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Bénédicta met sa traçabilité à la sauce RFID

Youssef Belgnaoui

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Le fabricant de sauces froides fait ses premiers pas dans l'identification radiofréquence (RFID) avec FM Logistic.

Bénédicta veut rompre avec le traditionnel schéma de traçabilité séquentiel en cascade. Dans ce modèle, chaque acteur de la chaîne logistique est responsable de ses propres informations qu'il dispense selon ses propres solutions. Le producteur français de sauces froides rêve d'une traçabilité en temps réel en réseau ouvert. L'objectif : gérer et partager des informations logistiques concernant ses palettes depuis la sortie de ses usines jusqu'au centre de distribution en passant par les reconditionneurs, les transporteurs et les prestataires logistiques.

« En mettant en réseau les informations des différents acteurs de la chaîne d'approvisionnement, cela conduira à une plus grande fiabilité et réactivité dans le processus de rappel de produits en cas de nécessité. Nous n'aurons plus à puiser dans différents systèmes d'information pour agréger les données », explique Philippe Gautier, directeur des systèmes d'information de Bénédicta. Dans une telle approche, la collecte des informations sur le terrain pourrait être assurée par identification radiofréquence (RFID). D'où l'idée d'en évaluer la technologie.

La refonte de l'architecture informatique en place et la mise en oeuvre de solutions standardisées (GS1 et EPCGlobal) entre plusieurs partenaires assurent une localisation en temps réel des palettes concernées par un rappel contre un délai d'une heure et demie aujourd'hui. Pour mener à bien ce projet, Bénédicta s'est associé à la société Thin-Track, intégrateur de la solution d'acquisition et de gestion en réseau des événements Trackway de l'éditeur finlandais éponyme. Thin-Track a aussi aidé Bénédicta à implémenter les standards EPCGlobal en surcouche de la solution Trackway, notamment pour assurer le partage des informations de traçabilité avec tout type d'acteurs, de façon standardisée et indépendamment de la technologie utilisée.

Un système accessible à tous les acteurs

Le principe de ce projet est d'envisager une autre approche de la gestion des événements. À chaque étape de la chaîne logistique, des données événementielles de base (quoi, quand, où ?) remontent du terrain pour être enregistrées, utilisées le cas échéant, et publiées. Les informations relatives aux transformations et aux mouvements de chaque palette sont ainsi gérées par un seul système ouvert et sont accessibles à tous les acteurs de la chaîne d'approvisionnement.

Ce projet ambitieux de partage de l'information exige la mise en place sur le terrain d'outils fiables de collecte de données. Les processus d'identification doivent être automatisés afin de pouvoir les multiplier en différents points de la chaîne.

L'identification radiofréquence (RFID), qui lit à distance par voie radio des étiquettes électroniques apposées sur des colis ou une palette, semble tout indiquée.

Reste qu'avant de convaincre d'autres acteurs de la chaîne logistique d'exploiter la RFID, il était nécessaire de tester sa faisabilité. FM Logistic a accepté de mener à bien un projet pilote RFID sur sa plate-forme de Longueil-Sainte-Marie (Oise) avec des palettes provenant de l'usine de Seclin (Nord) de son client Bénédicta.

Les premiers essais ont été menés en octobre 2006. « Certains freins à l'utilisation de cette technologie d'identification en entrepôt n'ont été levés qu'il y a quelques mois avec l'autorisation d'utilisation de la bande UHF de 865 à 868 MHz et l'augmentation de la fréquence d'émission à 2 W, l'amélioration du taux de lecture avec l'arrivée de la génération 2 du standard EPC et la baisse du coût de l'étiquette électronique à une dizaine de centimes », rapporte David Dalla Vecchia, directeur général de RFIDea, la société belge qui a mis en place la solution RFID.

Un test réalisé sur 3 500 palettes

Ce pilote ne concerne cependant qu'une partie du flux de palettes Bénédicta qui transitent par Longueil-Sainte-Marie. Seules 3 500 palettes sur un ensemble de 55 000 sont mises à l'épreuve de la RFID . « Ce pilote a toutefois exigé un investissement de 70 000 euros pris sur le budget R&D de FM Logistic, pour notamment équiper les chariots de manutention de lecteurs RFID et adapter les outils de gestion d'entrepôt », indique Stéphane Descarpentries, directeur projets et process chez FM Logistic. Bénédicta a investi, de son côté, une somme équivalente pour l'équipement de son usine et les évolutions de son système d'information.

À quel process logistique s'adresse ce pilote ? Sur le site de Seclin, les palettes de sauces froides continuent d'être marquées par codes-barres puisque la RFID n'est déployée que sur la plate-forme de FM Logistic. Celles qui participent au pilote sont conduites vers un poste d'encodage RFID. À l'extrémité d'un convoyeur sont montés une antenne et un encodeur RFID ainsi qu'un lecteur de codes-barres. Là, la lecture des codes-barres déclenche l'encodage du numéro unique de la palette (SSCC) sur l'étiquette au standard EPC apposée sur la palette homogène. En parallèle, Bénédicta transmet via le système d'échange de données informatisé (EDI) l'avis d'expédition contenant les informations de la palette (SSCC, numéro de lot, date limite de vente, etc.).

Un premier bilan positif

Sur la plate-forme logistique de Longueil-Sainte-Marie, c'est directement sur le transpalette qui décharge les camions que s'effectue la première lecture des étiquettes RFID apposées sur les palettes provenant du site de Seclin. L'information est envoyée via le réseau Wi-Fi au système de gestion d'entrepôt (WMS). Ce dernier fait le lien avec l'avis d'expédition, vérifie que la palette est attendue et enregistre sa réception.

À une vingtaine de mètres du quai de livraison, c'est un chariot à mât rétractable qui prend le relais. Ce dernier est chargé d'entreposer les palettes dans les racks. Son lecteur RFID embarqué saisi le code EPC de la palette. L'adresse de stockage est alors transmise par WMS sur l'écran du terminal embarqué. La dépose de la palette à la bonne place est validée par la lecture de l'étiquette RFID placée sur les lisses de niveau 1 des rayonnages. Lorsque le chariot s'approche de l'emplacement de stockage, l'étiquette électronique de la lisse est lue automatiquement.

Après quelques mois d'exploitation, le premier bilan est positif. « Nous avons atteint 100 % de taux de lecture en réception sur tous les produits testés quel que soit le matériau d'emballage et nous avons gagné 13 secondes par palette réceptionnée », rapporte Stéphane Descarpentries. À court terme, ce pilote pourrait être étendu à l'ensemble des flux de réception. À moyen terme, il pourrait être déployé sur d'autres processus logistiques et à d'autres acteurs de la chaîne logistique. Le plus dur sera de convaincre ces derniers. Et rien ne se fera sans la grande distribution !

À L'USINE DE SECLIN

- En fin de ligne de production des sauces froides, les palettes participant au pilote RFID sont acheminées vers un poste spécifique où leur étiquette électronique est encodée.

LES PARTENAIRES

Bénédicta - 235 personnes - 2 sites de production : l'usine de Seclin (Lille, Nord) compte 180 personnes et fabrique les mayonnaises et les sauces froides. Le site de Pont-de-Briques (Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais) produit la moutarde et emploie 6 personnes. FM Logistic - Réceptionne et entrepose les palettes livrées par Bénédicta sur sa plate-forme de Longueil-Sainte-Marie (Oise). Il y réalise également la préparation de commandes et l'expédition des palettes vers la grande distribution.

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