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Assister les conducteurs

Jean-François Preveraud

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Assister les conducteurs

Un système qui vous garde sur la trajectoire

© DR

Constructeurs et équipementiers rivalisent d’ingéniosité pour rendre leurs véhicules plus sûrs grâce aux systèmes d’aide à la conduite. ABS, ESP … des inventions qui ne sont pas nouvelles, mais qui équipent maintenant tous les véhicules neufs. Un pas de plus vers la voiture autonome.

L’idée des systèmes d'assistances à la conduite n’est pas nouvelle puisque Bosch déposa, dès 1936, un brevet d’invention pour un système évitant le blocage des roues au freinage, synonyme de perte d’adhérence. L’ABS (Antiblockiersystem en allemand) était né, même s’il faudra attendre 1966 pour voir une première voiture de (petite) série, une Jensen, équipée d’un ABS mécanique. Et ce n’est qu’en 1969 qu’une version électronique sera présentée au salon de l’auto de Francfort.

Il faudra encore attendre 1978 pour voir ce dispositif proposé en option sur les Mercedes Classe S et BMW Série 7 de l’époque. Le montage systématique en série sur un véhicule ne sera effectif qu’en 1985 sur la Ford Scorpio. Et ce n’est qu’en 2004 que les systèmes de type ABS sont devenus obligatoires sur tous les véhicules neufs commercialisés en Europe.

Un poids divisé par 3

On voit que le chemin de l’idée aux premiers prototypes et de ceux-ci au montage en série a été long. Durant cette période, les constructeurs et équipementiers ont travaillé sur d’autres systèmes d’aide à la conduite et de sécurité active. C’est par exemple le cas avec l’ESP (Elektronisches Stabilitätsprogramm en allemand), un correcteur électronique de trajectoire évitant les dérapages, développé par Bosch et proposé par Mercedes et BMW dès 1995.

Ce système électronique de sécurité aide à maintenir les véhicules sur leur trajectoire, notamment sur chaussée glissante ou dans les courbes abordées à une vitesse excessive. Des études ont montré qu’il permet d’éviter jusqu’à 80 % des accidents dus à un dérapage. Pour cela, l’ESP analyse 25 fois par seconde les multiples informations issues de capteurs indiquant la vitesse de rotation de chaque roue, l’angle de braquage du volant, la vitesse de lacet indiquant la rotation instantanée du véhicule par rapport à un axe vertical, et l’accélération transversale du véhicule. Cela permet au système de vérifier en permanence que la trajectoire du véhicule est bien conforme à celle souhaitée par le conducteur. En cas de dérive, le système joue de manière autonome et différentielle sur le freinage de chaque roue pour rétablir la situation.

En bientôt 20 ans d’existence, l’ESP a fortement évolué pour arriver aujourd’hui à la 9e génération. Il est devenu beaucoup plus compact et léger passant de 4,3 kg à 1,6 kg. Son prix a aussi connu une forte baisse. Ce qui qui facilite son intégration dans les petits véhicules d’entrée de gamme.

Vers une conduite automatisée

Enfin, l’ESP n’est plus vu comme un système solitaire, mais comme l’un des maillons principaux du système plus global d’aide à la conduite et de sécurité active du véhicule dont il partage les capteurs. Il est ainsi couplé à l’ABS, à l’anti-patinage, au radar de maintien des distances de sécurité, à l’aide au stationnement… En effet, toutes ces fonctions ont une chose en commun : elles freinent le véhicule sans intervention du conducteur. Et c’est l’ESP qui assure la mise en œuvre de ces commandes de freinage. Une liaison qui ne pourra aller qu’en se renforçant au fur et à mesure que le marché acceptera d’aller vers des systèmes de conduite automatisée du véhicule.

En France, l’ESP est obligatoire pour tous les véhicules neufs commercialisés depuis le 1er janvier 2012 et à compter de novembre 2014, il deviendra obligatoire sur tous les véhicules neufs commercialisés dans l’Union européenne. Actuellement seulement 78 % des véhicules neufs en sont dotés en Europe et 55 % pour l’ensemble du monde.

Mais la courbe d’équipement progresse rapidement. Ainsi, entre le démarrage de la production en 1995 et 2010, Bosch a produit globalement 50 millions de systèmes de sécurité dans ses multiples usines à travers le monde. Ce chiffre a doublé entre 2010 et 2014, avec le franchissement de la barre des 100 millions de systèmes produits.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.bosch-techniqueautomobile.fr

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