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Batteries Li-ion : les gigafactories européennes ont besoin de l'implantation d'industriels des matériaux

Aline Nippert
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Batteries Li-ion : les gigafactories européennes ont besoin de l'implantation d'industriels des matériaux

Fondé en 2016, Northvolt a lancé la construction d'une usine à Skelleftea, en Suède, qui produira ses premières batteries en 2021. L'entreprise reste toutefois dépendante de la Chine en ce qui concerne l'approvisionnement en anode et en cathode.

© Northvolt

Lors de l'événement Benchmark Week 2020 dédié aux batteries Lithium-ion, l'accent a été mis le 9 décembre sur l'implantation en Europe d'industriels des matériaux afin de créer une véritable filière complète du Li-ion. Le norvégien Elkem et l'australien Talga Group ont présenté leurs projets.

La multiplication des projets de gigafactories européennes de batteries Li-ion appelle à l'implantation en Europe d'industriels des matériaux constituant les cellules. « Nous pouvons relocaliser entièrement la production de batteries Li-ion, mais nous n’y parviendrons pas seuls », a souligné Fredrik Hedlund, le PDG du producteur de cellules de batteries Northvolt, mardi 9 décembre lors d'une visioconférence se tenant dans le cadre du Benchmark Week 2020, un événement dédié à la filière des batteries Li-ion organisé du 7 au 11 décembre par le consultant britannique Benchmark Minerals.

La volonté politique européenne vise bien à créer une filière industrielle complète des batteries pour les véhicules électriques. Or si un mouvement massif d’installation d’usines géantes de batteries lithium-ion a démarré en Europe, celles-ci seront encore très dépendantes de la Chine pour s'approvisionner en matériaux d'anodes et de cathodes.

L'enjeu du graphite

L’un des enjeux principaux concerne l’approvisionnement en graphite – composant principal des anodes. La Chine est le premier producteur et exportateur mondial de graphite naturel ; un minéral classé dans la liste trisannuelle des « matières premières critiques pour l'économie européenne » établie par l’Union européenne. D’après les estimations de Benchmark Minerals, la demande en graphite va croître de 18,9 % entre 2019 et 2029, principalement tirée par le secteur des véhicules électriques.

Participant à la visioconférence, Elkem, une entreprise norvégienne qui produit notamment du silicium et des matériaux de carbone, ainsi que Talga Group, une société australienne spécialisée dans le graphite et la fabrication d’anodes, ont affiché leur volonté de se développer sur le continent européen. Et ont détaillé leurs projets.

Extraction en Suède et fabrication d'anodes en Norvège

Talga Group se positionne sur l’extraction minière de graphite (à Lulea, en Suède) et la fabrication d’anodes enduites. L’entreprise basée à Perth (Australie) prévoit une commercialisation d’anodes d’ici à l’année 2023. À cette date, le groupe estime que sa production annuelle atteindra les 19 000 tonnes d’anodes enduites pour une durée de vie de la mine suédoise évaluée à 22 ans. D’ici 2025-2026, Talga espère pouvoir tirer sa production annuelle à 100 000 tonnes d’anodes, en agrandissant la raffinerie. Pour l’heure, le projet est en phase de développement, l’usine pilote devrait voir le jour en 2021.

Elkem est, elle aussi, en train de construire son usine pilote de production de batteries : son activité irait de la fabrication d'anodes jusqu’au recyclage des batteries après leur utilisation par le secteur automobile. Ce pilote, basé à Kristiansand, au Sud de la Norvège, devrait être mis en marche début 2021, et ses conclusions permettront d’établir une feuille de route pour l’entreprise.

Inflation des prévisions de capacités de production de batteries

Si le mouvement des industriels de l'amont de la filière Li-ion ne fait que démarrer, il pourrait s'accentuer rapidement. A la mesure de la croissance des prévisions des capacités de production de batteries en Europe : en 2018, Benchmark Minerals prévoyait pour 2029 une capacité européenne de 173 GWh/an. Fin 2019, cette prévision passait à 369 GWh/an. Aujourd'hui, le consultant table sur 509 GWh/an. Soit un triplement en deux ans ! L'essor attendu des véhicules électriques a bien le potentiel de créer une filière complète des batteries Li-ion en Europe.

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