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Batteries Sodium-ion : la jeune pousse picarde Tiamat Energy appuie sur l’accélérateur en s’associant avec le groupe Startec

Aline Nippert

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Batteries Sodium-ion : la jeune pousse picarde Tiamat Energy appuie sur l’accélérateur en s’associant avec le groupe Startec

Lancée en 2017 et basée à Amiens, Tiamat Energy exploite une technologie sodium-ion dédiée aux marchés de puissance issue de travaux de recherche entre du CEA et du CNRS.

© Cyril Fresillon / TIAMAT / CNRS / Photothèque

Tiamat Energy et le groupe Startec ont annoncé, le 7 décembre, avoir signé un partenariat pour accélérer le déploiement commercial de packs-batteries de puissance complets basés sur la technologie sodium-ion de la start-up française.

Des batteries Sodium-ion de puissance clé en main. La startup picarde Tiamat Energy et le groupe français Startec ont annoncé, mardi 7 décembre, la signature d’un mémorandum d'entente pour commercialiser des packs batteries sodium-ion sur-mesure pour les applications de puissance. « Grâce à ce partenariat, nous pouvons livrer à nos clients le pack-batterie Sodium-ion complet dans un délai très rapide : nous sommes capables d’aboutir à un premier pack environ un mois et demi après avoir livré nos cellules », développe Hervé Beuffe, président de Tiamat Energy, qui exploite une technologie Sodium-ion mise au point par des laboratoires du CEA et du CNRS.

Le groupe Startec est notamment composé de deux filiales spécialisées dans le domaine des batteries, dont le rôle sera central au sein de cette alliance : BMS PowerSafe conçoit et fabrique des systèmes intelligents de gestion de batteries (BMS), tandis que le savoir-faire de Neogy concerne l’assemblage de packs batteries sur-mesure. « Nous avons déjà réalisé ensemble un pack de démo de 48 volts il y a environ deux ans pour des essais d’hybridation de moteur thermique », raconte M. Beuffe.

Brevetée par le CNRS

La pépite française Tiamat Energy, créée en 2017, est spécialisée dans les batteries sodium-ion de puissance. « Nous disposons aujourd’hui de la seule technologie disponible sur le marché du Sodium-ion qui fait de la puissance, brevetée par le CNRS avec une licence exclusive à Tiamat », avance le président de Tiamat Energy.

La spin-off française propose des cellules d’une densité de puissance supérieure à 5 kW/kg, « ce qui signifie que les batteries se rechargent en moins de 10 minutes. Nous sommes également capables de proposer un pack de 20 à 30 % plus compact par rapport à un pack Lithium-ion pour des applications de puissance, poursuit Hervé Beuffe. Ce qui est idéal pour l’hybridation par exemple. »

En outre, le sodium-ion a également pour avantage, par rapport au lithium-ion, de minimiser les risques d’incendie et d’emballement thermique. « Si une cellule sodium-ion surchauffe, elle atteindra un maximum de 250°C, ce qui est insuffisant pour enclencher l’emballement thermique de la cellule d’à côté, contrairement aux cellules lithium-ion qui peuvent atteindre 500-600°C, développe Hervé Beuffe. De plus, les gaz qui sortent de la cellule sodium-ion ne s’enflamment pas instantanément en cas de dégazage. Le risque est beaucoup plus important avec les batteries Lithium-ion NMC. »

Hybridation et bornes de recharge

Avec leurs packs-batteries sodium-ion, Tiamat et Startec visent principalement les marchés de l’hybridation (automobile, ferroviaire et aéro), des bornes de recharge, de la Défense et des applications stationnaires de puissance. Pour les applications d’hybridation légère en revanche, Tiamat a tissé un partenariat avec Plastic Omnium en mars dernier. « Nous développons un pack 48 volt à destination des véhicules mild-hybrid (MHEV) qui sera proposé à l’ensemble des constructeurs automobiles », explique M. Beuffe.

Quelle stratégie derrière ces partenariats ? « Réaliser des développements de proof of concept avec les acteurs majeurs des marchés que l’on a identifiés, avance-t-il. Nous sommes ainsi en discussion avec des constructeurs automobile, des acteurs de l’aviation et du ferroviaire, avec des fournisseurs de bornes de recharge, ainsi que des fabricants d’outillage électroportatif importants. »

Pour l’heure, la production des premiers volumes commerciaux et des preuves de concept est sous-traitée à des fabricants de batteries lithium-ion, malgré l’ambition initiale de Tiamat de lancer une ligne de production à Amiens en 2020. « Mais il faut que nous soyons en capacité de produire dès 2025 en France ! insiste Hervé Beuffe. Nous visons une capacité cible de 5 GWh par an à horizon 2030, ce qui correspond à peu près au cinquième de la capacité des gigafactories type ACC ou Northvolt. »

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