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Bernard Larrouturou engage une «réforme de fond» du CNRS

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Le président du CNRS vient de présenter un plan d’action volontariste pour l’organisme de recherche public. Une petite révolution se prépare.

En pleine fronde des chercheurs, et quelques jours seulement après que Les Echos aient révélé le contenu très critique d’un rapport d’audit sur le CNRS, Bernard Larrouturou, son directeur général depuis 7 mois, et Gérard Mégie, son président passent à l’action. Ils ont présenté mercredi 10 mars, leur plan  pour l’organisme public. Un plan ambitieux, qui doit encore être longuement débattu d’ici à la décision que prendra le conseil d’administration au mois de juin prochain.

Le plan n’est pas «révolutionnaire». Il ne remet pas fondamentalement en cause ni le rôle du CNRS, ni celui de ses personnels. Il n’en constitue pas moins une évolution très profonde de l’organisme. Une petite révolution ou, une «réforme de fond», comme le qualifie Bernard Larrouturou.

Pour commencer, il dépasse largement le cadre du seul CNRS. L’un des points forts consiste en effet à  proposer de  donner aux Universités plus d’autonomie et des moyens accrus. «Ce sujet est essentiel et urgent. Nous considérons que trop peu de progrès ont été faits sur le chemin [du développement des universités] au cours des dernières années» souligne le directeur général.

Corollaire à celui-là, le second axe fort de ce plan est la redéfinition de la  mission  du CNRS : « Le CNRS doit être d’abord et avant tout un établissement de recherche, producteur de résultats, propriétaire d’inventions et de technologies.» Ce véritable recentrage à pour but de mettre fin au saupoudrage des moyens.

En clair, cette affirmation du rôle prépondérant de la recherche signifie que les deux autres missions qui lui incombent aujourd’hui, passent au second plan. Ainsi, Bernard Larrouturou affirme : «Nous ne pouvons plus avoir pour mission de piloter la recherche nationale. Nous n’en en avons plus les moyens alors que ces 20 dernières années nous sommes resté à taille constante et que celle des universités à doublé.' Fini, donc le CNRS comme «agence de moyens».

Bernard Larrouturou aimerait aussi voir l’organisme prendre un peu de champ par rapport au rôle d’«agence de labels» qui est le sien. «Pratiquement tout laboratoire de recherche a pour objectif d’obtenir le ‘label CNRS’, ce qui vaut ‘reconnaissance de la qualité de ses recherches’ et ‘droit à obtenir des moyens humains et financiers du CNRS’ .» Là aussi, il juge que le CNRS n’en a plus les moyens.

Autre évolution majeure, celle du «CNRS bis», autrement dit le Comité national de la recherche scientifique. Ce comité est l’objet de toutes les critiques puisque, composé aux deux tiers de membres élus par le CNRS, il est chargé… d’évaluer les recherches du CNRS. Là Bernard Larrouturou indique clairement sa volonté de voir la répartition membres élus/membres nommés passer à 50/50 et celle de le voir s’ouvrir à des étrangers et aux entreprises. «Je ne remets pas en cause les évaluations du Comité, mais nous ne pouvons conserver un système qui laisse place au doute. Nous devons passer aux standards internationaux.»

Mieux, pour les responsables du CNRS, ce nouveau comité ne devrait plus se contenter d’évaluer le seul CNRS. La tâche d’évaluer les travaux des universités, des labos des écoles et autres, lui incomberait également.

Pour faire court, on se contentera d’énumérer les autres grandes évolutions proposées par Bernard Larrouturou et Gérard Mégie, à savoir :

- La création de 8 responsables inter-régionaux auxquels seront attachés les labos CNRS des régions, réparties en huit grands groupes
- L’augmentation de la mobilité des chercheurs, vers les universités et les enterprises (sans remettre en cause leur statut)
- La volonté d’aller vers la création de « gros laboratoires » ayant une masse critique et visibles internationalement
- L’objectif de voir 25% de non français dans les équipes de recherche d’ici à 2015 (12% aujourd’hui)
-  L’amélioration du transfert de technologie et l’ouverture aux entreprises

Que restera-t-il de cet ambitieux plan d’action après débats et décision des autorités de tutelle ? Rendez-vous en juin prochain pour le savoir.

Franck Barnu

 

 

 

 

 

 


 

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