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Biométrie : Biodigital détecte les fausses empreintes

Biométrie : Biodigital détecte les fausses empreintes

Internet security

Afin de contrer les faussaires, des chercheurs de Télécom SudParis ont mis au point une technologie permettant de relever notre empreinte digitale interne. Leur prototype, baptisé BioDigital, s'appuie sur la tomographie par cohérence optique.

Que ce soit pour sécuriser son ordinateur, son smartphone, ou encore pour améliorer la gestion des flux dans les aéroports, les outils de biométrie exploitant les empreintes digitales se démocratisent. Mais ils ne sont pas sans faille. Et les techniques de fraude se multiplient au gré des innovations technologiques. L’impression 3D facilite notamment la reproduction d’empreinte sur des leurres en silicone par exemple. Afin de lutter contre l’usurpation d’identité, une équipe de recherche de Télécom SudParis développe depuis cinq ans un lecteur biométrique d’un genre particulier. 

A la différence des capteurs de contacts vendus dans le commerce, qui ne photographient que la surface externe de la peau, leur prototype, baptisé Biodigital, permet également de collecter des informations biologiques en profondeur. Soit la matrice de notre empreinte externe, située de 300 à 500 microns sous la surface de la peau, celle qui permet d’en régénérer le motif si nous nous abimons les doigts. « Les structures de ces deux empreintes, interne et externe, sont très similaires. Une fois qu’on les a relevées, il suffit de les comparer pour s’assurer qu’elles appartiennent bien à la même personne et que nous ne sommes pas face à un leurre », indique Yaneck Gottesman.

Une image 3D haute résolution

Pour capter cette empreinte en profondeur, les chercheurs s’appuient sur la tomographie par cohérence optique. Basée sur un principe similaire à celui utilisé en imagerie ultrason, cette technologie projette, via un laser, des ondes lumineuses sur la pulpe du doigt. C’est la façon dont se diffusent, couche par couche, les photons qui permet de faire ressortir des signaux bruts qui serviront ensuite à reconstruire une image 3D haute résolution de l’empreinte interne. « Aujourd’hui, nous pénétrons à 2 millimètres sous la peau. Mais le défi, c’est d’obtenir une image de bonne qualité. Car plus on va en profondeur, plus celle-ci se détériore. Or, le leurre, en rajoutant une couche supplémentaire, peut diminuer les performances du capteur… », souligne Yaneck Gottesman. 

La technologie est-elle fiable ? « Nous n’avons pas encore assez de recul, mais reproduire de façon synthétique un leurre sur une épaisseur aussi minime et avec de tels détails, cela paraît infaisable aujourd’hui, même avec des technologies de pointe. On hausse donc déjà significativement le niveau de difficulté pour un faussaire de reproduire nos empreintes », note le chercheur. Afin de renforcer encore la sûreté du procédé, le lecteur Biodigital permet également d’enregistrer, en plus des empreintes interne et externe, la position des canaux de sudation, situés entre elles. « Le but est vraiment, avec le lecteur, de repérer des structures biologiques difficiles à reproduire humainement. Or, reconstituer ces canaux, qui présentent une structure particulière, aux positions attendues, relèverait d’un véritable tour de force », expose Yaneck Gottesman. Le dispositif, aujourd’hui développé avec la société Idemia, fait actuellement l’objet d’un brevet.

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