Nous suivre Industrie Techno

Batteries semi-liquides : révolution pour le stockage d’énergie ?

Hugo Leroux
Batteries semi-liquides : révolution pour le stockage d’énergie ?

Un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s’y méprendre… à du pétrole brut !

© DR

Des chercheurs du MIT travaillent sur de nouvelles batteries dont les électrodes sont dispersées en minuscules particules dans un liquide conducteur. Le concept est révolutionnaire : il permettrait de recharger une voiture électrique en lui injectant un liquide de batterie ''frais''… de la même manière qu’une voiture à essence.

Les batteries lithium-ion actuellement utilisées dans les voitures électriques présentent un inconvénient : leur recharge prend entre 4 et 8 heures, selon la puissance électrique appelée et leur capacité. C’est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses équipes de chercheurs travaillent sur des batteries liquides. Objectif : remplacer les électrodes solides - les deux pôles entre lesquels s’opèrent les échanges électrochimiques - par des matériaux liquides. La solution idéale pour recharger sa batterie à la pompe - et déléguer la régénération du liquide usagé aux stations-service.

Jusque là, les prototypes de batteries liquides présentaient des densités énergétiques bien trop faibles pour concurrencer les batteries solides. C’est ce qui a poussé des chercheurs du MIT à trouver un compromis. L’équipe dirigée par les professeurs W. Craig Carter et Yet-Ming Chiang est parvenue à ''moudre'' les électrodes solides sous forme de minuscules particules en suspension dans l’électrolyte, le liquide conducteur des charges électriques. Résultat : un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s’y méprendre… à du pétrole brut ! Grâce à cette approche ''semi-liquide'', les chercheurs affirment décupler la densité énergétique de leur batterie par rapport à la solution tout-liquide.

S’il n’y a pas encore de quoi inquiéter les batteries solides, Chiang et Carter semblent confiants sur la marge de progrès de cette architecture originale. Pour la développer, les deux chercheurs ont fondé une start-up, 24M Technologies, subventionnée depuis septembre 2010 par l’hyperactive Arpa-E, organe de financement de la recherche liée aux technologies énergétiques, rattaché au département de l’énergie américain. D’après les objectifs affichés, un prototype pré-commercial devrait voir le jour fin 2013.

Hugo Leroux

 

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

« La donne change pour la récupération de chaleur fatale dans l’industrie », lance Gilles David, PDG d’Enertime

« La donne change pour la récupération de chaleur fatale dans l’industrie », lance Gilles David, PDG d’Enertime

La récupération de chaleur fatale dans l'industrie est un gisement majeur d'efficacité énergétique : 50[…]

Comment le Syndicat des énergies renouvelables veut accélérer le développement des EnR en France

Comment le Syndicat des énergies renouvelables veut accélérer le développement des EnR en France

Trois projets smart city dévoilés au QG Digital d'Engie

Trois projets smart city dévoilés au QG Digital d'Engie

Des bactéries génétiquement modifiées pour produire des hydrocarbures

Des bactéries génétiquement modifiées pour produire des hydrocarbures

Plus d'articles