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Asteel investit dans la flexibilité

Ridha Loukil

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- Grâce à une nouvelle machine de placement de composants, le sous-traitant électronique s'adapte aux productions de petites et moyennes séries.

Gilles Benhamou, président d'Asteel, se veut iconoclaste. À contre-courant de la tendance actuelle, cet ancien fonctionnaire, devenu le patron du plus grand sous-traitant d'électronique français, prêche pour une relocalisation de la production en France. « Compte tenu de tous les éléments de coût, nous sommes tout à fait compétitifs par rapport à une production en Chine », affirme-t-il. Et pour convaincre les donneurs d'ordres de revenir chez lui, il n'hésite pas à jouer les cartes de la proximité et de la flexibilité.

L'investissement pour l'usine de Redon, en Ille-et-Vilaine, dans une plate-forme de placement de composants, la NXT de Fuji, sert cette ambition. Première en France à équiper un sous-traitant, cette nouvelle machine, qui se construit à l'image d'un Lego par juxtaposition de modules et le choix de têtes de placement interchangeables, accroît la productivité de l'assemblage de cartes électroniques tout en confortant la capacité d'Asteel à traiter les petites et moyennes séries.

Avec 150 personnes permanentes, le site assemble des cartes électroniques à forte densité en CMS (composants montés en surface) pour le médical, la domotique, le ferroviaire ou les télécoms. Les séries vont de 100 à 10 000 pièces par mois avec, en moyenne, 400 composants par carte. L'usine dispose de trois lignes d'assemblage offrant une capacité pratique de pose de 2,5 millions de composants, contre 1,5 million en 2004.

30 000 composants à l'heure

L'une d'entre elles a été reconfigurée en remplaçant l'ancienne machine QP2 de report à plat de boîtiers de Fuji par la nouvelle NXT, fournie par Fenwick, le représentant de Fuji en France. Désormais, elle comprend un équipement MPM de dépôt de crème à braser par sérigraphie, un robot Fuji CP8 de placement à grande vitesse de petits composants, la fameuse machine Fuji NXT et un four de refusion à double convection Exelsius. Pour sa nouvelle machine, Asteel a fait le choix d'une configuration à cinq modules : deux modules M3 pour le renforcement de la capacité de pose rapide de petits composants et trois modules M6 pour le report de précision des boîtiers complexes. L'acquisition s'est montée à environ 800 000 euros dans le cadre d'un investissement de 1,8 million d'euros en 2005 qui inclut aussi le four de refusion, une machine QP2 pour une autre ligne et un système de contrôle de soudure des boîtiers à billes aux rayons X.

Désormais, la capacité pratique de pose de la ligne atteint 30 000 composants par heure, contre 18 000 à 20 000 dans la configuration précédente. Le gain de productivité se double d'une flexibilité accrue. Les changements de séries sont fréquents : cinq fois par jour en moyenne. Aussi est-il important de réduire les arrêts de production. Avec la Fuji NXT, le rechargement des plateaux de boîtiers s'effectue en temps masqué. De même le raboutage des bobines des petits composants (collage des bouts de bandes de composants) évite l'arrêt de la ligne.

En plus des cinq têtes de placement en fonctionnement, Asteel dispose de trois têtes de rechange qui permettent de remplacer rapidement celles en panne et de les réparer en temps masqué. La nouvelle machine, qui peut poser toute la palette de composants, du plus petit (0,4 x 0,2 mm) jusqu'au boîtier de 74 mm de côté, offre des fonctions de réglage automatique du système de convoyage et des chandelles de maintien de la carte. Résultat : le temps de changement de série tourne aujourd'hui autour de 30 minutes. L'objectif de Jean-Jacques Gardon, directeur technique, est de descendre à terme à 10 minutes, contre 20 minutes dans l'ancienne configuration.

EN BREF

La machine Fuji NXT - 2 modules M3 (320 mm de large) + 3 modules M6 (645 mm de large) - 8 têtes de placement à 1, 4 ou 12 buses - 800 000 euros, d'investissement Les gains - 50 % d'augmentation de la productivité - Suppression des arrêts de la machine pour le rechargement en composants - Diminution du taux de rejet de moitié à 6 %

UNE LIGNE D'ASSEMBLAGE RECONFIGURÉE

- Pour tirer profit du gain en cadence de placement apporté par la nouvelle machine, Asteel a dû revoir l'étape de sérigraphie en choisissant une nouvelle crème à braser et en réduisant l'opération à 32 secondes par flan, au lieu de 48 secondes auparavant. En outre, le gain de place apportée par la Fuji NXT a été exploité pour l'installation d'un four de refusion plus long de 2 mètres.

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