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Aston s'installe en France pour vendre moins cher

CHARLES FOUCAULT cfoucault@industrie-technologies.com
Pour rester compétitif et gagner en flexibilité, le fabricant de décodeurs pour la télévision par satellite a décidé de réaliser une partie de sa production en France, en complément de son usine en Corée du Sud. A la clé, une amélioration de sa réactivité sur le marché et une diminution de ses coûts de revient.

LE PROBLÈME

RÉPONDRE À UNE DEMANDE VOLATILE

Fin 2011, la télévision sera passée au numérique sur l'intégralité du territoire français. Sonnera alors le glas de la diffusion analogique. Cette mutation est une opportunité pour les fabricants de décodeurs de réception télé par satellite. « 10 à 15% des foyers vont se retrouver dans des zones non couvertes, un taux qui peut atteindre 20 à 25 % pour la HD (haute définition) », affirme Stéphane Nitenberg, directeur général d'Aston. Des pourcentages bien supérieurs à ceux constatés avec l'analogique. Si les images sont de mauvaise qualité mais regardables avec un signal analogique déficient, elles deviennent illisibles avec un signal numérique. De plus, depuis deux ans, les abonnés à Canalsat peuvent choisir de ne pas louer le décodeur de la chaîne cryptée mais d'en acheter un. Deux facteurs qui font monter les prévisions de vente de la PME française à 120 000 produits pour 2011, alors qu'elle n'en a vendus que 400 000 depuis 1995. Le consommateur qui se retrouve sans télévision n'est pas patient. Au-delà de l'augmentation de volume, Aston a donc dû relever un autre défi : répondre en temps réel à un marché très volatil porté par une demande par à-coups... tout en restant compétitif.

LA SOLUTION

SOUS-TRAITER LA FABRICATION EN FRANCE

Jusqu'alors, la PME produisait l'intégralité de ses décodeurs dans son usine de soixante personnes, en Corée du Sud. Plutôt que d'investir dans cet outil de fabrication, Aston a tourné les yeux vers la France. Depuis septembre dernier, elle confie 25 % de son activité à Asteel Flash, et son site de Duttlenheim (Bas-Rhin). Le sous-traitant de matériel électronique fabrique les circuits imprimés et assemble 350 décodeurs par jour pour Aston. La flexibilité voulue est au rendez-vous. « Notre système de production est inspiré des méthodes Toyota : lean, kaizen, 5S... », décrit Alain Beley, le directeur du site. Reste la question de la compétitivité. « Les droits de douanes représentent 20 % du prix de revient du produit lorsqu'on l'importe, indique le patron d'Aston. Cette dépense supprimée et l'automatisation de l'étape de test de chaque décodeur nous donnent un coût de fabrication moindre ici qu'en Corée-du-Sud, pour le marché hexagonal. » L'étude de relocalisation, entamée il y a 18 mois, a en effet montré qu'il fallait automatiser soit l'assemblage, soit le contrôle. Aucune solution mécanisée n'a été trouvée pour l'assemblage qui, de ce fait coûte deux fois plus cher qu'en Corée-du-Sud. Mais l'appareil de test développé par Aston, Asteel Flash et l'un de ses prestataires, fait passer le nombre d'opérateurs assignés à cette tâche de dix à un. L'opération, qui représente 25 % du temps de production, coûte ainsi cinq fois moins cher en France qu'en Corée-du-Sud.

LE RÉSULTAT

RÉDUCTION DE 15 % DES PRIX

Le temps entre la commande d'un décodeur et sa sortie de l'usine est de deux semaines chez Asteel Flash. « En Corée-du-Sud, entre la commande et la livraison des produits, quatre mois s'écoulent, un temps égal à notre visibilité du marché aujourd'hui. Ce n'est pas gérable », explique Stéphane Nitenberg. La réactivité est désormais assurée. Mais l'opération a aussi engendré une réduction des coûts de production des décodeurs. Des gains qui ont permis à la société de baisser les prix publics de ses produits de 15 %, soit 30 à 40 euros de moins à débourser pour le consommateur. « C'était nécessaire pour rester compétitif face à nos concurrents », déclare Stéphane Nitenberg. Bilan, la société a dû baisser sa marge sur les produits Made in Korea. Et L'expression « le monde à l'envers » a pris tout son sens.

ASTON EN BREF

PME française fondée en 1988 Fabricant de décodeurs pour la télévision numérique par satellite Chiffre d'affaires de 15 millions d'euros en 2010 (+ 60 % par rapport à 2009) 31 salariés en France, à Bagnolet 60 employés dans l'usine, en Corée-du-Sud Tient 6 % du marché français des décodeurs par satellites

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