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Au salon Hyvolution, les stratégies import-export de l’hydrogène vert s’esquissent en Europe

Aline Nippert

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Au salon Hyvolution, les stratégies import-export de l’hydrogène vert s’esquissent en Europe

La coopération avec les pays producteurs d'électricité renouvelable s'annonce essentielle pour la stratégie européenne sur l'hydrogène vert.

© Siemens Energy

Top départ pour le Salon Hyvolution, mercredi 27 octobre, où les futures collaborations entre pays européens ont été mises en avant. Certains pays, comme l'Allemagne, se positionnent déjà comme importateurs d'hydrogène vert.

À quoi ressemblera le marché de l’hydrogène vert en Europe ? Avant même que l’immense défi du déploiement industriel ne soit relevé, plusieurs pays européens dessinent déjà leurs stratégies en termes d’importation et/ou d’exportation du gaz léger. Un enjeu majeur, longuement discuté lors de l’une des conférences inaugurales du Salon Hyvolution, qui s’est ouvert mercredi 27 octobre à Paris.

« Coopérer avec des régions capables de produire de grandes quantités d’électricité renouvelable, comme le Maroc, est clef pour mettre une stratégie européenne en place », confirme Valérie Bouillon-Delporte, porte-parole Mobilité et ancienne présidente d’Hydrogen Europe, qui ajoute toutefois que « l’Europe fait partie des leaders mondiaux sur la chaîne hydrogène ».

Au Nord de l’Europe, les rôles semblent déjà bien définis : l’Allemagne se positionne comme future importatrice d’hydrogène vert, le Danemark comme exportateur. « En mer du Nord, nous avons un immense potentiel d’électricité éolienne (à hauteur de 40 gigawatt). C’est trois fois plus que ce dont nous avons besoin pour notre marché domestique », explique Kim Schultz, conseiller spécial sur les Cleantech au ministère des Affaires étrangères du Danemark. « Nous bénéficions d’un gros avantage à l’export ! »

Hydroduc européen

Pour l’export, le Danemark compte ainsi convertir une partie de cette électricité renouvelable en hydrogène ou en electro-carburants (qui requièrent également de l’hydrogène), d’après sa stratégie Power-to-X publiée en novembre 2020. « Nous ne comptons pas uniquement vendre l’électricité renouvelable, car elle coûte chère à transporter. L’hydrogène pourra, quant à lui, transiter par hydroduc directement vers le très grand marché allemand », souligne M. Schultz.

L’Allemagne s’est pourtant fixé des objectifs ambitieux en termes de capacités de production d’hydrogène vert, avec au moins 5 GW d’électrolyseurs installés d’ici à 2030. « Cela paraît beaucoup, mais nous auront en fait besoin de 4 à 5 fois plus d’hydrogène vert pour décarboner notre économie », pointe Werner Diwald, président du lobby hydrogène allemand (Deutsche Wasserstoff Verband).

Pour les échanges d’hydrogène au sein de l’Europe, l’option privilégiée par 12 gestionnaires d'infrastructures gazières européens consiste à adapter le réseau de gaz naturel actuel au transport de l’hydrogène, d’après un rapport publié en juillet 2020. « Environ 55 KWh sont requis pour produire 1 kg d’hydrogène. S’il y a une différence de prix de l’ordre de 20 euros par MWh entre deux régions – par exemple entre le Maroc et l’Allemagne –, cela se traduira par une différence de prix au kilo d’hydrogène de 1,1 euros. Avec une économie de 1,1 euros par kilo, vous pouvez transporter l’hydrogène (en grande quantité) sur plus de 3000/4000 km ! » explique Philippe Boucly, président de France Hydrogène, sur la base du rapport des opérateurs gaziers. Il ajoute « ne pas exclure la possibilité que la France soit également importatrice d’hydrogène ».

Ammoniac et e-méthanol

De l’autre côté de la Méditerranée, le Maroc voit dans l’émergence du marché hydrogène vert une opportunité commerciale, bénéficiant d’une situation géographie idéale pour installer des parcs photovoltaïques. « Nous avons publié notre stratégie hydrogène il y a deux mois, précise Badr Ikken, directeur de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen). Nous comptons décarboner notre propre économie grâce à l’hydrogène que nous produisons, et exporter l’autre partie. »

M. Ikken privilégie le transport de l’hydrogène préalablement converti en ammoniac ou en e-méthanol. « Nous avons déjà les usines pour produire de l’ammoniac, et l’hydrogène est beaucoup plus facile à transporter sous cette forme, précise-t-il. À moyen terme, nous envisageons l’option des carburants synthétiques, qui seront alors uniquement destinés à l’exportation. »

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