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BiocoRe produira des biocarburants et des polymères de 2e génération

Jean-François Preveraud
BiocoRe produira des biocarburants et des polymères de 2e génération

© DR

L’Inra a profité du Salon de l’Agriculture pour présenter le projet européen BiocoRe qu’il coordonne. Il s’agit de développer une bio-raffinerie pour la transformation de la biomasse en biocarburants et polymères de 2e génération.

Face aux menaces de changements climatiques et de la dépendance excessive à l’égard du pétrole, l’Europe doit diversifier ses ressources énergétiques et en carbone renouvelable. A ce titre, la biomasse est intéressante, car c’est une ressource naturelle qui peut répondre à la fois aux deux besoins, en fournissant la matière nécessaire à la production de biocarburants de 2e génération et aussi de molécules de synthèse, de polymères et de matériaux. Il s’agit notamment d’utiliser des sous-produits et des déchets agricoles ou encore des plantes qui ne servent pas à l’alimentation humaine.

Le projet européen BiocoRe (BIOCOmmodity REfinery), coordonné par l’INRA, vise à concevoir et à analyser la faisabilité industrielle d’une bio-raffinerie permettant de convertir les résidus agricoles et forestiers en biocarburants de 2e génération, bio-éthanol, ainsi qu’en molécules chimiques de synthèse qui serviront pour la fabrication de polymères thermoplastiques (PVC, polyoléfines, polyuréthanes, polyesters). « BiocoRe couvrira ainsi une palette de polymères qui représentent plus de 70 % du marché mondial de ces produits utilisés dans l’industrie textile, l’emballage, la construction, les peintures, etc. », explique Michael O’Donohue, directeur de recherche à l’INRA et coordinateur du projet.

Une approche originale

Le projet BiocoRe fait preuve d’un certain nombre d’originalités. Pour surmonter des difficultés liées au fractionnement de la biomasse, il fait appel à une variante de la technologie dite Organosolv développée par la société CIMV. Cette technologie brevetée permet l’extraction optimale des trois composants principaux de la biomasse (cellulose, hémicelluloses et lignines) et ouvre ainsi la possibilité de valoriser l’ensemble de la matière première.

Une seconde originalité qui découle de l’emploi de cette technologie concerne la polyvalence au regard de la matière première utilisée. BiocoRe développera le concept d’une bio-raffinerie multi-ressources qui utilisera à la fois des résidus de grandes cultures (pailles), des résidus forestiers et aussi le bois des taillis à courte rotation.

Une source de carbone pour la chimie

Mais dans BiocoRe, la biomasse n’est pas uniquement valorisée sous forme de ressource énergétique. Elle est également considérée comme une source de carbone utilisable dans la synthèse de molécules chimiques et comme substitut au carbone utilisé en pétrochimie. Le projet a donc aussi pour ambition de répondre aux futurs besoins en produits carbonés, notamment par la production d’oléfines et d’acides organiques qui seront destinés à l’élaboration de plastiques.

Concernant les oléfines, BiocoRe a pour objectif de développer des voies de bio-production originales, avec des systèmes microbiens capables de produire d’une part de l’éthylène et d’autre part du propan-2-ol (précurseur du propylène). Par ailleurs, BiocoRe relèvera le défi de l’intégration des biotechnologies et de la chimie en expérimentant à une échelle de pilote industriel la production du bio-PVC à partir de la cellulose.

Un projet de 20 millions d’euros

BiocoRe rassemblera pendant 4 ans, 23 partenaires européens et 1 partenaire indien : dix entreprises dont cinq PME, une ONG et 13 universités ou organismes de recherche publics spécialisés. Le projet, dont le budget total s’élève à 20,3 millions d’euros, recevra un financement de l’Union Européenne de 13,9 millions d’euros dans le cadre du 7e PCRD (Programme Cadre de Recherche et développement).

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : michael.odonohue@insa-toulouse.fr
 

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