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Avec Total et Lanzatech, L’Oréal produit un flacon en plastique à partir de rejets industriels

Avec Total et Lanzatech, L’Oréal produit un flacon en plastique à partir de rejets industriels

A partir d'émissions gazeuses industrielles, Lanzatech, Total et L'Oréal sont parvenus à produire un flacon cosmétique en plastique.

© Total

Total, Lanzatech et L’Oréal ont annoncé le 27 octobre avoir produit un flacon cosmétique en plastique à partir d’émissions gazeuses industrielles captées au niveau d’une aciérie. Des micro-organismes s’en nourrissent pour produire de l’éthanol, lui-même transformé en éthylène puis en polyéthylène. Après la démonstration de cette preuve de concept, l'heure est aux discussions en vue d'une industrialisation.

Total, Lanzatech et L’Oréal ont annoncé le 27 octobre avoir produit un flacon cosmétique en plastique à partir de rejets gazeux récupérés dans des émissions industrielles issues d’une aciérie. « C’est une preuve de concept qui s’est déroulée de fin 2018 à aujourd’hui en laboratoire et qui démontre la faisabilité de ce procédé », souligne Patrick Pinenq, responsable du développement commercial des biopolymères chez Total.

Le procédé met en œuvre deux étapes particulièrement innovantes. Lanzatech a mis au point un procédé de fermentation au cours duquel des bactéries se nourrissent de rejets gazeux industriels captés dans des aciéries pour les convertir en éthanol (C2H5OH). Total le transforme ensuite en éthylène (C2H4) grâce à un procédé de déshydratation développé en amont avec IFP Energies nouvelles. « Nous l’avons optimisé pour l’occasion pour obtenir un éthylène avec un niveau de pureté compatible avec la polymérisation, précise M. Pinenq qui ne souhaite pas détailler le cœur de la technologie. Cela n’avait jamais été fait car l’éthanol issu d’aciérie contient des impuretés qui peuvent perturber sa déshydratation. »

Horizon 2024-2025 pour l'industrialisation

L’éthylène est ensuite polymérisé en polyéthylène avant d’être fourni à L’Oréal qui peut l’utiliser pour fabriquer des emballages. « C’est transparent pour eux, souligne M. Pinenq. Le polyéthylène que nous leur fournissons est exactement le même que n’importe quel autre et peut se substituer sans aucun effort. »

Les différents partenaires étudient maintenant la possibilité d’industrialiser ce procédé. « L’ambition est d’aller au-delà de l’échelle laboratoire, assure M. Pinenq. Nous envisageons un horizon 2024-2025 pour une échelle industrielle. » Du côté de L’Oréal, on envisage l’utilisation de ce bioplastique dans des bouteilles de shampoing en 2024. Encore faut-il trouver suffisamment d’éthanol pour alimenter la chaîne. Celui-ci pourrait éventuellement venir de l’unité Lanzatech en cours de construction chez ArcelorMittal à Gand (Belgique), imagine M. Pinenq. Sa mise en service est espérée pour fin 2021 avec une capacité de production à terme de 64 000 tonnes d’éthanol.

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