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La semaine de Jean-François Prevéraud

Autodesk à la porte de l'usine numérique

Industrie et  Technologies
2008 est à peine entamé qu'Autodesk annonce déjà les versions 2009 de ses logiciels. L'occasion aussi pour l'éditeur de dresser le bilan de l'année écoulée et d'évoquer le futur. Un futur qui pourrait rapidement passer par le chantier et l'usine numérique


C'est Didier Cocherel, directeur général France, qui a dressé le bilan de 2007, enfin 2008, car l'éditeur termine son année fiscale le 31 janvier. « Autodesk a réalisé un chiffre d'affaires mondial de 2,172 milliards de dollars sur son année fiscale 2008, en hausse de 18 %. L'entreprise, qui vient de fêter ses 25 ans, emploie maintenant plus de 7 000 personnes et dispose de 958 M$ de cash en banque. Elle est présente à travers son offre chez tous les Fortune 100 et dans 98 % des Fortune 500. Globalement nous comptons plus de 9 millions d'utilisateurs officiels, dont plus d'un million travaillent en 3D ».

Si l'on regarde les revenus par zone géographique, l'Europe est maintenant largement en tête avec 40 %, devant l'Amérique à 37 % et l'Asie à 23 %. « Et l'Europe connaît une croissance soutenue : 27 % l'an passé et 38 % sur le dernier trimestre, voire 52 % pour ses pays émergeants ».

Si l'on s'intéresse aux secteurs applicatifs, le Géospatial et les plates-formes de base (Autocad, Autocad LT...) représente 46 % des revenus, l'AEC (Architecture - Engineering - Construction) 22 %, le Manufacturing 20 % et le Media - Entertainement 12 %. L'un des points forts d'Autodesk, c'est son écosystème. L'éditeur ne vend qu'en indirect via un réseau de 1 700 revendeurs agréés et travaille avec 2 700 partenaires de développement. Il faut ajouter à cela 4 500 formateurs et un engagement fort dans le monde de l'éducation.

Les derniers mois ont été marqués par un certain nombre d'acquisitions importantes : NavisWorks, revue de projet collaborative pour l'AEC ; Opticore, visualisation 3D ; PlassoTech, outils simulation et d'optimisation ; Skymatter, modélisation 3D orientée jeu et entertainement ; Hanna Strategies, prestataire de développement basé en Chine et en Inde, disposant d'une force de 700 développeurs ; Robobat, spécialiste français du calcul pour le monde de la construction ; Kynogon, spécialiste en intelligence artificielle appliquée au jeux vidéo. Des acquisitions qui apportent à chaque fois des technologies importantes qui vont permettre à Autodesk de mettre ses produits au meilleur niveau du marché.

Du 2D à l'usine numérique

Ces acquisitions montrent aussi une profonde mutation d'Autodesk. Pendant ses 15 premières années d'existence Autodesk a surfé sur la vague Autocad et converti beaucoup d'utilisateurs de planches à dessins aux logiciels de DAO 2D. Il s'est ouvert au 3D en 1995, quand il a estimé que ses clients étaient mûrs pour cette évolution fondamentale. Depuis deux ans, il parle de prototypage numérique et d'expérimentation virtuelle des projets. Il est vrai qu'il dispose maintenant d'une offre (Inventor, Revit, Alias, Map 3D, 3ds Max...) lui permettant de créer, de visualiser, de simuler et d'analyser dans l'ensemble des segments de marché où il est actif. Le maître-mot a retenir de cette présentation, c'est donc qu'Autodesk se positionne, lui aussi, sur le marché du Digital Prototyping.

Et Autodesk sait tirer parti de son avancé dans certains domaines pour apporter des solutions innovantes dans d'autres secteurs. Ainsi, les technologies de création de surfaces de style issues d'Alias trouvent leur place dans le domaine de la mécanique et de l'architecture. De même, les technologies d'animation des logiciels de jeu fertilisent la simulation de construction de bâtiments et d'infrastructures, et pourraient même déboucher rapidement sur une offre "usine numérique". Il n'est en effet guère plus difficile d'animer un robot sur une chaîne de production que de diriger interactivement un avatar doté d'un comportement "intelligent" dans une scène 3D de jeu vidéo.

De plus, Autodesk dispose déjà d'une expérience dans le domaine de la construction, où il est fortement impliqué dans le "chantier numérique". La construction des grandes infrastructures, où Autodesk est omniprésent, fait très largement appel à la modélisation 3D des installations, mais aussi du terrain où elles sont implantées. Ce qui permet de positionner et de diriger en 3D, via GPS et guidage laser, des engins de chantier et de vérifier à posteriori que le travail réalisé correspond bien à ce qui était prévu. On obtient ainsi des points de vue "has design" et "has built", qui sont confrontés, réconciliés et ensuite réutilisables pour la maintenance ou les évolutions ultérieures.

Un futur que Christian Domange, directeur des ventes Europe du Sud pour les industries manufacturières, n'estime pas si éloigné que cela dans le domaine de la mécanique : « même s'il nous manque encore certaines briques ». En effet, Autodesk, ne dispose pas encore d'une offre calcul/simulation de haut niveau dans le domaine de la mécanique, à la fois pour les structures et les fluides. De même, Autodesk est absent du monde de la FAO. Mais avec près d'un milliard de dollars en caisse et une volonté affichée de progresser rapidement, via une politique d'acquisition soutenue, il y a fort à parier que ces manques seront rapidement comblés.

A la semaine prochaine.

Pour les détails sur les annonces autour d'Inventor 2009 cliquer ici.

Pour en savoir plus : http://www.autodesk.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l'Usine Nouvelle, suit depuis plus de 26 ans l'informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM...). Il a été à l'origine de la lettre bimensuelle Systèmes d'Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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