturation, seront générées en XML.

Certains équipements peuvent se contenter d'accéder au Web comme simple client. Une borne de vente de billets, par exemple, dotée d'un système de navigation, interrogera via Internet un serveur central pour obtenir le prix des billets. " Mais, le plus souvent, les machines reliées à Internet se doivent d'être "client/serveur".

En mode serveur, leur contrôle, leur configuration et leurs mises à jour logicielles peuvent s'effectuer par le Web ", remarque Cédric Nicolas, directeur général d'Ubicco. Doté d'un serveur de messagerie, un équipement en panne alertera le service de maintenance par l'envoi d'un message électronique prédéfini. " Celui-ci comportera, par exemple, des renseignements sur l'équipement mis en cause et indiquera le type de panne relevé. Un technicien de maintenance pourra alors via le serveur Web embarqué se connecter à cet équipement afin d'obtenir des renseignements complémentaires. S'il est nécessaire de changer une pièce, il ne se rendra sur place que s'il dispose du composant incriminé. Ce qui évite des déplacements inutiles ", observe Patrick Chatelet d'Alstom Technology. L'intégration d'un serveur Web n'exige pas d'importantes ressources matérielles.

Dès lors que l'équipement est doté d'un contrôleur et d'une certaine capacité mémoire pour son propre fonctionnement, les couches de communication TCP/IP et les logiciels Internet spécifiques peuvent être téléchargés. " En version de base un moteur HTTP occupe 25 Ko et la couche de communication (Stack TCP/IP) 60 Ko. Il suffit que le logiciel soit compilable dans le langage du contrôleur et que celui-ci soit capable de gérer des logiciels de cette taille ", indique Patrick Chatelet. Ce type de logiciel ne réclame pas de puissant processeur. Toutefois, le temps de traitement dépendra de ses performances.

Relié par n'importe quel média grâce au TCP/IP

Pour héberger un serveur Web et des outils de communication Internet, l'équipement ne doit pas forcément disposer d'un système d'exploitation (OS pour Operating System). Mais s'il possède un OS pour son propre fonctionnement, le serveur Web va l'utiliser. " L'OS gère les ressources en logiciels et matériels disponibles. Il pourra donc affecter de la mémoire ou déclencher un appel sur un modem ", souligne Alain Ducos d'eMation. Mais la liaison téléphonique n'est pas le seul moyen d'accès à Internet.

Dès lors que l'équipement intègre une couche de communication TCP/IP, il pourra être relié au réseau Internet par n'importe quel média. " Le protocole TCP/IP est en effet indépendant du support de communication. Les informations peuvent transiter par un réseau de téléphonie mobile, un réseau de téléphonie filaire, un réseau local Ethernet ou même par satellite ", note Bernard Greiner, responsable marketing chez eMation.

Pour embarquer toutes les fonctionnalités de communication Internet à un équipement, l'entreprise conceptrice peut, bien sûr, tout développer en interne de A à Z sous forme de logiciel implanté dans un microcontrôleur, un DSP (processeur numérique de signal) ou un Asic, sorte de puce taillée sur mesure. " Mais cette démarche n'est pas sans risque. Outre le coût, elle demande jusqu'à deux ans de délais ", prévient Stéphane Schinazi, directeur technique eDevice.

Toutes les briques sont disponibles

Pour les entreprises qui ne disposent pas de compétences en ce domaine, les principales briques existent sur le marché sous forme de logiciels ou de composants. Les modems de connexion au réseau téléphonique sont proposés par Conexant, Lucent ou Motorola. Et les briques Internet (protocole TCP/IP et fonctions de communication) sont disponibles sous forme de logiciels chez des grands comme IBM, HP ou Sun, et des spécialistes comme eMation, Embedded System, emWare, Integrated Systems ou Precise Software. Elles existent également sous forme de composant comme la puce iChip de l'israélien Connect One.

Avec sa solution SmartSCM, Connexant combine la fonction iChip et un modem téléphonique sur un seul composant vendu à 22,50 dollars pour 10 000 pièces. eDevice offre le niveau ultime d'intégration en programmant l'ensemble des briques sur une puce DSP d'Analog Devices. " Il suffit de lui associer un composant d'interface de ligne et une mémoire flash pour disposer d'une solution complète d'Internet embarqué. La mémoire, qui sert à stocker le programme d'application lors de chaque démarrage, n'est pas nécessaire si le produit en contient déjà une ", explique Stéphane Schinazi. Cette solution revient à 18,50 dollars pour un volume de 10 000 pièces.

On peut limiter l'impact d'Internet sur le produit en reportant l'essentiel des fonctions sur une passerelle comme le propose l'américain emWare ou le canadien eStar. Cette solution est intéressante lorsque tout un parc d'appareils identiques converge vers un même point de communication, un central de gestion par exemple.

L'Internet embarqué n'est pas réservé aux seuls nouveaux produits. Un appareil existant peut également en bénéficier ; il suffit de le raccorder à un boîtier prévu cet effet. Cette solution existe pour 100 à 150 dollars.

MARC-LIONEL GATTO, DG DU CABINET MLG CONSULTING
Cinq règles d'or à respecter

- Évitez le navigateur de façon à rendre Internet transparent pour l'utilisateur. La connexion doit être spontanée et l'accès au service immédiat, sans passer par la souris ou le clavier.

- Inutile de transposer au produit toute les fonctions dont un micro-ordinateur dispose. Faites le tri dans les services Internet et ne retenez que ceux qui sont utiles au produit.

- Faites appel à une technologie bon marché, au profit de l'ergonomie du produit. La plupart des applications se contentent d'un petit moteur Internet mais nécessitent une interface utilisateur particulièrement soignée.

- Considérez les enjeux de la relation client et de la chaîne logistique. La connexion du produit sur Internet fournit au fabricant l'occasion de mieux connaître ses clients.

- Redéfinissez le rôle des distributeurs. N'utilisez pas le Net pour les faire disparaître de la chaîne reliant le constructeur aux clients. Au contraire, associez-les au projet d'intégration d'Internet.

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