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BPA : l’Inserm estime que l’impact sur la reproduction doit être évalué

BPA : l’Inserm estime que l’impact sur la reproduction doit être évalué

La croisade contre les biberons en plastique intégrant du bisphénol A est en bonne voie. Reste les autres utilisations.

© DR

Il faut étudier les effets éventuels du bisphénol A (BPA) sur la reproduction humaine, estime l'Inserm dans une expertise reposant sur une analyse des principaux travaux de recherche sur le sujet.

Il faut évaluer les effets éventuels du bisphénol A (BPA) sur la reproduction humaine, en ne se limitant pas à la seule exposition liée à l’alimentation, plaide l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans une expertise publiée aujourd'hui jeudi 03 juin.

A la demande de la direction générale de la santé, l’Inserm a prié un groupe d’épidémiologistes, de toxicologues, de chimistes, d’endocrinologues, de biologistes spécialistes de la reproduction, du développement et de la génétique moléculaire de dresser l’état des lieux des connaissances concernant l’impact sur la reproduction du BPA.

Utilisé notamment pour la synthèse des résines epoxy, qui revêtent la majorité des boîtes de conserve et certaines canettes pour éviter que leur contenu n’attaque le métal, ce composé chimique sert également, sous forme polymérisée, à fabriquer des bonbonnes et biberons en plastique, certains plastiques alimentaires et divers objets de la vie courante. Etudié dans les années 1930 pour sa capacité à mimer l’action des hormones sexuelles féminines, il avait finalement été relégué au profit de molécules plus actives avant de réapparaître avec le développement des plastiques.

Forts de l’analyse de 300 articles scientifiques, les experts sollicités par l’Inserm ont estimé insuffisantes les données sur le niveau d’exposition et l’impact éventuel du BPA chez l’Homme. Reste que plusieurs résultats de recherche sur les animaux constituent des signaux préoccupants. Bien que les deux principales études de toxicité menées chez le rat et la souris n’aient pas mis en évidence d’effets significatifs sur la reproduction, d’autres travaux ont prouvé la capacité du BPA à franchir la barrière du placenta et à atteindre le fœtus, ce qui ne permet pas d’exclure des effets sur l’appareil reproducteur ou, à plus long terme, sur le comportement sexuel. Certaines études suggèrent par ailleurs un lien entre exposition au BPA et survenue de cancer, relèvent les experts. Quant au niveau d’exposition réel de la population, il reste trop mal connu, estiment-ils.

Le rapport complet de l’Inserm sur le lien entre BPA et reproduction est consultable sur le site de l’Institut. Il s’inscrit dans une expertise collective évaluant plus généralement les effets d’un certain nombre de substances chimiques sur la reproduction et qui sera publiée à l’automne 2010. Une sélection des principaux travaux et avis de spécialistes sur le BPA est par ailleurs disponible sur le site d’Industrie et Technologies.

Muriel de Vericourt

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