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Biomatériaux, le bestiaire d'IT

Muriel de Véricourt
Biomatériaux, le bestiaire d'IT

© D.R.

Les biomatériaux ne sont pas tous des plastiques issus de matière première végétale ! Le monde animal est également riche de ressources susceptibles d’être valorisées dans l’industrie. Vous avez aimé l’herbier d’IT dans votre magazine (n°915) ? Vous devriez apprécier la ménagerie que voici.






Duvet de canard nappé de plumes, avec une pincée de laine de mouton : est-ce un plat exotique et raffiné ? Pas du tout ! Il s’agit de la composition d’un isolant breveté pour le bâtiment. Les plumes ont en effet une capacité à emprisonner une très importante quantité d’air et à réguler l’humidité, précise Isoa, le groupe qui commercialise ce produit. L’industriel propose également un isolant composé à 80 % de laine de mouton. Ces produits se positionnent comme des alternatives aux laines minérales, plus naturels mais aussi plus confortables à la pose (car moins irritants pour la peau et les voies respiratoires).



La recherche de produits naturels explique aussi le retour en grâce des peintures à l’ancienne, intégrant une protéine présente dans le lait, la caséine. Autre dérivé des protéines du lait : un ancêtre du plastique obtenu par précipitation, la galatite ou « pierre de lait », utilisée dès le 19e siècle, notamment pour réaliser des boutons. Aujourd’hui, les scientifiques travaillent à l’invention de nouveaux matériaux issus de matière première d’origine animale. Le Dr Johan Verbeek, de l’Université de Waikato, en Nouvelle-Zélande, a ainsi développé un procédé destiné à…transformer du sang en plastique, pour valoriser ce co-produit de la production de viande. La start-up Novatein a été créée dans le but de commercialiser ce matériau d’ici cinq ans, notamment pour des applications dans le domaine de l’emballage.

Autre polymère phare du monde animal : la chitine, présente dans la carapace des crustacés et la cuticule des insectes. A partir de l’un de ses dérivés, le chitosane, l’équipe du laboratoire Ingénierie des matériaux polymères (IMP), à l’Université de Lyon 1, a créé un hydrogel qui peut être utilisé comme matériau de base sur lequel cultiver des cellules (bioréacteur), comme système de délivrance de médicaments ou encore comme implant.



La fabrication de prothèses et implants fait en effet souvent partie des débouchés envisagés pour les biomatériaux. C’est notamment le cas pour le fil d’araignée, biocompatible, objet de multiples recherches visant à mettre à profit (ou à copier) sa résistance à toute épreuve   


Pour en savoir plus :
- Visitez le site de la société Isoa et celui de la gamme Batiplum et consultez l’avis technique du CSTB sur l’isolant à base de plumes de canard et de laine de mouton pour l’isolation des murs.
- Découvrez le site de la société Novatein
- Visitez le site de Luc Averous, professeur à l’Université de Strasbourg et spécialiste des biomatériaux.

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