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[Avis d'experts] Nouveaux gaz : l'avenir de la transition énergétique

[Avis d'experts] Nouveaux gaz : l'avenir de la transition énergétique

Dans le domaine des nouvelles énergies, le potentiel des biogaz est souvent sous-estimé. Dans cette tribune, co-signée par Laurent Auret, directeur des partenariats industriels du réseau SATT (sociétés d'accélération de transfert de technologies), Bruno Chaudret, directeur du laboratoire LPCNO, et Erwan Pannier, ingénieur du programme maturation de la SATT Paris-Saclay, trois experts de la GreenTech nous apportent leur éclairage sur le rôle de cette technologie dans la transition énergétique en France.

Le début du millénaire a été marqué par une prise de conscience écologique. Emission de gaz à effet de serre, production de déchets polluants... De nos jours, nul n’ignore l’impact de nombreuses industries sur l’environnement. Le secteur de l’énergie est en particulier aujourd'hui considéré comme le socle de l’avenir. Il permet de concrétiser le rêve d’une économie 100% circulaire. Mais s’il est facile pour les entreprises de vouloir tendre vers une activité “verte”, elles ne peuvent échapper à des réalités économiques et technologiques très pragmatiques. Les solutions applicables ne sont pas aussi évidentes qu’un idéal écologique.

La France dispose pourtant des ressources pour faire face à ce défi. Par exemple par sa grande qualité de production scientifique - l’une des plus réputées à l’échelle mondiale. Ce savoir-faire français peut être mis au service de la 3ème révolution gazière que nous vivons actuellement, sous condition qu’il réponde à un besoin spécifique sur un marché donné et que les projets d’application puissent être financés.

Elargir les applications des biogaz

Un exemple très concret du besoin auquel peut répondre la recherche académique est celui d’une meilleure production et utilisation du méthane. Ce composé présente en effet de nombreux avantages, comme celui d’être compressible, donc facilement stockable dans les installations actuelles, et intervient comme un vecteur pour exploiter les sources d’énergies telles que l’éolien ou le solaire photovoltaïque. La capacité à produire du méthane de manière bio-inspirée permet d’élargir considérablement les applications possibles des biogaz, c’est-à-dire de gaz dont la production par la fermentation de matières organiques ou par la valorisation du CO2 circulant est non polluante.

Il existe aujourd’hui des innovations technologiques de rupture impressionnantes s’appuyant sur ces procédés qui ont vu le jour dans des laboratoires de recherche. La recherche académique a en effet trouvé dans l’énergie renouvelable un véritable terreau d’inspiration. Grâce à la grande qualité des travaux portant sur ce domaine, les SATT ont investi dans le développement d’innovations de rupture, certaines aboutissant à la création de startups.

La deep-tech en fer de lance

La jeune pousse Methamag en est un exemple. Ce procédé issu des travaux du Laboratoire de Physique et Chimie des Nano-objets (LPCNO) de l’INSA de Toulouse permet d’augmenter de 40% les capacités d’injection de biométhane en valorisant le CO2 issu de la méthanisation. La méthanation, qui consiste à transformer du CO2 en méthane, procédé de transformation du CO2 en méthane, peut venir compléter la méthanisation, procédé de transformation de la biomasse en biogaz. Mais la technologie Methamag peut également répondre aux enjeux et aux besoins de stockage des énergies renouvelables, à la fois intermittentes et imprévisibles (Power-to-Gas).

La future startup SPARK-Cleantech en est un autre exemple. Née de la recherche académique – CentraleSupélec, CNRS - et de l’application des techniques de plasma froid sur le biogaz, elle a trouvé une application dans la production d’hydrogène vert décentralisé, à des coûts et rendements compétitifs vis-à-vis de la filière classique (qui produit aujourd’hui l’hydrogène à 96% à partir de gaz fossile, en émettant au passage beaucoup de CO2). La technologie de SPARK ouvre une nouvelle voie pour la production d’hydrogène vert. Il s’agit d’utiliser les ressources locales pour produire le carburant de demain. C’est une approche nouvelle dans le paysage énergétique actuel. L’enjeu industriel est considérable : c’est construire la mobilité décarbonée des territoires.

Des solutions sont donc aujourd’hui apportées pour faire de l’énergie durable une réalité.Les procédés innovants de production de méthane ou de biogaz sont des exemples de découvertes prometteuses issues de la recherche académique française. Elles laissent envisager des industries 100% circulaires, avec des écosystèmes entiers d’entreprises qui recyclent tous leurs déchets naturels (non polluants), et ce sans nuire à leur productivité.

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