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Avec l'entreprise chinoise Spacety, ThrustMe met en orbite le premier moteur ionique à iode

Xavier Boivinet

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Avec l'entreprise chinoise Spacety, ThrustMe met en orbite le premier moteur ionique à iode

Alors que de nombreux moteurs ioniques utilisent du xénon en guise de carburant, celui développé par ThrustMe utilise de l'iode.

© ThrustMe

Spécialiste des propulseurs pour nano-satellites, l'entreprise française ThrustMe a installé son moteur NPT30-I2 sur un satellite du chinois Spacety lancé le 6 novembre depuis Taiyuan (Chine). Il s'agit du premier moteur ionique à iode du monde mis en orbite.

Lancé à bord d’une fusée chinoise Longue Marche 6 (CZ-6) le 6 novembre dernier depuis Taiyuan (Chine), le nano-satellite Beihangkongshi-1 (12U) du chinois Spacety est équipé d’un moteur ionique à grille NPT30-I2 de la start-up française ThrustMe. Une première mondiale pour un système de propulsion électrique à iode, affirme l’entreprise.

Alors que beaucoup d’entreprises développent des systèmes de propulsion électrique ayant recours à du xénon en guise de carburant, ThrustMe a fait le choix de l’iode. « Elle peut être stockée à l’état solide et ne nécessite pas de système de stockage complexe et coûteux à haute pression comme les carburants traditionnels (exemple : le xénon), indique l’entreprise dans un communiqué. Cela signifie également que le système de propulsion peut être livré avec le plein, ce qui simplifie grandement l’intégration et les tests. » ThrustMe affirme également que l’iode est moins chère à produire que le xénon, et donc plus simple à fournir dans de grandes quantités.

Le moteur ionique de ThrustMe est bâti sur une architecture dite « à grilles ». Chauffée, l'iode passe de l'état solide dans lequel elle est stockée à l'état gazeux. Le gaz est alors emmené dans une chambre dans laquelle sont accélérés des électrons. Ceux-ci-frappent les atomes d'iode qui perdent un électron et s'ionisent. Des grilles situées en sortie du propulseur créent un champ électrique qui accélère les ions. Ceux-ci sont propulsés en dehors du moteur et créent une poussée.

Du moteur à gaz froid au moteur ionique

ThrustMe avait déjà équipé le satellite Xiaoxiang 1(08) de Spacety lancé l’année dernière lors d’un vol de démonstration. Mais le propulseur testé n’était pas un moteur ionique. Il s’agissait d’un propulseur à gaz froid I2T5 de ThrustMe. Le principe : un système électrique chauffant sublime l’iode qui est projeté hors d'une tuyère, générant ainsi la poussée qui permet au satellite de manœuvrer.

« L’année dernière, nous avons testé des technologies critiques pour le stockage, la distribution et la sublimation de l’iode (…), précise l’entreprise dans un communiqué. Cette fois, nous allons tester les pleines capacités de notre système de propulsion électrique NPT30-I2 et réaliser des manœuvres orbitales avancées. »

Après ce vol de démonstration, les entreprises entendent poursuivre une collaboration commerciale. Spacety indique avoir « déjà commandé plusieurs » moteurs ioniques NPT30-I2 de ThrustMe pour équiper sa future constellation Synthetic Aperture Radar (SAR) dont le déploiement en orbite devrait démarrer en cette fin année. Grâce à des antennes radar, le but de SAR est de créer des reconstructions en 2D et 3D de paysages ou de villes.

Exotrail rejoint ThrustMe en orbite

Cette mise en orbite du satellite de Spacety équipé du moteur ionique de ThrustMe a précédé d'un jour celle du satellite de Nanoavionics - fabricant lituanien de nano-satellites -, équipé d'un moteur ionique fourni par Exotrail, une autre start-up française. Celle-ci avait livré son propulseur ionique en septembre 2019. Initialement prévu en novembre 2019 à bord d’un lanceur indien PSLV, le lancement a été repoussé à fin mars 2020, puis ultérieurement. Il est finalement parti le 7 novembre dernier.

 

 

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