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Avec Opera-Air, l'IRSN remonte la piste des particules radioactives

Avec Opera-Air, l'IRSN remonte la piste des particules radioactives

La station de prélèvement d'aérosols du réseau OPERA-Air installée à La Seyne-sur-Mer a détecté une concentration dans l'air de 0,0074 mBq/m3 en ruthénium 106 sur la semaine du 26/09 au 03/10.

© IRSN

Les particules radioactives de ruthénium 106 détectées fin septembre - début octobre ont été mesurées en France par le réseau OPERA-Air de l'IRSN. Il est constitué d'une cinquantaine de stations réparties sur le territoire. A l'intérieur, les poussières atmosphériques sont piégées dans des filtres qui sont relevés une fois par semaine. Avec des mesures similaires dans d'autres pays d'Europe, associées à des données météorologiques, il a été possible d'identifier une source probable située dans une zone située entre les fleuves Oural et Volga, au Nord de la Mer Caspienne. La Russie, toute proche, nie être à l'origine du rejet.

Entre fin septembre et début octobre, un radionucléide d’origine artificielle, le ruthénium-106, a été détecté dans l’atmosphère par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité. Parmi eux, l’Observatoire permanent de la radioactivité de l’air (OPERA-Air) de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Associées à des données météo, ces mesures de radioactivité dans l’atmosphère ont permis d’effectuer des simulations. Le but ? Localiser la source la plus probable et évaluer les quantités et la date du rejet. « Ce sont des logiciels sur lesquels nous travaillons depuis pas mal de temps, indique Olivier Masson, spécialiste de la surveillance atmosphérique à l'IRSN. Nous les améliorons régulièrement, et notamment avec des évènements comme celui du ruthénium 106. » Un outil dont disposent également d’autres pays européens.

Une cinquantaine de stations en France

Sans conséquence pour la santé humaine et l’environnement selon l’IRSN, les doses relevées sont de quelques dizaines de microbecquerels pendant quelques jours en France, et une centaine de millibecquerels au maximum pendant quelques jours ailleurs en Europe. Toujours selon l’IRSN, la source « la plus plausible » se situe entre la Volga et l’Oural, au Nord de la mer Caspienne (cf. carte ci-dessus). Entre 100 et 300 térabecquerels de ruthénium 106 s’en seraient échappés. L’institut précise néanmoins qu’il lui est impossible de préciser la localisation exacte du point de rejet avec les données disponibles.

La présence de ruthénium-106 a été constatée dans les filtres des stations de surveillance de (OPERA-Air). Mis en place en 1958, le réseau est constitué d’une cinquantaine de stations réparties dans toute la France. Chacune d’entre elles collecte des poussières atmosphériques en filtrant l’air à des débits variables : trente-huit stations fonctionnent à 80 m³/h, neuf autres ont des débits plus importants entre 700 et 900 m³/h. Plus le débit est grand, plus la quantité d’air filtrée est importante, meilleure est la détection de niveaux de radioactivité.

Prélèvement hebdomadaire des filtres

De la taille d’une grande feuille A4, les filtres en fibre de polypropylène piègent 95% des particules de 0,03 microns qui les traversent. Leur efficacité atteint 99,9% avec les poussières plus grosses, entre 0,1 et une dizaine de microns, majoritaires dans l’atmosphère. Prélevés chaque semaine, les filtres sont envoyés dans un laboratoire pour y être analysés et y déceler éventuellement des traces de radioactivité naturelle ou artificielle. « Pour la période du 27 septembre au 13 octobre 2017, seuls les filtres des stations de la Seyne-sur-Mer, Nice et Ajaccio ont révélé la présence de ruthénium-106 à l’état de traces », indique l’IRSN dans un communiqué.

Les prélèvements des filtres étant hebdomadaires, la plus grosse incertitude dans les données injectées dans la simulation vient de la résolution temporelle. « Mais cette difficulté est surmontée en combinant les mesures des différentes stations européennes qui ne prélèvent pas les filtres au même moment », précise M. Masson.

De son côté, la Russie nie toute responsabilité. La société publique Rosatom, qui gère le secteur nucléaire russe, indique qu'aucun incident ne s'est produit sur ses installations. Elle précise dans un communiqué que « les concentrations élevées de ruthénium 106 enregistrées par Roshydromet fin septembre-début octobre sont 100 à 10 000 fois en dessous du maximum autorisé ». Roshydromet, l'agence russe de météorologie, avait en effet déclaré avoir mesuré une « concentration extrêmement élevée » de ruthénium-106 dans le sud de l'Oural, près d’Argayash. Le 21 novembre, elle était revenue sur sa déclaration en précisant dans un communiqué que « ce dépassement par "centaines" de la teneur en ruthénium-106 dans les échantillons relatifs à la période précédente s'explique par l'absence de ce radionucléide dans les échantillons précédents. »

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