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Avec le big data et la robotique, le traitement des déchets cherche un second souffle

Alexandre Couto
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Avec le big data et la robotique, le traitement des déchets cherche un second souffle

Veolia a équipé son site de Chermignac (Charente-Maritime) d'un robot Kuka pour le traitement des déchets d'ameublement.

© R.Escher / Veolia

Le 6 février s'est tenu la première édition du colloque sur les technologies numériques et robotiques pour la gestion des déchets. Cet événement a permis de rapprocher les professionnels de la valorisation des déchets des spécialiste de l'automatisation et des solutions numériques. Un enjeu clé pour une filière confrontée aux défis de l'économie circulaire.

« Dans le cadre de l'économie circulaire, les technologies du numérique vont jouer rôle important dans le futur de la filière », a lancé Roland Marion, délégué permanent du Comité Stratégique de Filière (CSF) "Traitement et valorisation des déchets" en guise d'introduction au premier colloque sur les technologies numériques et robotiques pour la gestion des déchets.

Cet événement s’est tenu le 6 février au ministères des finances à Paris et a été co-organisé par la confédération des métiers de l’environnement (CME) et le conseil national de l’industrie (CNI). Il a rassemblé industriels du traitement des déchets, représentants des collectivités et spécialistes de l’automatisation. Au programme : retours d’expérience et session de networking avec pour objectif l’émergence de nouvelles solutions techniques pour améliorer la performance des centre de tri et la qualité des matériaux (métaux, papiers, plastiques…) recyclés.

« Nous avons entamé des échanges en 2019 avec des roboticiens et des acteurs du numérique afin de mettre en place un programme structurant autour de l’automatisation de la profession, a expliqué Roland Marion. Cette journée nous aidera à mieux nous connaitre et à lancer de nouveaux projets »

Répondre à des objectifs ambitieux

Le développement des technologies liées au Big Data, à l’intelligence artificielle, à l’internet des objets (IoT) et à la robotique a en effet été identifié comme l’un des axes prioritaires du contrat signé entre le CSF et l’Etat pour répondre aux nouveaux enjeux de l’économie circulaire. La loi Economie circulaire adoptée fin janvier est ambitieuse :  un objectif de 100 % des plastiques recyclés en 2025, assorti de taux de réincorporation des matières recyclées dans les nouveaux produits, des filières de traitement des déchets étendues avec de nouvelles REP (responsabilités étendues du producteur) ainsi qu'une réduction de l’enfouissement des déchets de 50 % entre 2010 et 2025. 

Cette ensemble de mesures met une pression de plus en plus importante sur les organismes de traitement des déchets pour améliorer le tri et la qualité des matières en bout de chaîne. « Notre objectif est de transformer les déchets, dont l’élimination est par essence synonyme de coûts, en des matériaux sources de valeur. C'est tout l'enjeu de l'économie circulaire », a mis en avant Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint du groupe Suez.

La route est encore longue. Car si les industriels incorporent volontiers de la matière recyclée non souillée (chute de production) ou issue de certaines filières bien établies (traitement du PET, par exemple), ils font preuve de frilosité lorsqu'il s'agit de réintroduire dans leurs produits des matériaux issus du traitement des déchets.

Un « délit d'origine » des matériaux recyclés

« Il y a un délit d’origine en ce qui concerne les matériaux recyclés. Les industriels sont déjà très exigeants avec les matériaux nobles. Ils le sont encore davantage avec les matières recyclés », déplore Christophe Delalande, responsable des affaires publiques chez Veolia.

Pour garantir la qualité des matières recyclées, la collecte et le tri des déchets sont essentiels. De nombreux verrous technologiques restent à lever : désassemblage des produits complexes, reconnaissance des matériaux, traitement des déchets pesant parfois plusieurs kilos…

L’installation de robots parallèles ou de bras robotisés, pilotés par des systèmes de spectroscopie proche infra-rouge et dopés à l’IA pour la reconnaissance des matériaux, devrait permettre d’améliorer la qualité du tri ainsi que les cadences. Par ailleurs, l’utilisation du Big Data, couplé à l’installation de systèmes IoT dans les bacs de tri, permettrait une meilleure traçabilité des matières. « Un élément essentiel pour garantir leur réutilisation par des industriels. », souligne Nora Medger, référente numérique au CSF Traitement et valorisation des déchets.

Trois sites de tri robotisés par Veolia

Plusieurs projets sont en cours. Veolia a ainsi robotisé trois sites de tri : Amiens (Somme) dédié au tri de la collecte sélective avec des robots parallèles ABB ; Vitrolles (Bouches-du-Rhône) pour le traitements des déchets industriels avec deux bras robotisés Zenrobotics capables de capter des déchets de 30kg ; le site de Chermignac (Charente-Maritime), axé sur les déchets d’ameublement et conçu avec le roboticien Siléane.

Du côté de l’exploitation des données, la ville de Rennes (Ille-et-Vilaine) et la communauté de communes du Haut Val d’Alzette (région Grand Est) ont présenté leurs projets Smart City dans le domaine de la gestion des données issus des collecteurs de déchets connectés.

Les échanges ont été nombreux durant cette journée pendant laquelle un consensus semble avoir été trouvé sur la nécessité de partager davantage les données. Reste encore à mettre en place ces idées. La filière semble en tout cas vouloir renouveler l'expérience de ce colloque. « C'est très certainement le premier d'une longue série », estime Roland Marion.

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