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Pour son grand retour, le lanceur Vega se transforme en bus vers l’orbite basse pour petits satellites

Pour son grand retour, le lanceur Vega se transforme en bus vers l’orbite basse pour petits satellites

Pour son vol de démonstration, le dispenseur du Small Spacecraft Mission Service (SSMS) emporte 53 petits satellites.

© Twitter / @vega_sts

Pour son grand retour, le petit lanceur européen Vega emporte le dispenseur du « Small Spacecraft Mission Service » (SSMS). Initialement prévu dans la nuit du 18 au 19 juin, ce vol de démonstration n'aura finalement pas lieu avant le 17 août, en raison des conditions météos. Il doit emporter 53 microsatellites et cubesats. Avec ce nouveau système, Arianespace souhaite proposer un service dédié aux petits satellites, alternative aux micro-lanceurs et vols en « passager auxiliaire ».

Cloué au sol pendant près d’un an suite à l’échec de sa dernière mission, le lanceur européen Vega reprend du service. Mais il devra attendre encore un peu : initialement prévu dans la nuit du 18 au 19 juin, son nouveau départ avait été reporté à cause de la météo à la nuit du 20 au 21 juin, à 03h51 (heure de Paris) depuis Kourou (Guyane, France). Annulé toujours à cause des vents violents en altitude, ce vol n'aura finalement pas lieu avant le 17 août, a annoncé Arianespace dans un communiqué publié le 1er juillet.

Pour le grand retour de son petit lanceur, Arianespace n’a pas choisi n’importe quelle mission : baptisée VV16, elle emmènera pour la première fois le dispenseur du « Small Spacecraft Mission Service » (SSMS). Fabriqué par la société tchèque SAB Aerospace, celui-ci permet de mettre en orbite des dizaines de petits satellites d'une masse comprise entre 1 kilogramme (kg) et 500 kg. Lors de ce vol, Vega transportera 7 microsatellites (de 15 kg à 150 kg) dans sa partie supérieure et 46 cubesats dans le module hexagonal de sa partie inférieure, pour le compte de 21 clients.

« C’est une réponse européenne à l’évolution du marché du spatial avec la multiplication de petites sociétés qui souhaitent faire du business avec l’espace, indique Marino Fragnito, responsable de l’unité commerciale dédiée à Vega chez Arianespace. Nous souhaitons offrir un accès à l’espace à un prix abordable pour les petits budgets. »

Bus pour l'espace, départs réguliers

Avec SSMS, la réponse choisie est un format « rideshare » : un groupement de petits satellites qui partagent les frais du lancement. « Notre idée est de proposer des « tickets pour l’espace » dans des « bus vers l’orbite » qui partent à des dates régulières », souligne M. Fragnito. L'objectif est de répéter ce type de lancement « au moins une fois par an » suivant la demande. « Nous annonçons le lancement, l'orbite visée, la date, et nous ouvrons l’opportunité à tous les clients », ajoute-t-il.

Pour ce type de lancement SSMS, Arianespace vise une fourchette de prix comprise entre celui d'un lancement à bord d’un micro-lanceur et un lancement sur Falcon 9 de SpaceX en « piggyback », c’est-à-dire en passager auxiliaire aux côtés d’un satellite principal. « SpaceX a la solution la moins chère du marché et nous n’avons pas cette ambition, pointe M. Fragnito. Nous serons plutôt alignés sur les prix des lanceurs indiens et russes. Mais nous garantirons une fiabilité dans le planning et les objectifs de la mission. »

Alternative au microlanceur et au « piggyback »

Pour l’instant, les opportunités de lancements pour les petits satellites se résument surtout à des micro-lanceurs - de type Rocket Lab - ou des vols en « piggyback ». Aujourd’hui répandus, ces derniers sont dépendants des exigences du passager principal qui supporte une grande partie des coûts. « Les premiers à avoir fourni une réponse au marché des petits satellites sont les indiens et les russes, explique M. Fragnito. Mais à ma connaissance, cela a toujours été des lancements en piggyback. »

Concernant les micro-lanceurs, M. Fragnito admet qu’il s’agit sans doute de la réponse la plus adaptée au lancement d’un - ou de quelques - petit(s) satellite(s) lors d’un vol dédié : « Mais c’est une solution extrêmement chère pour un client à petit budget. Et le fournisseur de lancement doit également avoir une cadence très élevée qui n’est pas facile à atteindre s’il veut être rentable. »

Objectif : remplir le lanceur

L’option « rideshare » n’est toutefois pas tout à fait nouvelle. La première mission de ce type a été réalisée par SpaceX en décembre 2018. Baptisée SSO-A SmallSat Express, elle a mis en orbite basse 64 petits satellites lancés à bord d’un Falcon 9. « Ils ont eu beaucoup de retard parce que c’est très compliqué de réaliser une mission de ce type avec un gros lanceur comme Falcon 9, souligne M. Fragnito. Il y a des questions de flexibilité, d’injection multiple, et de taille : lors de ce vol, Falcon 9 était presque vide. » En effet, il a emmené 1,7 tonne alors qu’il peut théoriquement emporter plus de 20 tonnes en orbite basse. « Pour réussir avec ce type de mission, il faut être capable d’atteindre un taux de remplissage le plus proche possible de 100 % », poursuit-il.

Pour ce premier vol SSMS lors de la mission VV16, M. Fragnito indique que la coiffe et les capacités de Vega sont remplies à 100 % : « Vega a une taille très adaptée à ce type de lancement. Nous n’avons plus un gramme disponible. Cela permet d’optimiser le coût de la mission. » La masse totale des 53 satellites est de 756 kg, à laquelle il faut ajouter la masse du dispenseur, pour une capacité d'emport de 1,5 tonne en orbite basse pour Vega.

Prochain vol en 2022... sur Vega-C

Vega-C – le successeur de Vega – pourra emmener 2,2 tonnes en orbite basse. M. Fragnito admet que le remplissage sera plus compliqué : « Mais ce sera moins cher parce que le prix du lanceur restera à peu près identique et la performance aura augmenté. » Avec un vol inaugural toujours officiellement prévu cette année, Vega-C devrait être le lanceur qui assurera la deuxième mission SSMS en « rideshare » complet. Celle-ci est prévue en 2022, après trois vols où seul le module hexagonal du SSMS sera utilisé à côté d’un ou deux satellites principaux. « Cette mission de 2022 sera une mission dawn-dusk », précise M. Fragnito. Une orbite « exotique », selon lui, pour laquelle les petits satellites ont souvent du mal à trouver des opportunités de lancement – en dehors des micro-lanceurs.

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