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Automatisation á tous les étages pour l’usinage de la tôle

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Hanovre, 26 – 30 Octobre. A EuroBlech 2004les fabricants de machines pour le travail de la tôle exploitent à fond deux technologies pour booster la productivité : l'automatisation et l'installation de moteurs linéaires.

C'est un paradoxe : plus l'économie allemande s'enfonce dans la crise avec des mouvements sociaux de plus en plus inhabituels dans ce pays de consensus et plus les salons industriels connaissent une affluence remarquable.

Le premier jour du salon EuroBlech 2004, la grand'messe des équipements de travail de la tôle, a vu arriver de nombreux visiteurs. Jean-Pierre Neuhaus, responsable du service communication du constructeur suisse Bystronic avance une explication. 'Il y a eu une séléction trés rude parmi les sous-traitants allemands qui sont comme on le sait des grands prescripteurs de machines pour l'usinage de la tôle, et ceux qui sont restés dans la course ne savent pas comment faire face á des commandes qui s'accumulent dans leur carnet.'

Résultat : il faut améliorer la productivité pour absorber cette charge de travail mais aussi pour éviter une délocalisation qui se fait tous les jours plus menaçante.

Les robots deviennent donc incontournables comme le démontre au salon le constructeur d'installations de soudage Cloos qui a lié une alliance avec Fanuc pour développer une solutions originale. Un robot Fanuc 6 axes porte une tête de soudage hybride (MIG et laser) de Cloos, la source laser Yag de 4,4 kW étant fabriquée par le constructuer japonais.

L'utilisateur bénéficie ainsi d'une installation compacte, bon marché et fiable. De plus, elle est polyvalente et peut être utilisée pour d'autres usinages : brasage, découpe ou soudage laser seulement.

Les robots se multiplient aussi sur les presses plieuses pour assurer un travail sans repos, pendant la nuit ou le week end. Bystronic n'accorde plus aucun moment de répit aux robots qui doivent maintenant alimenter deux presses plieuses á la fois, des machines construites par ses filiales Beyeler et Hämmerle.

Le constructeur suisse présentait également une solution astucieuse d'automatisation de sa machine de découpe par jet d'eau, Byjet qui dispose dorénavant du même équipement de chargement/déchargement en temps masqué des pièces qu'utilisent ses machines de découpe laser. Le problème qui empechait l'utilisation de cet équipement était celui de la récupération de l'eau pendant les opérations de changement de table. Le constructeur a breveté un systéme qui aspire l'eau, un peu comme un airbag sur une voiture qui pousserait l'eau.

Amélioration de la productivité aussi avec une extension de la gamme Byspeed de découpe laser qui peuvent traiter maintenant des tôles dont la dimension est de 4 x 2 m. Pour réduire ses coûts de fabrication le constructeur fabrique aussi des presses en Chine comme l'AFM EP 100 qui utilise cependant les mêmes technologies et respecte les mêmes contraintes de qualité.

Trumpf dont le stand occupe une bonne moitié du hall 11 et dont le cash flow a connu une croissance de 7,8 millions d'euros pour l'exercice 2003/2004 par rapport au précédent, faisait aussi feu de tous bois pour séduire les utilisateurs. Avec ses solutions qui vont toujours plus vite, comme la Trumatic L3050 qui dispose d'un laser de découpe de 6 kW. Résultat : la vitesse de découpe atteint les 40 m/min, soit une amélioration de 36 % par rapport au modéle précédent, dans des matériaux comme l'acier inox (jusqu'á une épaisseur de 25 mm et dans l'aluminium jusqu'a 15 mm.

Le géant allemand exploite aussi d'autres gisements de productivité comme le regroupement de plusieurs types d'usinages sur une seule machine pour pouvoir la terminer en une seule fixation. Plus compacte, la Trumatic 3000 Laser presse combine allégrement poinçonnage, formage, découpe laser.

Tous les modéles du constructeur allemand, qui a été un pionnier dans ce domaine, utilisent désormais des moteurs linéaires. Comme ses confrères et néanmoins concurrents, Amada et Finn Power.

Mais le champion dans ce domaine est sans doute Mazak. Sa HyperGear lancée en 2003 et dont six exemplaires sont en cours d'installation chez des sous-traitants francais possède pas moins de cinq moteurs linéaires. Des moteurs brevetés par Mazak qui sont repliés en U pour un minimum d'échauffement. Cette machine de 530000 euros peut effectuer quelques 350 trous par minute par rapport á 150 trous qu'usine une machine classique.

Véritable concentré de technologies, la machine du constructeur japonais possède aussi :
- quatre têtes de découpe pour assurer des usinages différents,
- dix buses adaptées á des opérations différentes,
- des petites meules pour nettoyer les buses et pour l'ébavurage des pièces,
- un poste de préparation des buses en temps masqué et en atmosphère protégée,
- une caméra pour réglages et contrôles,
- une commande numérique qui est en fait un PC et peut être consultée á distance...

Autant dire que la machine peut travailler seule et à grande vitesse !

Si les machines de découpe laser sont omniprésentes, les équipements plasma n'ont pas encore dit leur dernier mot. La preuve : la machine proposée par Esab qui découpe des tôles de 20 mm d'épaisseur en acier avec une qualité proche du laser. La Eagle 3000 coûte cependant selon Dieter Henn, responsable produit d'Esab, la moitié du prix d'une machine laser équivalente et beaucoup moins en exploitation aussi.

Les spécialistes d'Air Liquide Welding confirment ces propos avec deux équipements innovants : la Alphatome, un équipement de découpe plasma avec télécommande et système de surveillance des opérations d'usinage par caméra; la Nertamatic qui permet le soudage en position verticale ou en corniche ce qui réduit de nombreuses opérations de manutention gourmandes en temps et en argent.

A signaler aussi le procéde de soudage original mis au point par Fronius. L'inventeur du premier système de soudage hybride propose le procédé CMT pour Cold metal transfert : il interrompt ou coupe l'arc court de façon ciblée ce qui réduit fortement le courant et la chaleur induits dans les pièces á souder. Les tôles minces á partir d'une épaisseur de 0,3 mm peuvent maintenant être soudées ou brasées bord à bord. Ce qui intéressera sans doute de nombreux utilisateurs comme l'aéronautique ou l'automobile entre autres.

A signaler enfin, la poinconneuse de Murata qui peut changer sa tourelle automatiquement, et le système de fixation intelligent de Textron qui intègre des microprocesseurs dans les éléments de fixation. Ces derniers peuvent ainsi être commandés électroniquement á distance. Un développement á suivre...

Mirel Scherer

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