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Aux Pays-Bas, les véhicules autonomes bavardent et coopèrent !

Aux Pays-Bas, les véhicules autonomes bavardent et coopèrent !

© Capture d'écran - vidéo

La finale du Grand Cooperative Driving Challenge s’est tenue la semaine dernière sur une portion d’autoroute aux Pays-Bas. Dans le cadre de cette compétition, dix équipes européennes se sont affrontées autour de trois épreuves dans lesquelles les véhicules autonomes devaient communiquer et coopérer pour réaliser certaines tâches.

Deux voies de circulation sont occupées sur l’autoroute alors qu’un véhicule d’urgence arrive à vive allure. Rapidement, les véhicules s’écartent à gauche et à droite pour créer un passage central. Ce scénario semble tout à fait banal, à un détail près : tous les véhicules concernés sont autonomes. Cette scène est en fait un exercice qui s’est déroulé la semaine dernière sur l’autoroute A270 aux Pays-Bas, dans le cadre du Grand Cooperative Driving Challenge. Objectif du concours : démontrer la faisabilité de la coopération intervéhicules pour la réalisation de certaines tâches.

Dix équipes, trois épreuves

Au total, dix équipes de recherche européennes ont participé à cette finale. Parmi elles, le laboratoire Heudiasyc, unité mixte de recherche entre l’Université technologique de Compiègne (UTC) et le CNRS. L’équipe a participé avec une Renault Zoé équipée d’une batterie de capteurs - lasers, radars, caméras, antennes, GPS - d’une centrale inertielle, d’une radio de communication et d’actionneurs et architectures informatiques pour la conduite autonome.

Les dix équipes se sont affrontées autour de trois épreuves correspondant à trois scénarios. « Dans le premier scénario, des véhicules circulaient sur deux files. Puis, l’infrastructure a envoyé un message pour signaler des travaux sur la voie de gauche et demander aux véhicules concernés de s’insérer sur l’autre voie. Les véhicules de la voie de droite devaient donc créer un espace pour permettre aux véhicules de gauche de s’insérer » raconte Philippe Xu, chercheur au laboratoire Heudiasyc et maître de conférence à l’UTC. Dans le deuxième scénario, les véhicules roulaient sur la voie principale dans les deux sens de la circulation et devaient laisser passer un véhicule qui s’insérait au niveau d’une intersection en forme de T. Dans la dernière épreuve, les véhicules répartis sur deux voies devaient créer un espace central pour laisser passer un véhicule d’urgence sur l’autoroute.

Coopérer pour dépasser les capacités de perception humaines

L’équipe française est parvenue à réaliser ces trois scénarios de manière autonome, mais ne figure pas sur le podium. C’est l'université suédoise Halmstad qui a remporté la compétition. Les équipes ont été évaluées selon plusieurs critères : le respect de l’interdistance fixée par les organisateurs entre chaque véhicule participant, l’interface homme-machine permettant au conducteur de valider les décisions avant chaque action du véhicule et l’ergonomie des signaux. Enfin, chaque équipe attribuait aux autres un certain nombre de points.

Ce challenge « nous a permis de regarder si, avec les standards actuels, il était possible de réaliser ce genre de scénario. Ce n’était pas le cas. On a dû créer de nouveaux messages, comme 'safe to merge', pour permettre la collaboration entre véhicules » explique Phillipe Xu. Selon lui, la communication et la collaboration entre véhicules autonomes va permettre d’augmenter les capacités de perception du véhicule. « Cela peut amener les véhicules autonomes à avoir potentiellement des capacités supérieures à celle de l’humain et donc faciliter l’adoption du véhicule autonome par les usagers » estime le chercheur, qui souligne toutefois l’importance d’une autonomie locale. « Même si les véhicules sont communicants et peuvent collaborer, chacun doit garder sa propre autonomie et ne doit pas dépendre uniquement des informations données par un autre véhicule ».

 

 

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