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Bayer stoppe la fabrication de nanotubes de carbone

Bayer stoppe la fabrication de nanotubes de carbone

© Brian Wardle

A cause d’un marché devenu trop fragmenté et trop éloigné de son cœur de métier, Bayer a annoncé la semaine dernière l’abandon de son activité dans les nanotubes de carbone. Le chimiste allemand cherche néanmoins à transférer le savoir-faire acquis à l’un de ses partenaires.

Les Baytubes, c’est fini. Bayer décide de fermer son unité de production de nanotubes de carbone, a fait savoir l'industriel le 9 mai dernier. L’allemand avait démarré la fabrication de ces nanomatériaux particuliers en 2007, avant de tripler leur production en 2010, pour répondre à un accroissement de la demande, certaines prévisions annonçant une augmentation annuelle de 25 % et un marché de deux milliards d’euros à l’horizon 2020.

Bayer avait pourtant investi plusieurs millions d’euros dans la construction de son unité pilote, et l’industrialisation des procédés de fabrication. Le chimiste justifie cette décision par un marché devenu trop fragmenté, et plus assez en adéquation avec les autres produits commerciaux de Bayer MaterialScience. Selon l’industriel, ces nanomatériaux restent toujours aussi prometteurs, et des discussions sont en cours avec ses partenaires pour exploiter le savoir-faire acquis en la matière, citant comme exemple d’application future l’optimisation des batteries lithium-ion.

Bayer laisse ainsi la place aux deux autres principaux acteurs européens sur le marché des nanotubes de carbone, le français Arkema, qui commercialise des résines époxy renforcées du nanomatériau, et la PME belge Nanocyl.

Le manque de valeur ajoutée en cause ?

Loin d’annoncer la mort des nanotubes de carbone, les concurrents du chimiste allemand réaffirment la supériorité de leurs produits, à l’instar de Nanocyl, qui brigue la place de numéro un en Europe. « Le NC 7000 s’impose comme le meilleur nanotube de carbone au monde dans toute une série d’applications, au niveau des performances apportées au produit et de son ratio coût-performance », a estimé Francis Massin, PDG de Nanocyl, contacté par Industrie & Technologies.

Les prix de cette référence, une poudre composée de nanotubes de carbone multi-parois, sont en général au-dessus de la moyenne. Mais, sur ce marché émergent, les clients ont d’autres demandes, comme l’accroissement de performances réalisable grâce au nanomatériau (propriétés conductrices ou antistatiques, antifouling, anti-feu). Il est également possible que les Baytubes, malgré un coût intéressant, n'aient pas su apporter une amélioration suffisante pour s'imposer face aux références des autres producteurs.

Mais l’échec de Bayer se situe peut-être aussi au niveau du choix du procédé de fabrication, le dépôt chimique en phase vapeur (CVD) avec réacteur à lit fluidisé, également choisi par Arkema, et sur lequel le chimiste a pu rencontrer des difficultés d’industrialisation. Le temps dira si le procédé de Nanocyl, qui utilise une technique alternative, est plus à même de s’imposer.

Ludovic Fery

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